TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTES«Pourvu qu’elle soit utile», l’exposition de Sandra Lorenzi

« PQSU », « Pourvu qu’elle soit utile » : c’est le nom de la nouvelle exposition de Sandra Lorenzi, artiste contemporaine. Présentée du 14 janvier au 5 mars, elle se trouve dans le nouvel Espace Écureuil qui, pour quelques mois, déménage rue du Languedoc aux Carmes. Petite visite guidée.

Ocean tranquility

Ocean tranquility – photo Lola Fontanie

 

C’est cette phrase, la première œuvre, qui nous accueille avant même d’entrer : « de l’intérêt général de se méfier du bien commun ». Cette maxime empreinte d’une absurdité de langage annonce l’ambiance de l’exposition.

Si Sandra Lorenzi nous force ici à nous plonger dans ces sortes d’univers parallèles qu’elle a créés, ils font pourtant cruellement écho à notre contexte social. Elle recourt au vocabulaire du milieu administratif (chaise de bureau, imprimante, plante verte, guichet), et de l’idéal – du rêve – contemporain (plage, cocotiers, soleil, vacances) comme d’un certain « mode de représentation auquel on voudrait tous prétendre » (une interview de l’artiste est disponible à l’exposition).

La deuxième pièce met en espace des imprimantes tournées vers le sol, vomissant des papiers de manière aléatoire comme un imposant mur rigide qui renvoie au monde anonyme et industriel de l’administration.

Sur les feuilles de papier, on peut lire cette fameuse citation du philosophe anglais Jeremy Bentham qui lui a inspiré le titre de son exposition : « La France, de tous les pays celui où une idée nouvelle se fait le plus aisément pardonner, pourvu qu’elle soit utile ; la France, vers laquelle tous les yeux se tournent, et de qui l’on attend des modèles pour toutes les parties de l’administration, est le pays qui semble promettre au projet que je vous envoie sa meilleur chance ».

Bentham ex Machina

Bentham ex Machina – photo Lola Fontanie

 

Cette exposition alterne entre le monde du travail et le cliché de l’idéal que représente l’exotisme. L’opposition entre fantasme et réalité nous transmet un certain malaise et nous démontre le possible danger que représentent ces archétypes.

Structure d'accueil d'accueil

Structure d’accueil – photo Lola Fontanie

 

Comment un artiste peut cependant critiquer l’absurdité de cet univers et exposer dans une banque ? La boucle serait elle bouclée ? Paradoxe que l’on vous invite à appréhender en vous y rendant !

42 Rue du Languedoc, Station de métro Carmes (ligne B)

Article rédigé par Lola Fontanie

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