TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESCécile Duflot à Toulouse : opération séduction en petit comité

Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Cécile Duflot, candidate à la primaire Europe Ecologie Les Verts (EELV) et à l’élection présidentielle, est venue jeudi 29 septembre rencontrer les Toulousains. Une séance de questions-réponses dans une salle du Sénéchal remplie aux deux tiers, et largement acquise à sa cause. Retour sur son argumentaire et ses propositions.

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Photo Pablo Tupin-Noriega pour Aparté.com

 

La candidate écologiste  favorite  de la primaire a exposé son projet et ses motivations à une centaine de sympathisants toulousains. Cécile Duflot apparait dès son arrivée proche de son auditoire et peu encline à se livrer à un exercice (trop) formel. Plaisantant volontiers et ne bronchant pas lorsqu’on la tutoie, elle véhicule une image sympathique, assez éloignée des protocoles habituels.

Tort auront ceux pensant qu’il s’agisse là d’une preuve de naïveté ou de faiblesse, Duflot l’affirme : elle est candidate « pour être présidente ». Comment concilier cette détermination avec le faible nombre d’adhérents EELV et le manque d’appétence générale pour les questions écologiques ? Éléments de réponse.

Une ambiance voulue conviviale

À peine arrivée, elle donne le ton : « Je n’ai pas fumé de produits illicites, et je ne pense pas qu’un destin spécial m’attendait » pour évoquer sa candidature à la présidentielle. Le public étant réceptif à ce type d’humour, l’ambiance est décontractée.

Je n’ai pas fumé de produits illicites, et je ne pense pas qu’un destin spécial m’attendait

Dans ce fameux public, on retrouve une majorité de jeunes (qui ont sensiblement la vingtaine). Parmi eux, certains font partie des Jeunes Ecologistes. L’autre partie de l’auditoire est composée de personnes âgées de 50 ans ou plus. Les trentenaires ou quarantenaires sont quasiment absents. Lors de l’exercice des questions-réponses certains la tutoient. Aucun opposant notoire ne s’est déplacé.

Antoine Maurice, président du groupe Toulouse Vert Demain, conseiller municipal, et organisateur de la rencontre s’attache à rappeler qu’un pot se tiendra après pour « échanger informellement ». Avec tout ce que la convivialité et la trivialité ont de charmant, qu’en est-il des idées ?

Entre coups de gueule et dérision

Après avoir présenté les grandes lignes de son programme, l’ancienne patronne des Verts s’emploie à répondre aux questions. D’abord très tournées vers l’écologie, elles débordent petit à petit sur l’économie, la place de l’islam en France, ou encore les jeunes.

Sur cette fameuse question identitaire, qui cristallise (paralyse plutôt) la scène politique, elle évoque un débat stérile, qui constitue pour elle une « insulte » à ce qu’est la France, dans sa réalité quotidienne. « La liberté de conscience c’est respecter même ce qui nous emmerde », lâche-t-elle finalement. Elle explique à titre d’illustration qu’elle n’a pas en tête à chaque fois qu’elle voit une femme voilée de vouloir « l’émanciper de force ».

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Photo Pablo Tupin-Noriega pour Aparté.com

 

Parmi ses coups de gueule, on retrouve aussi le manque de connaissance du terrain de la plupart des dirigeants politiques. Ce qu’elle illustre par une pique qui provoque les rires de l’auditoire. « Quelqu’un comme Emmanuel Macron ne va jamais à la poste. Ou alors si, dans le 7ème ». Outre ce ton jovial, elle entend « donner du sens au politique » et défend ses convictions.

Des convictions qui l’amènent à moquer le climatoscepticisme de Nicolas Sarkozy. Un « anachronisme en 2016 » , selon elle.

L’envie d’en finir avec l’image de l’écolo naïve

EELV est régulièrement pris pour cible pour les faiblesses de ses propositions économiques. L’ancienne Ministre du Logement prend les devants et liste rapidement les arguments économiques de la transition écologique souhaitée. « La transition vers le renouvelable d’ici 2050 coûte nettement moins cher que de préserver une production d’électricité via le nucléaire », explique-t-elle. Elle se base notamment sur un récent rapport de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) à ce propos.

Pour répondre aux problèmes économiques du pays et du chômage, elle propose le passage aux 32h. Ainsi qu’ un « revenu de base », équivalant à 1000€ environ, et destiné aux étudiants, aux agriculteurs, aux chômeurs et aux retraités.

Fédérer autour des questions écologiques, mission impossible ? Pas selon Antoine Maurice, pour qui le faible nombre d’adhérents ne semble pas être pénalisant. « L’écologie fédère au-delà du parti », explique le président du groupe Toulouse Vert Demain. « Dans l’ordre je suis 1. une écologiste 2. une femme politique » , martèle Cécile Duflot. Lorsque l’on demande à Antoine Maurice si ce genre de propos ne donne pas du grain à moudre aux détracteurs de Duflot, il explique que non, au contraire. « Ce sont les convictions qui justifient l’engagement. On s’engage pour agir en société et ceci est une garantie de crédibilité ».

Beaucoup d’optimisme et la volonté de proposer une alternative aux « partis vieillissants » (selon Antoine Maurice) suffiront-ils ?  EELV n’est encore qu’en phase de pré-campagne. Une fois le cap de la primaire passé, si Duflot lui survit, il sera temps de se jeter dans l’arène de la présidentielle. Une autre paire de manches.

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Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Mélanie Volland

(A)parté pas si vite !

Qui nous protège de la police ?

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