TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESX-Arts#5 : Aparté en Connexion avec les arts

Pour la cinquième édition de la X-Arts Party, les cocottes d’Aparté avaient investi la scène et les coulisses du Connexion mercredi dernier. Une soirée sur le thème « Construction/Déconstruction », avec à la carte des concerts, des Legos, des expos, de la lingerie en latex et des étudiants des Beaux-Arts complètement survoltés.

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S’exprimer  sur un panneau de photos – Photo Romain Peli

 

La X-Arts, chez Aparté, c’est un peu la soirée de l’année. Celle que l’on prépare des mois à l’avance en petit comité, celle qui ouvre la porte en grand à l’imagination, celle qui procure des sueurs froides et fait beaucoup stresser (surtout quand on se rend compte quelques heures avant le début de la soirée que les 250 bières du catering se sont évaporées).

Comme son nom l’indique, la X-Arts Party cherche à provoquer la rencontre entre différentes formes d’expressions artistiques. Un peu comme les Croisées créatives du mois d’avril, mais en plus concentré : la X-Arts c’est une soirée, les Croisées créatives c’est un week-end qui se permet parfois de déborder en semaine.

Mercredi 17 février donc, les petites mains de l’association ont suspendu les mythiques cocottes en papier et la banderole Aparté au 8 rue Gabriel Péri. Prêtes pour un show sens dessus dessus jusqu’à 2h du mat’.

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Danser sur Matando al Presidente – Photo Arthur Sarthou

 

Début des hostilités à 20h dans une ambiance house et disco avec DaGrowch. Le public de plus en plus nombreux commence à taper du pied et se déhancher. Puis, à 21h30, la température monte de quelques degrés aux premières notes jouées par Matando al Presidente, un groupe de 7 artistes aux accents hip-hop, jazzy, funk et soul. Ils imposent leur rythme tranquillement, tantôt nonchalant, tantôt plus rythmé et vif. Les rappeurs et chanteurs se succèdent au micro, les flows sont énergiques, la salle semble goûter à cette ambiance latino.

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Se laisser intriguer par les Broute-Chimères – Photo Samy Chafa

 

Dispersés dans le public, les étudiants des Beaux-Arts du collectif Broute-Chimères déambulent et se distinguent par leurs tenues totalement improbables. L’un asperge la foule avec ses lances-à-eau-porc-épic incrustées sur son torse, deux autres rebondissent au rythme du son sur la piste de danse, jumelles siamoises soudées par un tronc de femme arc-en-ciel, un peu à la manière des Nanas de Niki de Saint Phalle. Un masque d’insecte sur le visage, une membre du collectif se meut et ondule, enveloppée dans une longue robe de soie violette de voyante. Un autre encore mène la danse travesti sous une perruque peroxydée, ses longs cheveux bouclés en cascade le long des reins.

On les repère de loin, ils assurent le show et s’exhibent avec fierté, injectant une bonne dose d’étrangeté à la soirée. Les frontières du genre se brouillent, les corps se déforment, ça tombe bien, c’était le but recherché par les cocottes d’Aparté.

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Déchirer les photos de Romain Peli – Photo Samy Chafa

 

Pendant ce temps, les regards s’émerveillent devant les collages d’Anna Ezequel. Apposées les unes à côtés des autres, ses bribes de photos ou de textes composent des panneaux poétiques au premier coup d’œil, terriblement réalistes et engagés en seconde lecture. Juste à côté s’étale sur le mur l’œuvre vivante conçue par Romain Peli, étudiant à l’école de Photographie ETPA de Toulouse. Quatre de ses clichés sont superposés les uns sur les autres, libre ensuite au public de déchirer les couches et de graffer l’image au feutre coloré.

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S’extasier sur la lingerie en latex Obsessive Behaviour x La clef des charmes – Photo Samy Chafa

 

La scène se vide. Place au défilé de lingerie en latex, très attendu à en croire les bouts de discussions glanés ici ou là. Les mannequins portent les pièces d’une collection issue de la collaboration entre la boutique de lingerie La clef des charmes et le collectif Obsessive Behaviour.

