TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTES5 raisons de se précipiter au festival Taul’Art

Organisé par les étudiants de l’association Génépi, le festival Taul’Art reprend ses droits à Toulouse du lundi 28 mars au dimanche 3 avril. Au programme, une semaine de débats, de concerts, de mises en situation et de réflexion sur la prison. On vous donne 5 raisons de vous y précipiter.

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Amandine et Soizic, responsables de l’organisation du festival Taul’Art – Photo Marie Desrumaux

 

L’association Génépi fête cette année ses quarante ans. Fondée en 1976 par Lionel Stoléru, conseiller à la présidence de la République, en réaction à des émeutes en prison, elle avait pour projet de faire rentrer des étudiants de grandes écoles dans le milieu carcéral, afin de voir ce qu’il s’y passait. Aujourd’hui ouverte à tous les étudiants, l’association Génépi intervient toujours en prison, mène une véritable réflexion sur le sujet et organise des actions de sensibilisation.

Au Génépi Toulouse, la plus importante de ces actions est devenue un festival, Taul’Art, et s’étale sur une semaine à travers la ville. Pour la 12e édition qui commence le 28 mars, on a demandé aux deux cheffes organisatrices, Amandine et Soizic, de nous présenter le programme. Et on a trouvé 5 raisons de ne pas passer à côté de l’évènement.

1. Parce que la prison vous intrigue

Lieux fermés et secrets, les prisons et les centres de détention attisent tous les fantasmes. Taul’Art a pour ambition de sensibiliser le grand public à la question de la détention, en contrecarrant certains clichés. « On cherche à poser des choses objectives, à donner des informations neutres sur la prison », explique Soizic. Le Génépi en a fait le slogan du festival : « puisque la prison est une zone d’ombre, nous nous efforçons de la rendre visible« . « L’idée c’est vraiment de faire en sorte que les citoyens et les citoyennes réfléchissent par eux même et se forgent leur propre opinion« , complète Amandine.

Pour cela, le Génépi mise sur l’éducation populaire et la discussion. « On a invité des personnes que l’on aime bien, détaille Soizic. Des anciens détenus comme Audrey Chenu, qui vient parler sexualité et détention le samedi 2 avril. Mais aussi des profs toulousains et des sociologues.« 

2. Parce qu’au fond vous avez toujours été fan de Prison Break

(Ou de toute autre série sur la détention comme Orange Is the New Black ou l’australienne Wentworth, à regarder après, selon Amandine)

Il existe pléthore de films, de romans ou de séries qui déroulent une vision de la prison plus ou moins proche de la réalité. Les rencontres programmées par Taul’Art permettent de s’extraire de la fiction pour confronter ses représentations à du vécu, grâce à des mises en situation, des projections, des échanges avec des intervenants passés par la prison…

C’est aussi l’occasion de noter de nouvelles références. « Un documentaire ? La raison du plus fort de Patric Jean. Un livre ? La nuque raide de Gabriel Mouesca. Un site ? Ban Public ou Carcéropolis » lance Amandine, au moment où on lui demande des conseils de documentation. « Il y a aussi le site de l’OIP (l’Observatoire international des prisons, qui possède aussi un blog sur Mediapart, ndlr), renchérit Soizic, ils viennent d’ailleurs de publier une super série d’articles sur la sexualité en prison.« 

3. Parce que la prison nous concerne tous

On peut tous avoir affaire à la prison un jour ou l’autre. Que ce soit en rencontrant quelqu’un qui y a été, « ou parce que l’on connaît une personne qui a été incarcérée, qui l’est en ce moment, ou peut-être même qui le sera », ajoute Amandine. Il ne faut pas oublier non plus que la plupart des lieux de détention dépendent de l’État. « En payant des impôts et des taxes, on finance les prisons » rappelle Soizic.

4. Parce vous voulez tester, juste quelques instants, la vie de taulard

Deux activités sont prévues pour se mettre dans la peau d’une personne en détention. Tout d’abord, « the cellule experiment« , lundi 28 mars au square Charles-de-Gaulle. C’est férié, aucune excuse pour ne pas y aller.  En partenariat avec la LDH (Ligue des Droits de l’Homme), le Génépi va installer une cellule de 9m² sur la place, qui sera ouverte aux visiteurs de 10h à 18h. « On a reconstitué une cellule de maison d’arrêt, avec des lits superposés et un coin douche, décrit Amandine. Bien sûr, cela ne correspondra jamais  à la vie en prison, mais on espère que chacun pourra ressentir, pendant quelques minutes, ce que cela fait d’être enfermé. »

Autre immersion dans le monde de la prison, par la cuisine, avec la tambouille du taulard. Une idée importée du Génépi Angers par Soizic : « On se procure une liste de cantinage de prison, avec les prix de la nourriture et des ustensiles que les détenus ont le droit d’acheter. Ensuite on propose aux passants de se faire eux-même leur tambouille. » Pour goûter la détention, rendez-vous le 3 avril au marché Jeanne-d’Arc, et le 4 avril à Saint-Aubin ou au marché du Capitole.

5. Parce que tous les évènements sont gratuits (ou presque)

Et enfin, un argument de choc pour tout étudiant sous perfusion du CROUS ou des allocs : tous les évènements de Taul’Art sont gratuits ou à participation libre. Une seule exception, la projection du documentaire Au bout de leur peine de Mathilde Syre à l’ABC, le 28 mars.

> La programmation complète du festival Taul’art et ses modifications sont à retrouver ici.

> Pour plus d’infos sur l’association Génépi : leur site national et leur site régional. Génépi Toulouse intervient cette année au centre de détention de Muret pour du soutien scolaire et à la maison d’arrêt de Seysses pour des activités socio-culturelles.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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