TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLes visiteurs des Pionniers prennent leur envol

Le musée toulousain fête ses un an en inaugurant deux nouvelles attractions et sa nouvelle exposition temporaire, consacrée aux explorateurs d’hier et d’aujourd’hui.

Les visiteurs vont découvrir des enveloppes signées par les pilotes de la Ligne, et pourront tenter de trier le courrier comme le faisait les «ambulants» des PTT — Photo Clément Gruin, Aparté.com

 

L’Envol des pionniers s’offre trois cadeaux pour célébrer son premier anniversaire. Le musée retraçant l’histoire de l’Aéropostale à Toulouse a été inaugurée le 25 décembre dernier, un siècle jour pour jour après la première liaison de l’Aéropostale depuis la mythique piste de Montaudran.

Un an plus tard, deux attractions ont été inaugurées cette semaine. Tout d’abord un authentique wagon de tri postal, situé à proximité de ce qui fut la halte de Montaudran qui desservait autrefois le terrain d’aviation. Ce type de wagon reliait Paris-Austerlitz à Toulouse durant la nuit, et permettait à des facteurs, les «ambulants», de trier le courrier pendant le trajet. Une fois acheminé sur le terrain de Montaudran, les sacs de courriers étaient embarqués dans les avions, prêts à partir vers l’Afrique et l’Amérique du Sud. Avec un seul mot d’ordre : «Le courrier n’attend pas».

 

Un simulateur immersif

La deuxième attraction se situe dans le musée, au milieu de l’exposition permanente. Une cabine de Breguet XIV, le mythique avion de la Ligne, fait face à un écran panoramique qui fait découvrir le terrain de Montaudran sur 180°, en 1924. Plus qu’un simple simulateur, l’attraction reproduit les conditions de vol et fait ressentir les rafales de vent et l’odeur d’huile du moteur.

Si les connaisseurs devraient déglutir en constant l’absence de variomètre et de conservateur de cap, équipements dont les Breguet XIV étaient dépourvus, les néophytes pourront saisir la complexité de la tâche en tentant la traversée des Pyrénées au cœur d’une vallée en plein brouillard. Là encore, l’expérience rappelle que les premiers pilotes de l’Aéropostale privilégiaient toujours le chemin le plus court, même quand la météo n’était pas conciliante.

Les visiteurs qui se sentiraient l’âme d’un pionnier de l’aéronautique pourront prendre les commandes du simulateur et tenter de rallier Barcelone en contrôlant le manche, le palonnier et les gaz. Mais attention ! Le directeur de la Ligne Didier Daurat était intransigeant sur les horaires, et le simulateur ne manquera pas de vous signaler votre retard.

 

Des comédiens-animateurs en tenue d'époque accueillent les visiteurs devant le simulateur de Breguet XIV (visible à l'écran).

Des comédiens-animateurs en tenue d’époque accueillent les visiteurs devant le simulateur de Breguet XIV (visible à l’écran) — Photo Clément Gruin, Aparté.com

 

«Cette expérience de vol montre que ça n’a rien à voir avec le vol d’aujourd’hui, commente Francis Grass, président de la commission culture de Toulouse-Métropole. C’était des vols engagés, et beaucoup d’hommes ont perdu la vie. Cela représente des valeurs de courage et d’engagement que l’on veut transmettre». L’élu souligne que c’est l’installation de l’Aéropostale à Montaudran qui marque le début du destin aéronautique de Ville rose. «Toulouse a une place énorme dans le monde de la découverte scientifique, de la technologie et de l’humain».

Comme sur le reste de l’exposition permanente, des animateurs-comédiens en tenues d’époques contextualisent et donnent vie à ces nouvelles attractions, en prêtant leurs voix aux anciennes petites mains de l’Aéropostale.

 

Explorateurs d’hier et d’aujourd’hui

Le musée a profité de l’inauguration de ces deux attractions permanentes pour ouvrir son exposition consacrée aux exploits de huit pionniers. Après avoir (re)découvert quatre grandes figures de l’histoire aéronautique (Jean Mermoz, Marcel Moine, Paul Vachet et Marie Marvingt), les visiteurs feront connaissance avec quatre de leurs héritiers contemporains.

Bertrand Piccard (créateur et pilote du Solar Impulse) et Dorine Bourneton (première pilote de voltige handicapée), parrain et marraine du musée, sont ainsi exposés aux côtés de Romain Charles, ingénieur participant à la mission Mars500, et de l’explorateur Christian Clot, qui a mené des expéditions en milieux extrêmes pour étudier l’adaptation du corps humain.

 

Christian Clot est exposé aux côtés des pionniers de l’Aéropostale : «C’est un retour aux sources!» – Photo Clément Gruin, Aparté.com

 

«Adolescent, j’étais fasciné par les descriptions des premiers pilotes qui avaient tenté d’aller jusqu’en Patagonie, raconte Christian Clot. Quand j’avais 16 ans, les avions volaient très bien et je voulais comprendre pourquoi les avions ne pouvaient pas contrer les vents en Patagonie quelques décennies auparavant. J’ai voulu aller dans ces endroits où le territoire nous impose des manières de fonctionner différentes de ce qu’on a chez nous». L’aventurier souhaite que l’exposition montre que les découvertes se poursuivent aujourd’hui.

«30 ans plus tard, on m’appelle et on me dit qu’une exposition allait raconter l’histoire de ces humains, et on aimerait que j’y participe. C’est un retour aux sources !», s’enthousiasme Christian Clot, honoré de figurer aux côtés de grands noms de la Ligne.

 

«C’est le sens même du métier d’explorateur : on me dit que ce n’est pas possible ? C’est qu’il y a quelque chose à aller voir».

 

L’Envol des pionniers a accueilli plus de 35.000 visiteurs depuis son inauguration il y a un an. Pour souffler sa première bougie en bonne compagnie, le musée organise des portes ouvertes ce dimanche 22 décembre avec un accès gratuit pour tous les visiteurs (le simulateur de Breguet XIV ne sera pas accessible dimanche).

 

Entrée libre et gratuite le dimanche 22 décembre 2019, de 10h à 18h.
Musée ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h. Wagon postal accessible dans la visite « Le tour de piste », 3,90€. Simulateur accessible dans l’exposition permanente, 5€/pers.
Exposition « Au-delà des limites », jusqu’à août 2020.

Article rédigé par Clément Gruin

Je me balade souvent avec mon appareil photo. Parfois, je l'utilise.

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