TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESEn Aparté avec … Axel Sinclair

Aux amateurs de sonorités folk, Axel Sinclair sort ce 16 décembre 2016 son premier EP Le Cabinet des curiosités. Le jeune toulousain manipule avec délice les mots du quotidien et offre aux oreilles des mélodies chatoyantes. Rencontre avec l’homme aux multiples casquettes …

Axel Sinclair – Photo Alexandre Chamelat

 

Filiforme, barbe bien taillée et yeux clairs. Au premier regard, le jeune homme a l’allure du parfait hipster qui sort d’un shooting photos pour un magazine masculin. C’est chez lui, au quinzième étage d’un immeuble, sur les allées Jean-Jaurès qu’il reçoit pour l’entretien. Aux murs de l’appartement, des affiches de film comme Sugar man ou Into the wild.

Né à Toulouse en 1990, il grandit avec ses parents à Auzeville-Tolosane et réalise un « parcours scolaire hyper classique de banlieusard favorisé ». Après un bac ES et un bachelor de management international dans une école de commerce, il part en deuxième année et pour six mois en Chine.

« Intéressé » par la langue la plus parlée au monde, il fait son stage de troisième année auprès d’une éditrice française de bande-dessinée où il se lie d’amitié avec Soline. À Angoulême, la capitale française de la BD, il se rend compte que la profession peut-être « très mal payée », surtout dans le milieu des « indé ».

 

« Le canard boiteux de la famille »

Une fois le diplôme d’école de commerce en poche, son amie Soline glisse à l’oreille des parents d’Axel une idée qui germe depuis bien longtemps. « C’est elle qui a convaincue mes parents de me lancer dans la musique », se souvient-il. « Je suis le canard boiteux de la famille« , raconte encore avec rire Axel et pour cause, personne d’autre que lui chez les Sinclair ne joue d’un instrument de musique. « Ce que je trouve admirable chez mes parents, c’est qu’ils soutiennent leur fils alors qu’ils ne connaissent rien ». C’est pendant son adolescence qu’il commence à jouer de la grat’.

Considéré comme le « métalleux du collège« , c’est à la faveur du concert de fin d’année en troisième qu’il monte pour la première fois sur une scène. « C’était super mais c’était aussi organisé complètement à l’arrache », se souvient encore Axel. L’éphémère quatuor, sobrement appelé Scott Tenorman must die, reprenait du Nirvana, Artic monkeys ou encore les Red hot chili peppers.

Bien plus tard en 2014, le musicien intègre d’abord en cycle amateur le Music’halle aux Sept deniers. Au programme, cours de chant, de cabaret vocal et d’orchestre. Une étape qu’il juge nécessaire « pour [son] développement musical ». Aujourd’hui, telle une marque, le nom du groupe reprend l’identité complète du musicien qui est aussi chanteur et auteur-compositeur-interprète. Avec son « bras droit » Thibault de Senneville, le guitariste et chœur de la petite bande s’avère être un élément « indispensable pour l’équilibre personnel » d’Axel. « Il est très difficile de tout faire tout seul », confesse le toulousain de 26 ans. Après déjà deux années d’existence ponctuées de pauses contraintes par les enseignements à l’école, le duo intègre un troisième membre: le percussionniste Didier Delluc.

La pochette de l’EP – Photo Alexandre Chamelat

 

Après « six mois de travaux qui sont en fait la résultante de plusieurs années de travail », le groupe sort son premier EP Le Cabinet des curiosités, le 16 décembre 2016. Un travail de longue haleine qui réunit selon Axel « un échantillon de chansons qui permet de dire qu’une étape de maturité a été atteinte ». « Trois thèmes principaux émergent dans cet EP. Les voyages, les nana et les ségrégations« , poursuit l’artiste. Aparté.com a pu écouter en avant-première l’un de ses titres intitulé Lila. Résultat? Une composition musicale chatoyante, la présence des percussions insuffle à la mélodie un rythme aux notes latines.

« Ce sont des histoires personnelles que j’essaie de relier vers tous les publics »

Quant au texte, Axel Sinclair a choisi un thème inépuisable et intemporel: l’amour. Son écriture est malicieuse et les jeux de mots s’imbriquent facilement. Simple mais sans être simpliste la voix de Sinclair parachève un ensemble qui s’articule avec intelligence. « J’essaie de faire passer un message dans toutes les chansons.

Ce sont des histoires personnelles que j’essaie de relier vers tous les publics. On retrouve une part de sarcasme ou de cynisme sur le monde qui m’entoure et je mêle le tout à une forme de poésie. », juge le chanteur. Dans sa volonté « de sublimer les petites choses », Bonjour, non, désolé qui figure dans l’EP est l’illustration parfaite de sa démarche artistique. Parmi les modèles d’Axel Sinclair, il y a Léo Ferré ou Serge Gainsbourg, Renaud mais encore George Brassens et plus près de nous Benjamin Biolay.

 

« Quand je te vois, je pense à un cabinet des curiosités »

Pour concevoir ce premier EP, il a fallut réunir un « apport personnel et l’argent des cachet » pour atteindre les 1 500€, soit le budget minimum qui permet d’avoir quelque chose qui n’est pas « ultra pro mais n’est pas non plus la maquette qui est faite chez soi », juge Axel Sinclair.

Dans les projets du musicien, il souhaite professionnaliser le groupe et espère personnellement « valider les heures d’intermittence » pour avoir « du sursis ». Après avoir écumé quelques « scènes pro », entendez par là où les artistes sont payés, comme  Le Nain jaune ou le Bar d’en face c’est au Dahu que le trio a joué le 15 décembre 2016 pour la sortie de ce premier EP Le Cabinet des curiosités.

Un nom trouvé par une amie d’Axel pendant une séance de repérages pour les photos promotionnelles. « Quand je te vois, je pense à un cabinet de curiosités », rapporte le chanteur. Une proposition qui colle finalement assez bien à la peau du meneur du groupe où ce dernier voit dans l’EP « un ensemble de collections de choses anciennes et très éclectiques qui sortent du commun« .

Axel Sinclair marque une rupture dans ce flot interminable des musiques commerciales diffusées à longueur de journée sur les grandes radios. Cependant, il est dans une sorte de continuité par rapport aux modèles de la folk française. S’il y a encore du chemin pour dire que « l’élève dépasse le maitre », il ne serait pas superflu de dire que la musique qu’il propose actuellement pourrait très bien passer sur les ondes de FIP, qui est on le sait, une référence incontestable dans l’émergence des artistes français.

Retrouvez sa chaîne YouTube ici et sa page Facebook . L’EP Le Cabinet des curiosités est vendu sur une clé USB en bois au prix de 10€. Plus d’infos sur la page fan de l’artiste.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

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