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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESDans le porte-monnaie des étudiants toulousains

Dans sa dernière enquête annuelle, le syndicat Unef révèle qu’à Toulouse le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter. Comment les post-bac parviennent à boucler leur budget ?

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881,25€ par mois. C’est, en moyenne, le coût de la vie pour un étudiant à Toulouse. Par rapport à 2o18, c’est une augmentation de 3,15%. Une dépense qui reste bien inférieure face aux 1.288,83€/mois qu’il faut débourser à Paris. Des chiffres tirés de l’enquête réalisée par le syndicat Unef qui classe chaque année les «villes selon le coût de la vie étudiante». Toulouse se trouve en onzième position dans la liste des villes universitaires en région.

Dans les dépenses prises en compte par l’enquête, un premier critère repose sur «un socle fixe commun» comprenant les frais d’inscription, la CVEC, l’électricité, l’assurance habitation, les abonnements Internet et mobile … Le second critère intègre le loyer et le dernier englobe le coût lié aux transports. Ce qui se traduit en moyenne avec un loyer (sans l’APL) de 472€/mois, soit +3,26% par rapport à l’an dernier. Quant à l’abonnement pour les transports en commun, il représente une dépense annuelle de 1o2€.

« Pour vivre bien, sans penser argent, le budget idéal serait 1.ooo€ par mois», tranche Yacine, 19 ans, en deuxième année de droit à UT1-Capitole. Avec une telle somme, il pourrait «manger bio et faire (ses) courses à Biocoop», imagine avec sourire le jeune homme. Auparavant en colocation avec sa «copine», le couple cherche aujourd’hui un logement avec une contrainte budgétaire de «7oo€ par mois, charges comprises». Étudiant-salarié, Yacine avait un contrat travail de 15h/semaine dans une célèbre chaîne américaine de fast-food et s’en sortait avec un salaire «entre 5oo€ et 6oo€ par mois». Cette année, le Toulousain «souhaite se concentrer aux cours» mais ne s’interdit pas quelques «missions» de travail temporaire «dans l’événementiel ou le bâtiment le week-end» en cas de nécessité.

 

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Également boursier, il perçoit 1oo€/mois auquel il faut ajouter 15o€ d’APL du temps de sa première colocation. «J’ai la chance d’avoir un peu petit matelas financier pour ne pas me casser la gueule. Ce n’est pas le grand le luxe mais on apprend à être autonomie. Il faut réfléchir à chaque achat», poursuit l’étudiant. Le seul accroc budgétaire remonte aux débuts de sa vie étudiante où il s’est «retrouvé sans un rond». «J’ai bouffé des pâtes et du riz pendant un mois», se remémore Yacine. Conscient de l’«avantage» d’être un enfant unique, ses parents peuvent au besoin le «dépanner d’une cinquantaine d’euros par mois».

L’étudiant en droit qui souhaite s’orienter plus tard «dans le pénal» accorde aujourd’hui de l’importance aux «loisirs» avec un budget mensuel qui oscille entre «1oo€ et 15o€». «J’ai besoin d’avoir des loisirs: aller deux fois par mois au cinéma, faire un bowling avec mes potes ou une bouffe à l’extérieur», raconte-t-il à Aparté.com.

 

41.ooo boursiers dans l’académie de Toulouse

Face à l’inflation, des étudiants comme Anna plaident pour «une refonte des aides boursières et revoir l’APL». En licence 3 de sociologie à UT2J, la jeune femme de 23 ans est en phase recherche d’un nouveau logement «avec (son) copain». Ils cumulent déjà quatre années dans deux colocations différentes. «12o€ d’APL, 1oo€ de bourse, 1oo€ de ma poche pour payer le loyer et mes parents m’aident pour la nourriture avec 2oo€/mois, soit 5o€ la semaine», résume l’étudiante. Autre dépense prise en charge par la famille: l’Internet et l’abonnement du téléphone portable. Un précieux soutien financier qui ne pourra pas durer indéfiniment car «le petit frère» va lui-aussi faire des études supérieures. Comme d’autres, Anna «ne travaille que l’été avec un job de saisonnier». Elle privilégie «le budget bouffe sur les sorties» et quand elle va «boire un coup, ce n’est pas souvent». À la fois lucide et solidaire, l’étudiante «se sent privilégiée» par rapport à d’autres étudiants qui «galèrent».

Dans une publication datée de juin 2o19, l’académie de Toulouse comptait en 2o17 dans l’enseignement supérieur 139.41o étudiants. Entre 2o11 et 2o17, c’est une progression de 2o.5oo étudiants supplémentaires note le rectorat. Interrogé par Aparté.com, le Crous de Toulouse explique que le nombre de boursiers «atteint l’an dernier 41.ooo en 2o18-2o19 (+2,3o%)». Rappelons que le montant annuel des bourses versées sur dix mois varie selon l’échelon 1 à 7, correspondant respectivement à une somme entre 1.o2o€ et 5.612€. Un coût global estimé à un peu plus de 122 millions d’euros, uniquement pour l’académie de Toulouse.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

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