TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLe Fil à Plomb n’a pas dit son dernier mot

Bonne nouvelle pour la vie culturelle toulousaine. Le Fil à Plomb, emblématique théâtre d’Arnaud Bernard, menacé de fermeture définitive depuis des mois, rouvrira ses portes au public le 8 novembre. Après maintes péripéties et angoisses, le théâtre s’est maintenu grâce à l’action municipale, ainsi qu’aux infatigables efforts de son équipe.

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Le Fil à Plomb gardera son ADN artistique, et cela passe même par la conservation de ses fauteuils –  Mélanie Volland.

 

Après la venue d’une commission de sécurité en 2014, le théâtre avait vu sa capacité d’accueil réduite de 70 à 49 places, pour permettre un passage suffisamment sécurisé du public. Une situation invivable sur le plan financier, qui laisse comme seules options les travaux ou la fermeture.

Dès décembre 2015 le Fil à Plomb lance un appel aux dons pour effectuer des travaux de rénovation. Il ferme ses portes en février 2016, alors que toute l’équipe est déjà mobilisée pour obtenir des financements publics et des dons. Après des mois de travail, ils peuvent l’annoncer : le théâtre se maintient. La culture a encore de beaux jours devant elle à Arnaud Bernard.

 

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Peau neuve

Le lieu a été complètement repensé. L’entrée se fait par l’ancienne régie. Le Fil à Plomb peut désormais accueillir 91 spectateurs, et s’est doté de 3 places PMR. Si l’espace d’accueil est plus petit que l’ancien, la scène a en revanche été agrandie. Un espace rangement lui est adjoint, « un véritable confort pour les compagnies« , note Badradine Reguieg.

 

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La nouvelle salle, dotée de 91 places et 3 PMR – Mélanie Volland

 

Alors qu’il se tient sur la future scène, il confie qu’il a la sensation d’être dans « un autre lieu » . C’est à la fois « le même théâtre et un autre théâtre », conclut-il.

 

La mirie à la rescousse

« Sans la mairie on fermait« , déclare Sophie Trible-Anselme, coordinatrice du théâtre. La municipalité, consciente de la mixité sociale qu’offre le Fil à Plomb, a refusé cette éventualité.

La municipalité finance ainsi plus de 50% des travaux, soit  155 000€. Cet « effet levier » a été essentiel, puisqu’il a convaincu d’autres acteurs de contribuer au projet. Après la mairie on retrouve comme contributeurs principaux le département, puis la région.

 

« Je ne pensais pas le capital sympathie de ce théâtre si élevé », s’étonne Badradine Reguieg, lorsqu’il explique que les dons ont été multiples.

 

L’appel aux dons lancé dès décembre 2015 sur la plateforme HelloAsso.com a permis de collecter 19 800€. Un montant inespéré, porté par plus de 350 donateurs.

 

« Montagnes russes »

C’est ainsi que la coordinatrice qualifie les avancées et reculs des derniers mois. Sauver le Fil à Plomb de la fermeture fut un combat de longue haleine, qui a maintenu l’équipe dans le doute jusqu’au bout. La validation des travaux a eu lieu fin juin 2016. « À chaque problème nous avons trouvé une solution, et avancé par paliers », note Sophie Tribe-Anselme, véritablement soulagée de pouvoir annoncer une date de réouverture.

 

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D’ici quelques semaines des comédiens pourront fouler cette scène et faire revivre le théâtre – photo Mélanie Volland

 

Francis Grass, adjoint municipal à la culture, explique avoir dû lui-même batailler, notamment dans un tel contexte économique : « La Mairie finance de grosses structures, incontournables, et qui attire des publics déjà acquis à la culture. L’aboutissement de ce projet prouve qu’elle peut aussi en financer de petites« , complète-il.

Les travaux se poursuivront encore une semaine, puis l’équipe prendra le relais pour installer le bar et les fauteuils, entre autres. L’ouverture de la saison se fera le 8 novembre avec l’interprétation de la pièce Moha le sage, Moha le fou de Tahar Ben Jelloun.

 

Article rédigé par Mélanie Volland

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