TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESManif’ du 28 avril à Toulouse : on the road again

Aujourd’hui, c’était jour de mobilisation pour les opposants au projet de loi travail. Des manifestations étaient organisées un peu partout en France et se sont déroulées plus ou moins bien. Petit retour sur celle de Toulouse, plutôt calme, mais avec quelques cafouillages.

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Sous les drapeaux – Photo Marie Desrumaux

 

Moins de monde dans les rues en ce jeudi 28 avril pour la 3ème grosse mobilisation contre le projet de Loi Travail (après celles du 31 mars et du 9 avril). Comme d’habitude, les techniques de comptage des syndicats et de la police ne sont pas les mêmes, et on assiste à des écarts qui laissent pantois, du 4 contre 1 en cette journée printanière : 3000 manifestants selon la police, 12 000 selon la CGT. On vous laisse juge.

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Au son des tambours – Photo Marie Desrumaux

 

Faux départ

Il fait beau, il fait bon, le soleil brille lors du départ officiel de la manif à 11h, sur les boulevards, à hauteur du quartier Arnaud-Bernard. La check-list habituel est validée : les banderoles, le fumigène rouge, le ballon CGT, les dizaines de fourgons de CRS et les camions des différents syndicats diffusant de la musique pour chauffer l’ambiance sont là.

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Affichage libre -Photo Marie Desrumaux

 

Mais en plus de la grosse demi-heure de retard que prend le cortège dès le départ (pour ne pas dire trois quarts d’heure) il y a un petit cafouillage. Ce ne sont en effet pas les camions de l’intersyndicale (attention concours d’acronymes : CGT + FO + UNEF + UET + FIDL+ FSU31 + Sud Solidaire + guests) qui mènent le défilé, mais les banderoles de ceux que l’on regroupe sous le terme « jeunes » (comprendre : étudiants et lycéens). Le départ prend non seulement du retard, mais il faudra plus d’une heure et demie pour arriver à Jean-Jaurès, tellement la marche est lente et les arrêts « chants & danses » fréquents.

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Roulez jeunesse – Photo Marie Desrumaux

 

Confusions, heurts et manif sauvage

Chants et tambours au menu. Tout se passe bien dans le cortège, on donne de la voix pour défendre ses convictions, on a peint des cartons pour montrer son imagination. Le parcours devait initialement faire le tour du Grand-Rond, et tous les éléments semblaient être réunis pour atteindre cet objectif. Mais premier cafouillage avant Jean-Jaurès, où le fameux ballon rouge de la CGT est dévié et rejoint le milieu des allées Jean-Jaurès par la rue Dalayrac.

Les hauts-parleurs expliquent que pour « éviter la confrontation et pouvoir retourner dans la rue manifester dans les jours à venir » il vaut mieux dissoudre la manifestation ici. Sauf qu’à cet endroit là, sur les allées Jean-Jaurès, il n’y a que quelques dizaines de manifestants, le gros du défilé étant resté sur les boulevards.

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Ballon & fumigène rouge made in CGT – Photo Marie Desrumaux

 

Après quelques hésitations à hauteur du métro Jean-Jaurès, la manif’ (toujours menée par les jeunes) continue sa route sur le boulevard Lazare-Carnot. Mais à hauteur de la rue des 3 journées, un petit groupe de manifestants, voulant atteindre le centre-ville, décide de tester les policiers postés à l’entrée, pour voir s’ils bloquent vraiment la rue. Réponse : oui.

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« On ne passe pas » – Photo Marie Desrumaux

 

Frictions et échanges de projectiles. Deux policiers blessés selon la préfecture. La situation se tend, le préfet décide d’arrêter la manif. En quelques minutes, le boulevard est totalement bloqué à hauteur du centre commercial Saint-Georges. Fin de la manif. Enfin officiellement.

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Deuxième mi-temps

Les manifestants qui n’ont pas encore abandonné la lutte pour aller manger (il est déjà 13h passé) sont désormais bloqués, la dispersion n’est possible que par le boulevard ou la rue Castellane. La délégation « Nuit Debout » s’assoit par terre et le micro de Sud Solidaire appelle à faire un barbecue. Les manifestants finissent par partir au fil du temps, et le boulevard par se vider complètement.

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Nuit Debout assis – Photo Marie Desrumaux

 

Mais entre-temps, un cortège « sauvage » d’une centaine de manifestants a filé rue Gabriel-Péri. Une marche accélérée par une troupe de la BAC qui les talonne de près. S’en suit un road-trip par les rues (accrochez-vous) Arnaud-Vidal, Belfort, Stalingrad, Lafon, Bayard, Bonrepos et Faubourg Bonnefoy. Mais tout long du parcours, quelques manifestants suivent la police qui suit le cortège (vous suivez ?). Les forces de l’ordre n’aiment pas trop avoir de gens dans leur dos, surtout quand ceux-ci les provoquent à coup de « on vous encercle » « vous êtes cernés », ce qui explique quelques coups de lacrymos sur le trajet.

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Rue Gabriel Péri – Photo Marie Desrumaux

 

Puis c’est le schéma classique : au fur et à mesure du temps et des rues, le cortège s’amenuise, les derniers participants se font raccompagner le long du canal par des CRS venus en renforts pour un contrôle d’identité. Bilan : quelques poubelles renversés, un petit embouteillage, un peu de tension et deux touristes à la table d’un restaurant qui ont eu le droit à un peu de lacrymo pour accompagner leur plat.

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Le point levé (sous escorte) – Photo Marie Desrumaux

 

Pendant ce temps dans le centre-ville, le TNT est à nouveau occupé, une AG a lieu dans le hall. La Nuit Debout se prépare aussi a accueillir peut-être plus de monde que d’habitude, les appels à la rejoindre aillant émaillé la manifestation du jour.

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Prochain round : dimanche 1er mai, pour fêter les travailleurs.

Pierre Collas et Marie Desrumaux.

Article rédigé par Pierre Collas

Rédacteur en chef d'Aparté.com since septembre 2015, ex-dictateur de Good Morning Toulouse, ex-etudiant modèle à l'UT2J, ex-cycliste au GSC Blagnac. Actuellement étudiant à l'école de journalisme de Toulouse et livreur de junk food pour Deliveroo, également marathonien à ses heures perdues. Aime les hiboux et les chansons de Raphaël.

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