TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESQuelles options pour le Fil à Plomb ?

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Le Fil à Plomb, théâtre situé à Arnaud Bernard, lance un appel aux dons pour assurer la poursuite de son activité. Sa capacité d’accueil est passée de 70 à 49 places suite à la visite d’une commission de sécurité en décembre 2014. Depuis, le théâtre est à la recherche de solutions pour financer son réaménagement.

Fil à Plomb devanture - Gaetan Ducroq

Photo : Gaetan Ducroq

 

Le Fil à Plomb est un théâtre situé dans le quartier d’Arnaud Bernard. Ouvert du mardi au samedi, il propose depuis plus de quinze ans des représentations classiques comme des créations. Il accueille ainsi une trentaine de compagnies par saison. Depuis décembre 2014 et l’intervention d’une commission de sécurité, sa situation s’est précarisée.

Ses 70 places ne laissent pas un passage suffisant pour assurer la sécurité du public. Sa capacité d’accueil est réduite à 49 places. Une situation invivable pour l’établissement, tant sur le plan culturel que financier.

 

Les travaux ou la clé sous la porte

Coup dur pour le Fil à Plomb, qui, bien qu’amputé de presque la moitié de ses sièges, poursuit péniblement sa programmation en janvier 2015. Ce fonctionnement à 49 places montre rapidement ses limites.  « Cette capacité d’accueil ne nous permet pas d’assise financière. Cela se ressent sur la qualité artistique, et l’accueil », déclare Sophie Trible-Anselme, coordinatrice du théâtre.

Le Fil à Plomb a plus de mal à assurer la programmation. Le théâtre opère un partage systématique de ses recettes avec les compagnies qu’il accueille. Les intermittents touchent ainsi 50% des ventes de billets.  Il est naturellement plus difficile de solliciter une compagnie pour une vingtaine de places. Il faut alors redoubler d’efforts pour démarcher de nouveaux comédiens. Les scolaires en sont également pénalisés. « L’accueil de deux groupes scolaires équivaut vite à une cinquantaine de places. Je suis obligée de refuser de très nombreux groupes », explique la coordinatrice du théâtre.

Il leur est impossible de lancer une nouvelle saison avec seulement 49 places. Ils s’y refusent. « Soit nous avons la possibilité de faire des travaux, soit nous fermons », explique Badradine Reguieg, directeur de la programmation. La saison, démarrée en septembre, se terminera en février 2016. Le sort du théâtre est en passe d’être scellé.

 

Le levier municipal

La mairie est le premier partenaire du Fil à Plomb, qu’elle subventionne sous conventionnement. Elle a été sollicitée, avec le département, par le théâtre.  «Nous souhaitons maintenir l’offre culturelle au meilleur niveau malgré les contraintes économiques», explique Francis Grass, adjoint à la culture et principal interlocuteur du théâtre.

Le Fil à plomb a d’ores et déjà financé une étude de faisabilité. Le coût des travaux devrait être compris entre 250 000 et 270 000€. A quelle hauteur la mairie pourrait-elle financer le projet ? L’adjoint à la culture n’est aujourd’hui pas en mesure de fournir des données chiffrées. Il exprime néanmoins sa volonté de s’occuper rapidement de la situation du Fil à Plomb. « Ce théâtre doit subsister. Il fournit un travail éducatif, et de qualité auprès des jeunes

 

Badradine Reguieg : « La mairie est sensible à la mixité de notre public »

 

« L’aide de la mairie aura un effet levier », explique Badradine Reguieg.  Si le département a accordé un « oui » de principe pour aider le Fil à plomb, sa contribution financière dépendra très largement de l’engagement de la mairie de Toulouse. Ce dont Francis Grass a parfaitement conscience. Sophie Trible-Anselme estime que le dialogue avec la municipalité de Toulouse est « constructif », ce qui laisse présager un accord potentiel . Francis Grass s’estime lui «raisonnablement optimiste» quant à la survie du théâtre.

La proposition actuellement en discussion table sur un projet de 84 places, avec 12 strapontins, et 3 accès PMR (pour les personnes à mobilité réduite).

 

Le Fil à plomb, garant de la mixité sociale à Arnaud Bernard ?

« Nous sommes le seul espace culturel du quartier Arnaud Bernard » explique Sophie Trible-Anselme sans remettre en cause l’activité des nombreux cafés-culturels du quartier, avec qui le théâtre entretient de bons rapports. « Nous ne sommes pas un café-théatre, mais un véritable théâtre où on joue du Feydeau et du Molière. On soutient aussi les créateurs et les auteurs locaux », complète le directeur de la programmation. L’enjeu de son maintien est de taille.

 

« Le Fil à plomb c’est du théâtre accessible à tous, pour tous », déclare Badradine Reguieg

 

« La municipalité est à la recherche d’actions culturelles sur le quartier Arnaud Bernard », explique Sophie Trible-Anselme.« La mairie est sensible à la mixité de notre public », renchérit Badradine Reguieg, pour qui l’enjeu derrière le maintien du théâtre est clair : « deghetoïsser Arnaud Bernard

Le Fil Dehors a démontré qu’il était possible de rassembler la population d’Arnaud Bernard autour d’un événement culturel. Le festival de théâtre en plein air a même réussi à faire venir une population peu habituée au quartier. « C’était un véritable bol d’air pour les commerçants de voir des personnes qu’ils n’ont pas l’habitude de voir traverser la place », estime Sophie.

 

Un théâtre de quartier

« Les spectateurs demandent qu’on leur communique des informations par mail. Ils ont envie d’être tenus au courant. Cela fait chaud au cœur ». Quelques compagnies ont aussi réagi.

 

Fil à plomb intérieur

Photo : Gaetan Ducroq

 

Le Fil Dehors sera reconduit cette année. L’équipe du Fil à Plomb compte bien poursuivre son opération de désacralisation du théâtre, et partir à la rencontre de son public.

Quant au prix des billets, peu importe le coût des travaux, il sera épargné. A la reprise de la programmation en septembre 2016 les tarifs n’auront pas bougé. « Le Fil à plomb c’est du théâtre accessible à tous, pour tous » commente Badradine Reguieg. « Nous voulons que la culture soit accessible au plus grand nombre » conclut-il. Le théâtre sera fixé sur son sort au début de l’année 2016.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Mélanie Volland

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