Home >> À la une >> TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFrancesca et Marina, «blob-sitteuses» au Quai des savoirs

TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESFrancesca et Marina, «blob-sitteuses» au Quai des savoirs

À Toulouse, le Quai des savoirs a adopté deux blobs. Ni plante, ni animal, ni champignon, le blob est un organisme unicellulaire qui fascine petits et grands. À tour de rôle, deux «blob-sitteuses» s’occupent de cette curiosité qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets.

Le blob peut changer de couleur, si vous lui donnez de la betterave à manger il deviendra rouge foncé — Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

Il est jaune et ressemble un peu à des œufs brouillés. Le Quai des savoirs a fait l’acquisition, au mois de septembre 2o19, de deux blobs (hysarum polycephalum). Sur le bureau de Francesca, on remarque immédiatement trois paquets de céréales. Le flocon d’avoine, c’est le pêché mignon du blob. Conservés, pour l’instant, dans les bureaux du centre de vulgarisation scientifique, ils vivent dans un tiroir d’une petite armoire métallique. C’est Marina Léonard et Francesca, les «blob-sitteuses», qui veillent sur ces deux cellules et respectent scrupuleusement quelques règles d’or: elles doivent vivre à l’abri d’une exposition directe au Soleil qui peut dénaturer son ADN et quand elles sont en dehors de leur espace naturel comme sur les écorces dans les sous-bois, il faut tous les jours changer l’agar-agar contenu dans la boîte de Pétri. «C’est pour éviter que le blob ne moisisse», explique Marina Léonard de la direction de la culture scientifique technique et industrielle au Quai des savoirs. Tous les week-ends, les cellules quittent les bureaux et vont chez Francesca ou Marina pour le plus grand bonheur des enfants.

C’est avec les travaux et l’ouvrage d’Audrey Dussutour, éthologiste au CNRS à Toulouse, que le blob commence véritablement à se populariser en France. Cet organisme unicellulaire (composé d’une seule cellule) n’est pas un animal, ni une plante, ni un champignon. À titre de comparaison, un corps humain possède en moyenne 6o.ooo milliards de cellules. Son existence remonte, selon les estimations des chercheurs, à entre 5oo millions à 1 milliard d’années. C’est grâce à des récepteurs présents sur sa membrane qu’il peut évaluer la température, le pH ou encore l’humidité de son environnement. Dans la nature, le blob est un recycleur des sous-bois et se nourrit en engloutissant (au sens littéral) principalement des bactéries, des levures ou des champignons. Pour trouver son garde-manger, il utilise ses pseudopodes pour se déplacer à la vitesse moyenne de deux centimètres par heure. Malgré toutes les contraintes liées à ses conditions de vie, cet organisme est quasi-immortel. Vous pouvez le découper en plusieurs morceaux, il cicatrice en quelques minutes et si vous le privez de nourriture, là aussi pas de problème, il peut entrer dans une phase de sommeil pendant plusieurs années. Il suffit d’un peu d’eau pour qu’il «se réveille».

Détail étonnant, le blob est un génie … sans cerveau. Il est capable de trouver la sortie d’un labyrinthe, d’apprendre à aimer une nourriture qui le révulse et de transmettre cette faculté tout comme un apprentissage en fusionnant avec ses congénères. Les recherches sur cet organisme unicellulaire se poursuivent avec, entre autres, l’objectif de pouvoir les utiliser à grande échelle dans la dépollution des sols ou sur sa capacité de se régénérer aussi rapidement. Au calme, dans leur armoire, les deux blobs du Quai des savoirs ont encore de beaux jours devant eux.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

(A)parté pas si vite !

J’ai testé le TGV low-cost Ouigo Toulouse-Paris ! #RailTrip

Depuis juillet 2o19, la SNCF propose avec Ouigo un TGV à bas-coûts entre Toulouse et …