TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESSébastien Nadot, prof de sport et candidat pour 2017

Il est le plus jeune des trois toulousains à se présenter aux élections présidentielles de 2017. Il se lance dans ce nouveau défi et représente le Mouvement des progressistes. Le « candidat citoyen », comme le nomme son mentor Robert Hue, semble vouloir penser la politique autrement. Aparté l’a rencontré.

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Sébastien Nadot a joué en Nationale 3 dans le club « Tango Bourges Basket » — Photo Marie Desrumaux

 

Parlez-nous de votre parcours singulier. À 44 ans vous êtes professeur de sport et docteur en Histoire :

Sébastien Nadot : C’est vrai que j’ai un parcours atypique. J’ai bien aimé Hanouna quand il parle de ma candidature « c’est quoi ce type bizarre qui fait de la barre fixe en te parlant de la guerre de 1914« . Mon parcours c’est un peu du hasard en fait. J’étais prof de gym, j’ai passé l’agrégation. Je me suis retrouvé sur un poste en STAPS à Orléans. Il y avait une grosse pénurie de prof,  j’ai dû enseigner l’Histoire et la sociologie. Je voulais avoir des bases méthodologiques, j’ai donc suivi des cours pour être moins mauvais. Une prof m’a parlé du sport au Moyen-Âge, ça m’a intrigué. J’ai fait ma thèse dessus pendant 7 ans. Actuellement, je suis en détachement, je finis à la Toussaint. Je reprends mon travail de professeur après les vacances scolaires. Mon sort est entre les mains du rectorat.

Faire faire du rugby à des minettes qui enlèvent leur voile avec des grands gaillards d’1m90, ce n’est pas rien…

Comment êtes-vous arrivé en politique ?

En 2012, j’ai voté pour François Hollande sans trop de motivation. En 2013, je rencontre Robert Hue lors d’une conférence à Toulouse. Il m’a proposé d’écrire sa biographie. Cela a été mon premier contact avec un politique de cette renommée. J’ai ensuite eu une courte expérience personnelle. Candidat aux sénatoriales de 2014 en Haute-Garonne, je voulais voir si ces élections étaient démocratiques. Sur 3000 grands électeurs, 500 ne sont pas des élus, ce sont les élus qui les désignent. C’est un déni total de la démocratie. Je voulais voir si le citoyen de base pouvait vraiment se présenter. En réalité il ne peut pas, s’il n’est pas dans un parti installé depuis longtemps.
Je me suis donc rallié au mouvement quand il a pris son autonomie. La déchéance de nationalité a été vraiment le moment de rupture avec le Parti Socialiste.

Le facteur déterminant dans mon engagement est la montée du FN. Il suffit de lire les sondages, c’est le parti qui donne l’apparence de la nouveauté. J’ai voulu agir.

Comment légitimez-vous votre place à côté de Robert Hue ?

S’il n’y avait pas eu Robert Hue on aurait pas pu faire un travail pour expliquer notre démarche. À vrai dire, j’ai essayé de le convaincre pour qu’il se présente. Pour une raison toute simple : il fait plus le poids médiatiquement. La presse écrite est intéressée par ce qu’on fait. Mais les télévisions (BFM, La Nouvelle Édition, Public Sénat) m’invitent 1h avant pour que je sois sur le plateau à Paris. Robert Hue m’a confié : « c’est exactement parce que les gens ont cette façon de penser qu’il faut que ce soit toi, il faut un modèle différent ». Le parti souhaitait aussi mettre en avant un homme qui ne soit ni politique, ni parisien.

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Sébastien Nadot vient de Fleurance, dans le Gers — Photo Marie Desrumaux

 

Où en êtes-vous de vos parrainages ?

C’est difficile de répondre. Des candidats disent qu’ils sont à 300 signatures, mais c’est faux. Quand la cession des parrainages sera ouverte, les maires enverront leur signature au Conseil Constitutionnel. Ils ont donc 300 promesses, et pas signatures. Et les promesses en politique, je n’y compte pas trop. Pour notre part, nous avons des contacts, des élus nous soutiennent. Annoncer un chiffre ne serait pas honnête. Sur cette question-là, le réseau de Robert Hue nous aide beaucoup. On ne part pas « tout nus ».

À Carcassonne un homme m’a dit « je voterai pour vous, j’ai toujours voté communisme ». Mais j’ai fait un peu d’Histoire, et Staline c’est pas ma tasse de thé !

Quel est le budget de votre campagne ?

Notre système de financement nous permet de faire une campagne low cost. Elle est aussi différente parce qu’on utilise de nouveaux outils. Je ne peux pas dire ce que c’est encore, mais cela va être partout. On espère même que dans les pays étrangers cela va faire du bruit. On utilise tous les éléments qui permettent le partage et l’intelligence collective, grâce à la technique nouvelle autour de la révolution numérique. On pense qu’on peut faire une campagne politique sans utiliser des millions d’euros. Ce n’est pas normal qu’on se dise que si on continue le prochain président sera le plus riche. On essaie d’imaginer autre chose.

Sarkozy et Bygmalion c’est le concert de Madonna qu’ils organisent

Quelles sont les grandes lignes de votre parti ?

D’abord, la question sociale. C’est aujourd’hui urgent. On s’intéresse plus aux difficultés des petits gens plutôt que celles des grands patrons. Notre démarche s’appuie également sur l’égalité hommes-femmes, notamment en politique. Le sexisme ambiant reprend le pouvoir.
Ensuite, la question citoyenne. Pour accepter les choses en société il faut se sentir dedans. La baisse de participation aux élections est un signal. On croit à la co-construction. Nous avons mis en place un Wiki progressiste. Il est ouvert à toute personne qui le souhaite. C’est pour nous une idée du progrès collectif qui peut s’appliquer au politique. Un autre exemple, pour les législatives, on propose à des gens qui n’ont jamais fait de politique de les aider administrativement et financièrement pour qu’ils se présentent. À ce titre, je vais rencontrer des associations de jeunes au « Big Bang de la jeunesse » pour leur expliquer qu’ils peuvent aussi porter eux-mêmes porter leurs idées.
Enfin, la question du développement durable, je ne dis pas écologique parce que ça renvoie au mouvement politique. C’est une thématique très importante.

Je vois que les jeunes ne sont pas des abrutis. Je suis pour le droit de vote à 16 ans.

Question bonus, quel est votre lieu préféré à Toulouse ?

Quand j’entends « lieu préféré » j’ai envie de dire mon Gers natal (rires). À Toulouse, cela serait le Quai des Savoirs sur les Allées Jules Guesde. Je m’y suis rendu pour la Nuit des chercheurs. Bâtiment ancien mais rénové, la culture scientifique se trouvait à l’intérieur. Peut-être à l’image du personnage, c’est un lieu plein d’avenir à Toulouse.

/// Pour aller plus loin, retrouvez le dossier sur les candidats toulousains en 2017

 

Article rédigé par Raphaëlle Talbot

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