Le défilé s’ouvre sur un petit show burlesque, avec l’effeuillage des performeurs Mika Rambar et Lady Flore, en talons hauts et porte-jarretelles. Deux personnalités et deux physiques, aux antipodes de l’image trop habituelle du mannequin anémié stoïque comme un porte-manteau. Bref, c’est rafraîchissant et anti-stéréotypes.

Les bodys échancrés, les porte-jarretelles léopard et les robes tubes transparentes défilent rapidement devant un Connexion plein à craquer. Trop rapidement, toujours selon les ragots de comptoir près du bar. Pas le temps de s’appesantir, Braindub installe ses machines et c’est parti pour plus d’une heure de techno.

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Applaudir la performance de Mika Rambar et Lady Flore – Photo Romain Peli

 

Cachés à droite de la scène, les copains de Good Morning Toulouse diffusent en direct depuis le début de la soirée. Prestations et concerts, quizz, mais aussi papotages avec quelques invités, comme Khalk et Clément du label Boussole Records. Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’intégralité de l’émission live ici-même.

Toujours dans son set, Braindub enchaîne les arrangements face à un public largement conquis. Sa musique est cool, un peu techno, un peu minimale, ça pourrait clairement passer dans certains clubs berlinois, comme le souligne son T-Shirt orné d’un grand Ampelmann vert (les anciens petits bonhommes aux feux de signalisation pour piéton, en Allemagne de l’Est). Le public est en transe et en redemande. D’ailleurs, pour les nostalgiques (on vous comprend) qui souhaiteraient revivre sa prestation, ça se passe par ici.

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Papoter – Photo Arthur Sarthou

 

Alors qu’on a patiemment entrepris d’essayer de construire quelque chose qui ressemble au Faucon Millenium avec les Legos mis à disposition sur les tables, deux ombres apparaissent sur la scène. C’est l’heure de Polyhaflxyzu, une performance dansée.

Encore de la danse contemporaine sans queue ni tête se dit-on. Bonjour le cliché. Les danseuses ondulent, s’enroulent et se tendent au rythme de la musique dans un ballet hypnotisant. On recule de quelques pas, l’effet visuel obtenu par les costumes mi-noir mi-chair est encore plus saisissant. Promis, on ne dénigrera plus jamais la danse contemporaine.

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Et encore danser – Photo Arthur Sarthou

 

Pour bien terminer la soirée, le DJ techno house DEELD s’installe aux manettes du Connexion. Face à lui la foule n’a pas l’intention d’arrêter de danser. C’est reparti pour quelques heures d’électro, jusqu’au bout de la nuit/jusqu’à la fermeture du Connexion.

On a vu du latex, on en a pris plein les yeux et le T-Shirt (l’eau ça mouille, merci les Broute-Chimères), on a déchiré des larges pans de photos, on a bien transpiré… Au final, un mélange classe et cool de divers styles et expressions artistiques. Et si vous en redemandez, voici un joli diapo pour vous, en attendant les Croisées créatives.

  • Face à face entre Cocottes et expos - Photo Romain Peli
  • Début du show - Photo Samy Chafa
  • Aparté <3 - Photo Arthur Sarthou
  • Ecritures - Photo Romain Peli
  • Un membre du collectif Broute-Chimères - Photo Samy Chafa
  • Aparté sur les ondes de GMT toute la soirée - Photo Samy Chafa
  • Anna Ezequiel - Photo Samy Chafa
  • Polyhaflxyzu - Photo Samy Chafa
  • Extrait
  • Les Broute-Chimères - Photo Samy Chafa
  • En plein graff - Photo Arthur Sarthou
  • Vers la lumière - Photo Samy Chafa
  • Show burlesque avant le défilé - Photo Samy Chafa
  • Broute-Chimères - Photo Samy Chafa
  • Les Broute-Chimères - Photo Arthur Sarthou
  • Matando al Presidente - Photo Samy Chafa
  • Extrait de l'expo déchirée de Romain Péli - Photo Samy Chafa
  • Face aux expos - Photo Arthur Sarthou
  • Matando al Presidente - Photo Samy Chafa
  • L’œuvre finale - Photo Romain Peli

Article rédigé par Marie Desrumaux

Beaucoup de Sciences Po Toulouse, un peu d'Aparté, d'Ouest France et de Boudu. Je traîne mes Stan du côté des mouvements sociaux, des minorités et des cultures alternatives.

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