TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESToulouse, capitale de l’électro le temps d’un week-end

Pour sa première édition, le WOPS! a fait venir au Metronum et au Bikini la crème de la crème des labels Ed Banger et Bromance les 16 et 17 octobre. Avec des invités comme Kavinsky, Breakbot ou Louisahhh!!!, les deux soirées s’annonçaient mémorables. Aparté est allé y traîner ses Adidas et vous raconte.

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Samedi 17 octobre, le Bikini affichait complet – Photos : MAYOL / GREENFILMS & GREENPHOTOS

20h45, vendredi 16 octobre. J’arrive au Metronum, la salle de concert qui a poussé fin 2013 à quelques mètres de la station de métro Borderouge. De l’extérieur on entend déjà les beats qui secouent gentiment le bâtiment.

J’entre et là, grosse surprise : entre la trentaine de personnes pressées juste devant la scène et les petits groupes disséminés devant le bar, c’est le vide, il n’y a personne. Pourtant la soirée est supposée avoir commencé deux heures plus tôt , et j’avais cru comprendre que tous les événements étaient archi-complets depuis quelques semaines déjà… Peut-être que le Metronum n’est pas encore assez connu du public toulousain ? Bref, je suis en train d’essayer d’imaginer les raisons de ce fail, une Despé à la main, quand je me rends compte que la musique mérite amplement que l’on s’y intéresse.

Moins on est de fous, plus on danse

Guillaume Berg est aux platines, casquette et casques vissés sur ses longs cheveux blonds. Même si la salle paraît bien grande et bien calme, je me mêle aux quelques personnes qui commencent à danser dans la fosse. Peu de temps après, celui qui est présenté comme la mascotte de la French touch 2.0 laisse la place au DJ électro Sophonic. Le rythme s’accélère, et les clips projetés à intervalles réguliers au fond de la scène prennent une tournure hypnotisante. La salle se densifie, et les nouveaux venus descendent vers la scène, hélés par Sophonic et attirés par son mix dynamique. Un dernier morceau complètement électrique, et c’est au tour du duo Manigance de passer aux platines.

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Busy P (Pedro Winter) – Photos MAYOL / GREENFILMS & GREENPHOTOS

Composé du graphiste, photographe et réalisateur So Me (dont la tignasse et la barbe blondes sont régulièrement les invités du magazine Jalouse) et de DVNO, producteur et songwriter (qui a donné son nom au titre de Justice), Manigance est à leur image : éclectique, inspiré et intriguant. Le duo déroule un cocktail entre rap, hip hop, beats électro, funk, samples de «I want to get high» ou de «I’m in love with the coco» et transition brutes. Quelques personnes passent sur la scène pour aller dire bonjour aux deux artistes, une nana se lance dans une danse complètement psyché entrecoupée de grands écarts et la soirée devient folle.

Fafi et toute sa bande ont investi la fosse, tout le monde danse. On aperçoit le réalisateur, Kim Chapiron, le DJ Breakbot, les graffeurs Koralie et Supakitch… Tous semblent se connaître, preuve, s’il en fallait, que le WOPS! est bel et bien un festival de potes. Peu avant minuit, Pedro Winter, manager et fondateur du label Ed Banger, prend les commandes des platines et alterne morceaux d’électro pure et samples de «Sea sex and sun» ou «Baby I’m Yours». La soirée se termine finalement assez tôt, mais je reprend le métro avec un grand sourire.

Samedi 17 octobre, un Bikini plein à craquer

Le lendemain, le festival change de dimension et se déplace à l’autre bout de la ligne de métro, au Bikini. La capacité de la salle est presque trois fois plus grande que celle du Metronum, et les réservations affichent complet depuis près de deux semaines. J’arrive juste à la fin du passage de Club Cheval, le quatuor formé par Myd, Sam Tiba, Panteros666 et Canblaster. Le son est incroyable, puissant et magnétique. Très vite je me retrouve avec des drapeaux bleu blanc rouge tamponnés sur les joues : «on a perdu ce soir mais bon, ce n’est pas une raison pour ne pas faire la fête» me lance un supporter de rugby bien imbibé.

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Club Cheval – Photos MAYOL / GREENFILMS & GREENPHOTOS

L’équipe de France a beau avoir abandonné toute chance de soulever la Coupe du Monde cette année, la fête bat son plein et les représentants internationaux de l’électro française prennent place sur la scène du Bikini. SebastiAn et Kavinsky s’apprêtent à mixer ensemble, ovationnés par le public. Tous deux se connaissent depuis longtemps, ils ont tourné ensemble, en 2006, dans le film Steak de Quentin Dupieux (aka le Mr. Oizo du label Ed Banger), et c’est donc presque naturellement que les sons métalliques et sourds de SebastiAn se combinent et s’assemblent avec les compositions fluides et rapides de Kavinsky. Petit à petit, l’univers de ce dernier semble pourtant prendre le dessus, et leur mix s’achève avec les fameux «Roadgame» et «Nightcall», tout droit sorti de la BO de Drive. Kavinsky, lunettes noires et cheveux argentés, dégaine la flamme son briquet, suivi par des dizaines de festivaliers.

Les avantages du Metronum sont les inconvénients du Bikini

Sans transition, Brodinski s’empare des platines et lance sa techno. Survolté, le créateur du label Bromance danse les bras en l’air, face à l’écran où sont projetés comme la veille des courtes vidéos surmontées du logo WOPS! (qui a d’ailleurs été dessiné par So Me).

Direction le patio du Bikini. Très vite, les avantages de la veille se transforment en inconvénients dans cette foule de 1400 personnes : les salles sont blindées de monde, il faut compter au moins 15 minutes de patience avant de pouvoir espérer parler au barman, le vestiaire déborde et des dizaines de personnes se retrouvent obligées de garder leurs sacs et manteaux, à moins de les glisser dans les niches en hauteur sur les murs de la salle de concert.

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Genr8ion – Photos MAYOL / GREENFILMS & GREENPHOTOS

C’est maintenant GENER8ION qui est aux platines, un nouveau projet à la croisée de la musique, des arts et de la mode, monté par le DJ et compositeur Surkin. Ce dernier s’est fait connaitre en remixant des morceaux de Justice, Boys Noise, ou encore Foals, et il a collaboré avec MIA sur «The New International Sound, Pt.2», un morceau électro bien balancé. Pour le WOPS!, GENER8ION dévoile différents aspects de cet univers musical, allant même jusqu’à passer quelques extraits de rap.

Un final puissant avec Louisahhh!!!

Dernière artiste à se produire sur la scène du Bikini ce soir, Louisahhh!!! commence son mix avec un morceau lent, ponctué de mots déclamés par une voix féminine suave et raisonnante, presque caverneuse. Louisahhh!!! les connaît par cœur, puisque c’est elle qui les a chantés. Mais la voir prononcer ces mêmes mots en play-back, comme si c’était elle qui les reproduisait à nouveau devant nous, lui donne une force et un magnétisme impressionnants. Avec ses cheveux courts blonds peroxydés et ses morceaux sombres et puissants, elle en impose.

La salle se vide petit à petit. Sur le chemin du retour, je repense à ces deux soirées. Bilan tout à fait personnel : beaucoup de qualité musicale, mais à choisir, j’ai préféré la soirée du vendredi au Métronum, pour l’ambiance et les découvertes d’artistes.

Article rédigé par Marie Desrumaux

Beaucoup de Sciences Po Toulouse, un peu d'Aparté, d'Ouest France et de Boudu. Je traîne mes Stan du côté des mouvements sociaux, des minorités et des cultures alternatives.

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