TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESDavid Saforcada, bonapartiste et candidat en 2017

Petit-fils d’immigrés espagnols, il s’intéresse à la politique en 1981 lors de l’élection de François Mitterrand. Pour ses grands-parents, les chars russes allaient défiler sur les Champs-Élysées. Retour sur un homme pour lequel l’Histoire est toujours présente. Il se dit « ni-système, ni-extrême », Aparté l’a rencontré pour qu’il explique sa démarche.

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David Saforcada nous a parlé pendant presque deux heures – Photo Paul Roquecave

 

Le rendez-vous est pris, nous rencontrons le Président du Mouvement de France bonapartiste sous le soleil d’un vendredi après-midi. À la terrasse de la Cantina à Saint-Cyprien, la commande est prise. Accessible et apparemment à l’aise, l’appareil photo et le micro ne le dérangent pas. Il accepte sans hésiter, il n’a « rien à cacher« .

Aparté.com : Votre parcours de militaire est atypique pour un politique, comment voyez-vous la chose ?

David Saforcada : Je ne suis pas un politique. J’ai été dans le troisième régiment de l’infanterie marine. Cela n’est pas anodin, le sigle (l’aigle d’argent, ndlr) est une référence directe au Second Empire. Mon université à moi c’est la Guerre du Golf, le Tchad, la Somalie. Vous voyez, je rentre actuellement du travail (il est employé dans le domaine de la sécurité privée, ndlr). Je n’arrête pas, je commence très tôt le matin pour me libérer l’après-midi pour la campagne. Le soir je ne me couche pas avant trois heures du matin pour lire mes mails, l’actualité, et savoir si je réagis ou pas.

Aparté.com : Où en êtes-vous au niveau de vos parrainages ?

D.S. : Je n’en sais rien. Ce que je peux vous dire c’est que nous sommes soutenus dans l’Est de la France, en Ile-de-France, en Midi-Pyrénées et au Pays Basque. Pour d’autres régions c’est le désert total, ça rejoint d’ailleurs souvent l’Histoire : la Bretagne n’est pas une terre bonapartiste. En Corse, ça va mieux (rires).
D’ailleurs je fais une proposition. Je propose le parrainage obligatoire pour chaque maire, avec deux choix : le parrainage du « cœur » et le parrainage « obligatoire ». Il faudrait que chaque élu puisse parrainer deux fois. En Haute-Garonne par exemple, il y en a qui seraient prêts à me soutenir. Mais ils disent qu’ils ne sont que maires et qu’au dessus d’eux, il y a un département avec telle étiquette politique. Du coup, si l’année suivante ils veulent refaire le trottoir de leur ville, ils ont intérêt à ne pas signer. Avec la parution des noms sur les listes, les petits maires vont réfléchir quinze fois avant de parrainer. 

Aparté.com :  D’où vient le budget de votre campagne ?

D.S. : Ma campagne se finance avec mes fonds personnels et à partir du bénévolat. Donc on fait attention à tout, si on se déplace, on regarde si on peut être logé. Quand ce n’est pas possible, on ne choisit pas le Carlton.
Si j’ai les 500 signatures, le budget va vraiment devoir être pensé. Ça pose des questions sur la possibilité de l’engagement politique, il faudrait un véritable statut de l’élu. Il y en a qui s’enrichissent avec la politique, d’autres pas du tout.

À l’heure actuelle, sauf si on s’appelle Nicolas Sarkozy, aucune banque ne vous ouvre un compte de campagne

 

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« Quand vous dîtes bonapartiste des gens pas très intéressants se rallient, je parle du Front National par exemple ». Photo Paul Roquecave

 

Aparté.com : Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

D.S. : D’abord, la souveraineté populaire, on est pour le référendum. Participatif au niveau local mais pas national, les questions nationales doivent émaner du Président.
Ensuite, un retour à la Constitution initiale de la Vème République. On souhaite supprimer tout ce qui concerne la décentralisation. On est pour le septennat par exemple. Les régions n’ont pas à prendre le pas sur la souveraineté nationale. On est donc pour la suppression des régions. On veut réduire le nombre de départements, car certains sont devenus trop faibles.

« L’Occitanie c’est bien pour les autocollants à coller sur la voiture mais je ne vais pas défendre son indépendance. »

Enfin, on a développé le concept « France-sur-mer ». La France est la deuxième puissance marine du monde, elle est présente sur les cinq continents, c’est elle la nation où le soleil ne se couche jamais (référence à l’Empire Britannique, ndlr). Il faut donc développer les Dom-Tom, et utiliser des domaines nutritionnels comme celui des algues. C’est un projet sur vingt à trente ans, cela nécessite de la recherche, des investissements.

Aparté.com : Dans un article vous dîtes être prêt à faire alliance avec Florian Philippot, pouvez-vous nous expliquer ?

D.S. : J’ai rencontré les gens d’InfosToulouse, j’avais bien compris de quel bord ils étaient. Ils m’ont demandé si j’étais prêt à m’allier au FN. J’ai demandé de quel FN ils parlaient, il y en a quatre différents selon moi. J’ai dit que Philippot était celui qui m’était le plus « proche », c’est tout. Je n’ai pas parlé d’alliance. Beaucoup de gens pensent qu’on est proches, moi j’aime bien ramener des brebis égarées. Alors s’ils le pensent, tant mieux. Par exemple, dans Boudu je parle des évadés fiscaux, des gens pensaient alors que je voulais mettre les financiers en taule. Sorti du contexte je suis un gros gauchiste, tant mieux.

Mon plus grand plaisir est de me faire traiter de fasciste par les gens de gauche et de gauchiste par les gens de droite

Aparté.com : Question bonus, quels sont vos lieux préférés à Toulouse ?

D.S. : La colonne à Jolimont (aussi appelé « monument du 10 avril » ndlr), il y a une vue magnifique sur Toulouse et puis ça symbolise une victoire de Napoléon le 10 avril 1814, la dernière de l’Empire. Puis si je ne dis pas les Sept Deniers je mentirais, alors les Sept Deniers pour le rugby.

/// Pour aller plus loin, retrouvez le dossier sur les candidats toulousains en 2017

Article rédigé par Raphaëlle Talbot

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