TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTES« Horizons mythologiques » : Un autre regard sur Picasso

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

EXPO – Cette année, Picasso a le vent en poupe. Parallèlement à  « Picasso Mania »  tenu actuellement au Grand Palais à Paris, le musée des Abattoirs rassemble une trentaine d’œuvres, peintures et sculptures de l’artiste datant des années 20 et 30. Aparté vous informe sur cette exposition dont le mérite revient à l’originalité de son sujet.

Figures au bord de la mer l

 

Il faut bien dire que l’événement est de taille : la dernière exposition aussi importante consacrée à l’artiste remonte à 1965 au musée des Augustins. Il convient d’ajouter que le projet n’aurait pas pu voir le jour sans la coopération du musée national Picasso de Paris qui a effectué tous les prêts des œuvres concernées. Regroupées sous le dénominateur commun de l’évocation mythologique, elles mettent en lumière une période particulière de la carrière de l’artiste où ses influences connurent une grande évolution. Des années 20 au début des années 30, Picasso effectue divers voyages en France au cours desquels il se trouve inspiré par les paysages et la poésie surréaliste.

Ainsi, si Picasso est surtout réputé pour son apport considérable au cubisme et sa propension à peindre principalement des figures, l’exposition nous montre d’autres aspects moins connus de son œuvre. Bien que l’artiste ne s’est jamais considéré comme un surréaliste, c’est bien dans ce courant artistique que les historiens de l’art ont classé les fameuses Figures au Bord de la Mer .

Aussi, les peintures ou dessins exposés témoignent des essais de Picasso au paysage. Pourtant habitué à se concentrer sur les formes matérielles ou les êtres vivants, l’exposition nous montre comment Picasso a parfois rompu avec ses habitudes avec des toiles où la nature prend une place significative. Des œuvres comme Joueur de ballon sur la plage sont caractéristiques de cette originalité. Par ailleurs, on notera la présence des sculptures regroupées sous le titre commun de Baigneurs, nous rappelant que les talents de l’artiste sont allés au-delà de l’art du dessin. Harmonieusement disposées sur un socle commun, ces statues plates et monumentales composent un ensemble de personnages identifiables après observation minutieuse. Rendant hommage au Grand Baigneur de Paul Cézanne, Picasso donne à ce thème une nouvelle contemporanéité en laissant le spectateur s’imaginer les figures jouer librement sur une plage.

L’œuvre « star » : un gigantesque rideau de scène

 

Picasso-Depouille-Du-Minotaure

Si certains sont à la recherche d’œuvres sensationnelles, ils pourront profiter de La dépouille du Minotaure en costume d’Arlequin, un rideau de scène de huit mètres sur treize peint par Picasso en 1936  qu’il offrit à la ville de Toulouse à l’occasion de la représentation d’une pièce de théâtre de Romain Rolland intitulée 14 juillet. Cette date, c’est bien celle de la victoire électorale du Front Populaire, laquelle a été célébrée par cette pièce jouée au Théâtre de l’Alhambra la même année.

Certains voient dans les deux figures de droite le fascisme soutenant le capitalisme mourant. D’autres ont une analyse bien moins politisée. C’est de le cas de l’historien d’art Eric Vidal qui considère cette dépouille comme le symbole de la mise à mort de la pulsion sexuelle. Toujours est-il que la splendeur générale du rideau, bien vivante, nous dévoile l’univers mythologique de Picasso.

Disponible et à l’écoute, Eric Vidal, chargé de la médiation culturelle de l’exposition, apporte des éclairages précieux pour la compréhension de cette œuvre.

En définitive, Aparté vous recommande une virée aux Abattoirs qui vous permettra de (re)découvrir un des plus importants artistes du 20ème siècle par ses apports techniques, formels et son engagement politique. Exposition jusqu’au 31 janvier 2016.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Thibault Grimaldi

(A)parté pas si vite !

Museum de Toulouse : une expo consacrée aux «Magies et sorcelleries»

Cet article a été publié il y a 1 an. Il commence à dater mais …