TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESLa griffe culturelle est de retour

Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Entre étudiants, hipsters, artistes, rockeurs et intellectuels bobo, c’est un public assez hétéroclite qui s’est réuni, le 1er février, pour cette première Clutcho de 2016 au Métronum. Incursion dans une soirée toulousaine branchée, un évènement plein de surprises comme on les aime.

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La grande salle du Métronum – Photo Calmard Diego-Tonatiuh

Comme toujours, pour la sortie de ce nouveau numéro Clutch nous en a mis plein la vue avec une programmation originale et décalée, loin des soirées classiques et stéréotypées mais bien dans son univers, explorant les différentes « sous cultures » inconnues du grand public et du sens commun.

Saturday night atmosphere

( N.B : traduction : « ambiance de samedi soir » )

Dès mon arrivée, je constate déjà une importante foule qui s’amasse dans la music-box du Metronum tandis que d’autres profitent de leur pause clope, pinte de bière et Clutch sous la main. L’ambiance est détendue et décontractée, le principal sujet de conversation tourne bel et bien autour de la griffe culturelle, on en oublierait même que l’évènement se déroule un lundi soir. Essayant de me frayer un chemin entre diverses chevelures, de la coupe afro au dread revisité, je me faufile entre les rockeurs, ayant sorti leur traditionnelle veste en cuir, tatouage et piercings en avant.

Je croise sur mon chemin, plus ou moins sinueux, des hipsters à barbe foisonnante mais aussi des couples, proches de la quarantaine. Ce sont des intellectuels branchés, amateurs de cuisine Vegan, de Ukulele ou même de Booba (pourquoi pas). Certains courageux sont même venus avec leurs enfants (d’autres diront inconscients, au choix !).

Ayant enfin réussi à m’introduire dans la music-box, je constate de nombreux goodies « made in Clutch » disponibles pour les invités. Cependant,  je me jette directement sur le Clutch de février, véritable trophée attendu avec impatience.

Plongée dans le cosmos du steampunk

D’entrée, l’ambiance est au steampunk, sono hard-rock et métal aux enceintes. Je discerne un morceau d’AC/DC derrière des conversations passionnées au sujet de l’événement. L’artiste Ethis, en couverture du nouveau magazine, expose trois de ses œuvres, sculptures customisées entre l’univers du steampunk et du punk-diesel. Ethis se plaît à zigzaguer entre le médiéval et le contemporain sans forcément s’ancrer dans un genre artistique particulier.  Ces créations représentent des hommes à tête d’animaux, bien souvent des aigles, inspirés d’une atmosphère fantastique mélangée à l’industriel et parfois à la science-fiction.

D’après l’édito de ce nouveau Clutch, c’est bien à la culture steampunk que ce magazine de février est dédié. De l’anglais steam (vapeur) accolé à « punk », ce substantif apparut dans les années 1980 désigne un certain goût oxymorique pour le rétro-futurisme. Ce genre artistique valorise la création et les costumes tout droits sortis d’une ère industrielle à mi-chemin entre le XIX° siècle et le futurisme : une sorte de « retour vers le futur » artistique. La ville rose abriterait une grande communauté d’adeptes. Ethis exposera aux Pieds sous la table du 4 février au 5 mars.

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Match d’impro de la Ludi – Photo Calmard Diego-Tonatiuh

Score serré pour la Ludi

En préambule des concerts, le match d’impro de la Ludi (Ligue universitaire d’improvisation) préchauffe le public avec talent et humour. Une dizaine d’artistes divisés en deux équipes, s’affrontent pendant pas moins d’une heure dans laquelle l’improvisation est de mise face à un arbitre intransigeant. Une foule encore plus importante se prête au jeu du vote et la chaleur de la salle augmente à mesure que les rires se font entendre. Les comédiens doivent réaliser des improvisations libres ou imposées avec un temps de cocus, le temps de réfléchir au jeu théâtral, de vingt secondes (ça me paraît court mais ils ont l’air de bien se débrouiller ).

 And the winner is

Après un combat acharné entre thèmes imposées sans paroles et thèmes libres hilarants, les jaunes reprennent de l’avance sur les rouges. Le public, qui semble conquis, opte finalement pour ces derniers.

Le score final, très serré nous aura fait découvrir des comédiens passionnés, emplis d’humour et de joie de vivre, de quoi mettre de la pression aux prochains invités !

N.B : La Ludi organise sa troisième édition du festival international de théâtre d’impro le 12 et le 13 février et orchestre des matchs d’impro tous les mardis soir chez ÔBohem : plus d’infos ici.

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 The Wab and Funky Machine – Photo Calmard Diego-Tonatiuh

Du son pour chiller, du son pour zouker

A peine le temps de sortir dehors, dans une cour bondée, je tente tant bien que mal de réaliser le même chemin sinueux, entre bonnets, casquettes, barbes et moustaches (toujours là) pour accéder à la grande salle du Métronum, lieu des Concerts tant attendus de Wab and the Funky Machine et de Franky Goes to Pointe à Pitre. Du groove and beatbox au zouk noise tropical rock, l’éclectisme est de mise !

Wab and the Funky Machine dévoile un univers étonnant, un répertoire musical varié : entre love song et morceaux engagés contre le racisme et la société de consommation. Le public peut se laisser chiller ou peut alors apprécier le talent du beatboxer sous une danse funky.

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Franky Goes to Pointe à Pitre – Photo Calmard Diego-Tonatiuh

A la fin du premier concert, la salle est quasiment pleine, la bière coule à flots et certains tentent même un petit pogo. C’est à ce moment là que le groupe de Franky Goes to Pointe à Pitre débarque sur scène avec son style bien singulier, son perroquet rose en plastique et ses palmiers. Le son est rythmé et nous entraîne dans une sorte de danse « tropicale », mouvement de tête et de bassin (pas forcément très esthétique mais YOLO ).

De quoi provoquer des audiogasmes (orgasme auditif selon Le dictionnaire urbain) et détrôner les rois du zouk : parmi eux, le « célèbre » Makassy ou encore Francky Vincent !

C’est donc encore une soirée Clutcho réussie qui se clôture sous le signe de la diversité et de la découverte culturelle, tout comme ce magazine de février à découvrir dans les enseignes partenaires !

Cet article a été publié il y a 6 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Éva Battut

Journaliste en herbe, je touche un peu à tout. Je m'intéresse plus particulièrement à la culture urbaine et aux sujets de société autour des migrations, du féminisme et des mouvements sociaux.

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