TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESEn meeting à Toulouse, Juppé attaque la « nostalgie de l’ordre ancien » de Fillon

Alors que François Fillon avait choisi Lyon mardi soir pour son dernier meeting des primaires, Alain Juppé tentait le tout pour le tout salle Jean Mermoz à Toulouse en attaquant à tout-va le programme de son adversaire.

Alain Juppé sait que ça va être compliqué pour lui de battre François Fillon au deuxième tour des primaires des Républicains. Ce mardi 22 novembre, tous les soutiens étaient bons à prendre. Des cars de groupies du maire de Bordeaux étaient spécialement dépêchés de Gironde pour soutenir la fierté locale. Les « Bordelais avec Juppé » (c’est leur cri de ralliement) chauffent la salle en taquinant gentiment leurs homologues toulousains avec des slogans directement piochés dans la tradition rugbistique du Sud Ouest.

Alain Juppé acclamé par les militants — Photo © François Cellier / Aparté.com

Alain Juppé au milieu de la foule en liesse — Photo © François Cellier / Aparté.com

Jean-Pierre Raffarin prend sa plus grosse voix et fait office de chauffeur de salle.

Le premier intervenant de ce soir est une intervenante d’habitude plutôt discrète : Isabelle Juppé. Celle-ci engage le débat sur des thèmes peu mentionnés durant cette primaire de la droite et du centre : l’importance de l’écologie, des révolutions numériques, et du droit des femmes. Elle cite bien entendu Bordeaux comme « laboratoire d’expérimentation » pour la future France juppéiste.

C’est au tour de Jean-François Copé de commencer son discours de soutien. Le candidat aux 0,3% plaisante de sa maigre popularité : « je n’ai pas fait exactement le score que j’aurais souhaité », « je suis le seul à avoir trompé les sondages en faisant moins de 1% ! ». Il continue en tapant sur les gouvernements menés par le duo Sarkozy-Fillon, et bien entendu sur l’ennemi numéro 1 : François Hollande. Copé évoque son idée de droite décomplexée, qui ose agir par ordonnance, « comme le général de Gaulle », et dénonce les référendums souhaités par Fillon, des « machines à perdre ».

« À Toulouse on n’aime pas la carabistouille » J-F Copé

Nathalie Kosciusko-Morizet prend à son tour la parole à la tribune pour un court discours. La seule femme de la primaire de la droite a choisi de soutenir Alain Juppé. Elle rappelle qu’il est le seul à avoir appelé à la soutenir afin d’éviter une primaire 100% masculine. Elle aussi évoque l’écologie, et le « génie français », « volontaire, pragmatique, et pas réactionnaire », une pique même pas déguisée au programme conservateur de François Fillon.

  • "Bordeaux avec Juppé" — Photo © William Wartel / Aparté.com
  • Jean-François Copé sous les micros des journalistes — Photo © William Wartel / Aparté.com
  • "Pas de Thatcher en France" — Photo © François Cellier / Aparté.com
  • Militant au téléphone — Photo © François Cellier / Aparté.com
  • Cette dame qui prend un selfie n'est pas déguisée en lutin, mais un drapeau marocain — Photo © François Cellier / Aparté.com
  • Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Pierre Raffarin — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com
  • Nathalie Kosciusko-Morizet — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com
  • Petit bain de foule — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com
  • Quand on vous dit qu'il a la super pêche — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com
  • La future "Première Dame" ? — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com
  • Jean-François Copé — photo © William Wartel / Aparté.com
  • Nathalie Kosciusko-Morizet — Photo © William Wartel / Aparté.com
  • Trop de love — Photo © William Wartel / Aparté.com
  • "Juppé, Président !" — Photo © Philémon Barbier / Aparté.com

La star de la soirée arrive enfin, remercie chaleureusement les précédents intervenants, le public et les élus locaux présents.

D’emblée, le maire de Bordeaux souligne ses différences par rapport à son adversaire. Lui est pour le « rassemblement », alors que Fillon espère les « votes de l’extrême droite ». L’IVG est « un droit fondamental », le programme économique de François Fillon, qui désire supprimer 500 000 postes de fonctionnaires est « brutal » et « voué à l’échec ». Mais Alain Juppé rappelle sa volonté d’allonger le temps de travail. Sur le plan des relations avec la Russie, il promeut le dialogue et le maintient de la politique européenne de sanctions tant que les accords de Minsk ne sont pas respectés. Concernant le Moyen-Orient, Juppé défend les chrétiens d’Orient, « chassés de leur terre ancestrale », et dont la France se veut le « protecteur historique ». Pour lui, il faut continuer d’assister la coalition pour « terrasser l’État Islamique », mais hors de question de pactiser avec Bachard El-Assad qui « assassine la population d’Alep ». Il souligne aussi la nécessité de défendre Israël contre les provocations iraniennes.

Le candidat, âgé de 71 ans, se pose comme le candidat de la modernité. Il rappelle son attachement à l’égalité hommes-femmes, la nécessité d’une croissance respectueuse de l’environnement et son soutien à la diversité et à la communauté homosexuelle. Juppé critique la « nostalgie de l’ordre ancien » de son concurrent et lui signale que Thatcher appartient au passé.

Les deux candidats sauront cependant se mettre d’accord sur leur ennemi commun François Hollande et « l’échec du mandat socialiste », ainsi que sur l’importance du contrôle des frontières.

Article rédigé par François Cellier

Flâneur — Origami master — Rédac' chef bis — Chez Aparté.com depuis septembre 2013.

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