TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESNicolas Sarkozy à Toulouse : un petit tour et puis s’en va

Carton plein pour la librairie Privat, ce mercredi 5 octobre. Nicolas Sarkozy est venu dédicacer son nouveau livre Tout pour la France, et on l’attendait jusqu’au bout de la rue pour avoir sa signature. Un coup de com’ bien orchestré dont on vous livre les détails.

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On se presse devant l’entrée de la librairie Privat pour obtenir son grigri de Nicolas Sarkozy – Photo William Wartel

 

Une séance de dédicace, c’est – pour l’instant – la seule activité que Nicolas Sarkozy consent à mener à Toulouse. Pour assister à un meeting, il fallait se rendre à Montauban, ce même 5 octobre, en début de soirée. L’atmosphère devant la librairie toulousaine un peu plus tôt s‘apparentait quand même au bain de foule médiatique.

Attendu comme un artiste avant son concert

La rue des Arts avait été partiellement fermée pour l’occasion. À notre arrivée, à 13h45, on dénombre huit policiers pour encadrer l’évènement. Le dispositif sera par la suite enrichi de quelques responsables hiérarchiques et autres agents. Ils sont donc quatre de chaque côté de la rue, fermée à l’aide de barrières.

Derrière d’autres barrières, permettant d’orienter la foule en une ligne le long de la rue, les sympathisants sont déjà plus d’une centaine à attendre l’ancien président.

Côté média, la ville de Toulouse n’échappe pas à la règle :  Nicolas Sarkozy attire la presse comme un aimant. On a dénombré pas moins de dix titres de presse présents (sans prétendre que cette estimation soit exhaustive). Il y avait même de la place pour les écoles de journalisme toulousaines (EJT, ISCPA, Sciences Po).

Une arrivée qu’on imagine à la hauteur de ses espérances

Alors que Nicolas Sarkozy se fait désirer (il n’arrivera qu’à 14h30), le staff organise son passage devant la foule et les journalistes. Ces derniers sont confinés dans un espace à gauche de l’entrée de la librairie.

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Assailli par les micros, Nicolas Sarkozy n’oublie pas de sourire et de copieusement remercier son public – Photo William Wartel

 

Lorsque la voiture arrive, les journalistes accrédités sont autorisés à aller au-devant de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas le cas des journalistes étudiants, qui restent parqués côté gauche de l’entrée. Une vingtaine de journalistes professionnels sont donc prêts à capter les meilleures images possibles et à recueillir une déclaration de l’ancien Président.

« Nicolas, Nicolas, Nicolas ! » scande la foule lors de son apparition.

Une fois le pied posé en dehors de la voiture, le candidat à la primaire de la droite et du centre se retrouve happé par les micros et caméras. Il entame son passage le long de la foule qui scande son nom et l’applaudit. « C’est le meilleur ! » , entend-on à plusieurs reprises. Après avoir serré quelques mains et remercié cet accueil chaleureux, il s’engouffre dans la librairie en passant par la porte de derrière.

« Oh il est passé trop vite », regrette une sympathisante, située sur la même ligne que la presse étudiante.

 Un fan-club qui se laisse volontiers interviewer

Les sympathisants présents à Toulouse s’avèrent être du pain béni pour les médias présents. Ils arborent fièrement leur(s) exemplaire(s) du livre et ne cachent pas leur adulation.

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Les livres sont exhibés avec fierté par les sympathisants en attente de leur dédicace – Photo William Wartel

 

On s’est livré à l’exercice du micro-trottoir. Il a été particulièrement facile de trouver des volontaires pour témoigner. On a croisé des « fans du début » qui se rendront au meeting de Montauban dans l’après-midi. Mais également une jeune militante « venue accompagner [sa] tante » encartée.

« Je suis ici pour la dédicace, pour l’auteur », explique une retraitée, qui possède également sa carte  des Républicains.

Une étudiante en journalisme de l’ISCPA hèle la foule pour lui demander de scander à nouveau le prénom du candidat afin de pouvoir l’enregistrer. Sa demande trouve preneurs en moins d’une minute.

« Moi aussi ! Je veux dire la même chose ! », apostrophe une militante volontaire pour faire partie des vidéos de campagne.

La fierté se lit également sur le visage d’une militante à qui la responsable vidéo de l’équipe de campagne demande de répéter « tout pour la France, je donnerai tout pour la France ». À l’entente de cette mise en scène, une sympathisante se porte spontanément volontaire pour « dire la même chose ».

Quand le Gabon s’en mêle

Avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy, se sont glissés près de la file d’attente des pancartes et revendications gabonaises. On peut lire « Asile pour tous les Gabonais » , ou encore « Libérez la liberté ». Parmi ces six manifestants, plusieurs ont du scotch sur la bouche en signe de protestation.

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Ils protestent en silence avant d’être écartés de la devanture de la librairie – Photo William Wartel

 

Peu après 14h, la police entreprend de les déplacer. Quand on pose la question à un agent, il explique qu’il ne s’agit pas de les expulser mais de les « serrer sur le côté » . Lui, qui ne fait que suivre les ordres de sa hiérarchie, émet juste l’hypothèse que cet « attroupement » est « non déclaré ». Sa supérieure hiérarchique n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, expliquant n’être pas habilitée à le faire (ce rôle revenant à la préfecture).

« Sympa Toulouse ! », déclare une passante qui filme la scène avec son smartphone.

Sans doute le moyen d’éviter que les militants n’apparaissent dans le champ des caméras à l’arrivée du candidat les Républicains, ou que celui-ci ne soit interpellé par eux. Manque de chance pour Nicolas Sarkozy, le cause gabonaise va créer quelques émules.

On notera l’invective de deux étudiants gabonaises, venues discuter avec Nicolas Sarkozy et prises à partie par des sympathisants. « Des personnes ont voulu nous doubler dans la foule, nous avons protesté et quelqu’un nous a craché dessus. On nous a traitées de ‘négresses’« , témoignent-elles juste après.

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A gauche, les deux étudiantes prises à partie par les sympathisants. A droite, celle qui a pu entrer dans la librairie et interpeller Nicolas Sarkozy – Photo William Wartel

 

« Raciste ! Sarkozy c’est un raciste ! » crie une étudiante gabonaise du bout de la rue, avant d’être copieusement huée par la file d’attente.

Elles expliquent qu’elles attendent depuis deux heures, pour pouvoir discuter avec l’ancien président de la réélection contestée d’Ali Bongo au Gabon, et des massacres qui l’ont suivie. En cause, selon les deux étudiantes, les liens présumés entre les deux présidents. « On est même pas venues manifester, on voulait juste le voir face à face », affirment-elles.

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Elle filme la scène, mais sera obligée d’effacer cet enregistrement – Photo William Wartel

 

Une d’entre elle a la peau noire, toutes deux ont les cheveux crépus. Leur amie Caroline, blonde aux yeux clairs, a elle réussi à rester dans la file. Elle parvient à interpeller directement Nicolas Sarkozy, avant d’être rapidement expulsée de la librairie. Son témoignage en version audio :

 

Prise de son Marie Desrumaux (ft.la fontaine en fond sonore)
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Article rédigé par Mélanie Volland

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