TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESPierre Larrouturou (ND) : « Ne comptez plus sur la croissance, c’est du suicide collectif »

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

À Toulouse, Pierre Larrouturou, le fondateur et co-président du parti Nouvelle Donne, a présenté devant plus d’une centaine d’auditeurs son « plan d’urgence » pour sortir «d’un modèle économique qu’il faut revoir». Tour d’horizon.

Pierre Larrouturou - Photo Aparté - Pablo Tupin-Noriega

Pierre Larrouturou a étudié au lycée Marcelin Berthelot à Toulouse | Photo Aparté.com – Pablo Tupin-Noriega

Dans la salle Osète, plus d’une centaine de personnes. Quelques jeunes ayant la vingtaine, beaucoup de trentenaire et de « quadra » composent la salle. Café à la main et visiblement détendu, Pierre Larrouturou a posé sa valise dans la Ville rose pour rencontrer ses militants et les curieux. Nouvelle Donne est un parti politique né en novembre 2013. Il réunit -majoritairement- des sympathisants et d’ex-militants de partis classés à gauche. Son leitmotiv s’axe sur les questions économiques, sociales et environnementales.

« En France, on a peur d’accueillir »

« Nous vivons dans un moment où on peut avoir l’impression que ça peut exploser à tout instant», analyse calmement Pierre Larrouturou. Pour « lutter contre le découragement », il propose un « plan d’urgence » avec cinq propositions. « Quand il y a six millions de chômeurs, tout le monde a la trouille », poursuit-il. Et face au sentiment de repli identitaire concernant l’accueil des réfugiés sur le territoire français, le coprésident de Nouvelle Donne fait un clin d’œil à l’actualité. « Lorsque j’étais au lycée Berthelot [à Toulouse, NDLR], notre famille a accueilli les ‘boat-people’ alors que la France était moins peuplée et que la situation économique n’était pas favorable. En France, on a peur d’accueillir ».

Pierre Larrouturou - Photo Aparté Pablo Tupin-Noriega

Larrouturou propose de « protéger les salariés [en évitant] les licenciements » en s’inspirant du modèle canadien. Aucune entreprise, en situation de baisse d’activité, ne pourra licencier si elle n’a pas d’abord baissé le temps de travail des salariés. En contrepartie de cette réduction de temps de travail, un chèque de l’État et de l’assurance chômage qui permettrait de conserver « 95% » des revenus du salarié. « Le partage du travail profite aux actionnaires, il faut remettre sur la table l’idée du partage », insiste l’économiste. Par ailleurs, Nouvelle Donne est favorable à la semaine de quatre jours de travail et cite comme exemple une usine « Mamie Nova » qui a adopté cette méthode. « Tout en conservant un rythme de travail de six jours sur sept et en excluant également une baisse des salaires de moins de 1.500€, près de 130 CDI ont été créés», assure le fondateur du parti. Il pronostic même que la création de « 1,6 million d’emplois » est possible dès « demain » avec la semaine des quatre jours.

« Réveiller les citoyens »

A Nouvelle Donne, « on aime les combats nécessaires mais pas les combats idéologiques ». Pierre Larrouturou l’assure, « nous ne sommes pas là pour 2017 ou 2022 mais pour que les parlementaires prennent demain les mesures qui s’imposent ». La « finitude de la croissance » ne mène, selon l’économiste, qu’au « suicide collectif ». « Au Japon, ils ont tout fait à donf (sic) mais entre 1992 et 2011, leur croissance ne s’est stabilisée qu’à 0,7% », cite pour l’exemple le coprésident de Nouvelle Donne. En paraphrasant l’OCDE, il constate que « 150% du PIB de la France est parti sur les marchés financiers en trente ans ».

Dans le parti, on concède qu’ « il y a un combat intellectuel à mener » mais qu’il faut aussi « réveiller les citoyens ». A Toulouse, il y a près de « 400 militants » mais aucun élu étiqueté Nouvelle Donne dans la région. Avant la « transformation », le parti devra marquer l’essai. Ils en auront l’occasion pour les prochaines élections régionales en décembre 2015.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

(A)parté pas si vite !

Qui nous protège de la police ?

[#7 La photo de la semaine]

Cet article a été publié il y a 2 ans. Il commence à dater mais …