TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESNouvelle manifestation contre la loi travail : la jeunesse se fait discrète

Alors que la loi travail a été promulguée le 8 août, une journée de mobilisation était organisée ce jeudi 15 septembre dans toute la France pour réclamer son abrogation.

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« Un CDI ? Connais pas… » – Photo Clément Gruin, Aparté.com

 

Après la pause estivale et la promulgation de la loi, on pensait qu’il n’y aurait pas grand monde pour défiler entre le monument aux Morts et la place Arnaud-Bernard. S’il y avait moins de monde qu’aux manifestations du printemps dernier, entre 2 500 et 5 000 personnes ont tout de même défilé ce jeudi midi dans les rues de Toulouse (notez que la coupure des vacances d’été importe peu, la guerre des chiffres continue).

Un peu en retrait au départ de François-Verdier, un dispositif policier est déployé pour sécuriser le cortège. La BAC et les CRS sont en tenues anti-émeutes, et certains agents portent des Cougar (des lanceurs de grenades lacrymogènes) et des carabines.

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Les cortèges toulousains sont toujours bien encadrés par les forces de l’ordre – Photo Clément Gruin, Aparté.com

 

Vers 12h30, le cortège s’ébranle en direction de Jean-Jaurès, pour rallier la place Arnaud-Bernard. Les différents groupes syndicaux entonnent leurs slogans, du classique « Tout le monde déteste la loi travail » jusqu’au groupe de Sud-Solidaires accompagné d’une petite batucada qui s’écrie « La réforme du code du travail : on vaut mieux que ça ! »

Une absence remarquée

Si le cortège réunit finalement quelques milliers de personnes, une absence se fait éminemment remarquer : la jeunesse. Les lycéens et les étudiants qui ouvraient les cortèges il y a quelques mois semblent avoir disparu pendant l’été. On mettra ça sur le compte d’une rentrée studieuse pour les uns, et de vacances pas encore finies pour les autres.

Mais cette absence est lourde de sens : maintenant que la loi est promulguée, les jeunes qui dénonçaient haut et fort les conséquences que cette loi leur ferait subir se sont-ils résignés ? Ou bien les grandes vacances ont-elles fait passer ces désagréments au second plan ? Toujours est-il que les quelques lycéens et étudiants que l’on croise dans le cortège restent ceux qui s’impliquent dans les syndicats et la société civile.

« On a des petits enfants, on lutte pas que pour nous ! »

A l’inverse, on peut trouver des groupes de retraités au milieu du cortège. Lorsqu’on leur demande si eux qui ont terminé leur vie professionnelle se sentent concernés par la loi travail, leurs yeux s’écarquillent : « Bien sûr ! On a des petits enfants, on lutte pas que pour nous mais aussi pour vous ! » En évoquant plus de 40 ans de luttes syndicales, l’un d’eux regrette la faible présence de la jeunesse. Il en profite aussi pour dénoncer la « trahison » de la CFDT : « ça, c’est une honte ».

La rentrée des incontournables

Heureusement, il reste des incontournables des manifestations toulousaines, que l’on retrouve avec une joie non dissimulée en cette rentrée. Citons tout d’abord la sono de la camionnette Sud-Solidaires qui hurle « on lâche rien » sur la musique, et celle du PCF qui entonne L’Internationale à tous les carrefours. Une mention spéciale pour les pas de danse et le chant féministe de Sud et du Parti de gauche.

Sud-Solidaires, en concert exclusif au centre du cortège. – Photo Marie Desrumaux, Aparté.com

 

Et bien sûr, un classique des fins de manifestations toulousaines : le départ en manif sauvage d’un petit groupe motivé mais peu suivi. S’ils réussissent à faire courir la police qui ne s’attendait pas à ce qu’ils se précipitent dans une rue adjacente, la petite excursion ne dure pas longtemps et se solde par six interpellations (la préfecture évoque des « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique »).

« Police partout, justice nulle part » – Photo Marie Desrumaux, Aparté.com

 

Maintenant que la loi travail a été adoptée, la plupart des 127 décrets d’applications devraient être publiés d’ici la fin de l’année, et dès le mois d’octobre pour les mesures les plus décriées.

Article rédigé par Clément Gruin

Je me balade souvent avec mon appareil photo. Parfois, je l'utilise.

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