TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESUn peu de gaz pour Gattaz

Un comité d’accueil pour que Pierre Gattaz ne se sente pas seul. Plusieurs syndicats et Nuit Debout attendaient jeudi 14 avril  le Président du Medef national  à Castelmaurou où se tenait la Grande Tribune du Medef31, sur le thème de « la solitude du chef d’entreprise ». Les manifestants étaient détendus, les forces de l’ordre un peu moins. Récit d’une manifestation qui a débuté à la lacrymo et s’est terminée tranquillement, sans incidents ni interpellations.

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Un faux patron plus vrai que nature – Photo Aurélie Caralp

 

« Pierrot t’es pas tout seul », « Vite vite un CDI pour Hollande et El Khomri », « Moins d’ISF, plus de Medef ». Des pancartes qui annoncent la couleur. Le PS (Patrons du CAC 40 Solidaires du gouvernement) et la Manif de Droiche ont encore frappé. Arborant tailleurs, talons et coiffures de premiers de la classe, des étudiants et intermittents du mouvement Nuit Debout grimés en patrons d’entreprise se sont joints à FSU, SUD et à la CGT31 pour accueillir comme il se doit le président national du Medef, Pierre Gattaz.

Pour l’occasion, la gendarmerie a déployé devant et aux alentours du Domaine de Preissac un important dispositif de sécurité, d’une soixantaine de personnes. Important puisque les forces de l’ordre estiment que les manifestants étaient environ 150. Du côté de la CGT, le nombre présumé de manifestants augmente sensiblement : environ 500. Difficile à mesurer puisque les manifestants ne cessent d’arriver ou de partir.

« J’ai mal à mon Medef »

La manifestation est immobile. Mais devant le grand portail du domaine de Preissac, la tension est palpable. Dès 8 heures, les odeurs et picotements dus aux gaz lacrymogènes flottent dans l’air. Les contacts entre manifestants et forces de l’ordre sont fréquents, peu cordiaux.

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Celui qui gazait plus vite que son ombre – Photo Aurélie Caralp

 

Pour permettre le passage des voitures dans la rue, les gendarmes bousculent parfois violemment les manifestants, et les bombardent de lacrymo à plusieurs reprises. En réponse, les faux patrons balancent des confettis et des miettes de pain. Quelques bagarres éclatent, des manifestants tombent ou sont poussés. L’un d’eux, au sol, crie « J’ai mal à mon Medef« , ce qui fait marrer pas mal de monde.

Les heurts continuent tant que les chefs d’entreprises passent en voiture au milieu des manifestants pour se rendre au colloque. Vers 9h30, les patrons arrivent à pied et doivent passer par le fossé pour accéder au domaine. Ils sont hués par les manifestants, mais la manif’ se calme. Les face-à-face entre manifestants et force de l’ordre se font de plus en plus rares.

« La Suisse c’est bien pour délocaliser, les Seychelles c’est mieux! »

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Réunion au sommet entre les faux patrons – Photo Aurélie Caralp

 

Une réunion de faux patrons s’organise. La bonne humeur et l’humour sont revenus. Le langage des signes de Nuit Debout est rappelé. Les faux patrons assis au milieu de la route, le colloque peut commencer. Les témoignages de « patrons » se succèdent. Tous se plaignent de leur situation ou prodiguent à leurs homologues de précieux conseils pour délocaliser leurs entreprises.

Infiltration et barbecue pour bien finir la manif’

Une manifestante déguisée en cheffe d’entreprise a réussi à s’infiltrer à l’intérieur du colloque en feignant d’être en grande conversation au téléphone. Elle s’est finalement faite raccompagnée tranquillement au portail. Acclamée par les manifestants, elle explique qu’à l’intérieur on a été cordial avec elle et qu’on lui a dit que les patrons présents à la Grande Tribune n’étaient pas que des « très très riches« .

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L’infiltrée de la Grande Tribune – Photo Aurélie Caralp

 

Du côté de la CGT, c’est ambiance café et barbeuc. Ça  discute de  l’augmentation de 4% du salaire des patrons du CAC 40, de l’influence de Pierre Gattaz sur le gouvernement, du Code du Travail bien sûr, autour d’un sandwich à la merguez ou à la saucisse. Pour les représentants qui souhaitent rester jusqu’à ce que les chefs d’entreprises ressortent, vers 12h30, il ne faut pas se faire de faux espoir. Pierre Gattaz ne sortira pas leur parler.

Il est presque 11h, les manifestants commencent à bouger pour se rendre à la manifestation étudiante à Saint Cyprien. Quelques poignées de mains entre manifestants et forces de l’ordre, des discussions, marquent la fin du rassemblement. Les gendarmes peuvent enfin se détendre, du moins pour la matinée.

Article rédigé par Amélie Caralp

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