TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESL’espace JOB n’est pas snob

Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Le quartier des Sept-Deniers accueille deux lieux emblématiques, le stade Ernest Wallon et l’Espace JOB. La mairie a voulu les rapprocher en attribuant le nom de Guy Novès, ex-entraîneur du Stade Toulousain, à l’ancienne fabrique de papiers à cigarettes. La polémique que cela a suscité a jeté un coup de projecteur sur cet endroit atypique de Toulouse.

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Le paquebot amiral – Photo Marie Desrumaux

 

L’usine de papiers à cigarettes a ouvert à Toulouse en 1931 et a vécu une existence paisible jusqu’en 1986. Vincent Bolloré, qui en devient l’acquéreur, avec la participation de l’entreprise hollandaise KNP, puis le rachat par le groupe Gecco France avant celui du papetier allemand Scheufelen, vont changer la destinée du bâtiment. Les luttes sociales contre les restructurations, licenciements et malversations se poursuivent jusqu’en 2001, date de fin d’activité. Dix ans plus tard, la deuxième vie de l’immense paquebot Amiral prend forme. La transformation ne change pas le bâtiment mais sa fonction. L’espace JOB abrite désormais des équipements culturels et sportifs.

« Une histoire de volonté » – Anne Péré

Nicolas, vingt-deux ans et étudiant à Paris, a grandi dans le quartier. Il admire cet espace. « Ça représente le centre d’un quartier dynamique et chaleureux mais aussi le symbole d’une longue lutte sociale qui a fini par porter ses fruits, explique-t-il. JOB c’est maintenant un lieu d’échanges culturels, humains, associatifs au cœur d’un quartier riche d’histoire ».

Pour Anne Péré, présidente du collectif JOB : « c’est un lieu qui a toujours un temps d’avance, c’est une histoire de volonté ». Intimement liés au bâtiment, les habitants ont œuvré pour sa préservation et sa forme actuelle. La place qui permet d’apprécier la grandeur de la façade devait être couverte par un gymnase. C’était sans compter sur la motivation de certains citoyens. L’inauguration d’une place fictive a permis d’annuler le projet de la mairie puisque l’imaginaire collectif avait compris l’utilité de cet espace. Aujourd’hui, le marché qui s’y déroule est très convivial selon Nicolas, il permet aux résidents de se retrouver.

Un « melting-pot » d’associations et de bonnes idées

Au sous-sol, l’odeur du chlore a remplacé celle du papier. La piscine municipale accueille les écoliers et les habitants du quartier. Un escalier de béton nous fait pénétrer au cœur de JOB, à gauche, le Music’Halle, à droite se trouve le cœur administratif ainsi que les ateliers d’arts plastique et d’écriture. L’architecture froide de cet ancien bâtiment industriel contraste avec les écritures cursives sur les murs. Chaque pièce de musique est nommée à la gloire d’une célébrité. L’une d’entre elles est la salle « rien », et pourtant « c’est là que l’on met tout » s’amuse le régisseur. En haut du paquebot, une salle de spectacle sombre mais chaleureuse surplombe le quartier.

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Au Music’ Halle, les notes s’envolent – Photo Marie Desrumaux

 

Dans la salle de réunion, Caroline, seule salariée du collectif JOB nous reçoit. Elle nous présente le fonctionnement de JOB et sa programmation. Grâce aux bénévoles et aux trois associations résidentes, le Music’Hall, la MJC et les 7 Animés, les activités sont riches de diversité. Chaque association est représentée, et la base participative permet de développer une sorte de démocratie locale. La culture sensibilise la citoyenneté de chacun. C’est en tout cas ce que veulent véhiculer les associations. Si vous voulez approcher cette démarche, la quatrième édition de « Le vent se lève à JOB » a lieu du 12 au 15 mai. Ce festival d’éducation populaire, militant et engagé, propose de nombreuses activités. Parmi elles, les conférences gesticulées autour d’un thème sociétal. Caroline les définit comme « un mélange de savoir froid, ou théorique, et de savoir chaud ou expériences ». Pour mieux comprendre, imaginez une conférence théâtralisée entre histoires personnelles (chaud),  théorie (froide) et analyse politique (pas tiède) pour créer un choc entre prise de conscience et humour.

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Sous les toits de JOB – Photo Marie Desrumaux

 

Le bal populaire et républicain du 14 juillet, les scènes amateurs, le cinéma, ou encore le nouveau rendez-vous de « rencontre du Papier du Livre » organisés par des membres de l’Espace JOB offrent une vie plaisante et pleine de sens aux habitants du quartier des Sept Deniers. Ce mix de culture associative et citoyenne est un bon refrain, semble t-il, au vivre ensemble.

Cependant, la dernière polémique autour du nom de Guy Novès a montré que les artisans, passés et actuels, de l’activité de ce lieu seront toujours prêts à sa défense.

Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Raphaëlle Talbot

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