TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESPut your hands up ! Des hauts et des bas pour le hip-hop au Bikini

Ce jeudi 31 mars, on est allé au Bikini pour une soirée des Airs Solidaires à la gloire du hip-hop avec dans l’ordre : le collectif Kilotone, suivi par A State Of Mind et clos par Smif n Wessun, groupe notable rescapé de l’âge d’or du hip-hop. Retour sur un événement en demi-teinte. Alors, verre à moitié plein ou à moitié vide ?

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Selfie foule pour le final d’A.S.M – Photo : Samy Chafa (et quelle photo !)

 

Arrivé à la bourre après une course nocturne sur le périph’, on ne verra malheureusement pas le collectif Kilotone. On est par contre pile à l’heure pour se glisser dans la danse lorsque A.S.M (A State Of Mind) démarre en fanfare … Au sens littéral car le groupe de hip-hop s’est doté d’une section cuivre, c’est à dire d’un sax’, d’une trompette et d’un trombone, apanage usuellement réservé aux groupes de ska et de reggae. Vêtus de chemises ou de blazer noirs pour les deux MC, c’est avec un style chic que A.S.M commence la soirée avec un rap incisif et précis où Funk.E Poet impressionne par son timbre de voix caverneux.

Un set en trois actes

La première partie de leur show se termine avec un son jazz/hip-hop particulièrement stylé, jugez vous même. Le deuxième acte, comportant les titres de leur dernier album propose une historiette mythique à base de combats lyriques entre le bien et le mal. En fait on n’a pas tout compris, car le flot de paroles, même pour les anglophiles les plus rompus aux séries en VO, est difficile à saisir en condition live. Bref, costumes et katana étaient de mise pour un conte hip-hop réussi, même si on ne peut s’empêcher de penser que I.A.M (L’École Au Micro d’Argent) et Wu-Tan Clan sont passés par là il y a quelques années.

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Funk E. Poet confronté aux forces du mal – Photo : Samy Chafa

 

Claquettes vs. MC

Pour la troisième partie du set, de l’énergie et des idées avec un battle entre les MC et le trompettiste converti en danseur de claquettes. Si l’ambiance monte, les samples utilisés sont (trop !) connus, et le son funky hip hop un peu trop propre devient lassant. La fusion de tous styles : reggae, funk, soul finit en tambouille peu ragoûtante, en mayonnaise qui retombe, en moutarde qui nous monte au nez …

Un bon son brut pour les truands

Alors comme on est un peu énervé, on attend avec impatience Smif n Wessun, groupe phare de la scène hip-hop des 90’s issu de Brooklyn, avec un son bien sombre caractéristique du rap East Coast. On veut du lourd, de l’authentique, du ghetto. Ça n’a pas loupé, propageant alors dans la salle une ambiance déstabilisante. Quoi ? Un fossé entre le public du Bikini et les badboys des rues de New York ? Schhhh c’est un murmure qui s’échappe de la salle de concert de Ramonville !

Bucktown, pépite du hip-hop old school, album Dah Shinin 1994

 

Le groupe balance donc classiques sur classiques, comme «Chief Rocka» de Lords Of The Underground récupérant ainsi le public. On a d’ailleurs eu la chance d’entendre sur ce morceau le MC MR. Funke (Lords Of The Underground), invité surprise de la soirée.

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Flexions/extensions avec poids autour du cou – Photo : Samy Chafa

 

Un autographe et whisky s’il vous plaît

À la fin, le concert se termine étrangement : seul le DJ du groupe continue de jouer pendant que les autres signent des autographes ou sifflent une bouteille de whisky. Surpris que le concert se finisse abruptement, le public regagne la sortie. Est-ce le hip-hop qui faiblit ? On ne l’espère pas, mais peut être le renouveau du genre se joue t-il dans d’autres endroits, plus proches de la rue, où le hip-hop est né. On a quand même eu notre part de bonnes «ryhmes» et de sons qui claquent, pour cela on remercie les artistes.

  • Photo : Samy Chafa
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  • Photo : Samy Chafa
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Article rédigé par Pablo Dornier

Musicien des heures tardives à Toulouse, chroniqueur musical sur un malentendu à Aparté, rider en cuir sur fixie. Tout ce qui est subversif me plaît et inversement, Ô capitaine, mon capitaine !

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