TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESAmon Tobin, Morgho, DJ Cold… : Pink Paradize, une soirée de pré-ouverture survoltée

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Du 6 mars au 5 avril, les Productions des Possibles organisent une orgie créative avec une vingtaine d’événements programmés. Pour sa 2e édition le Pink Paradize propose cette année un mélange dingo de concerts, projections de films, créations théâtrales sans oublier sa désormais célèbre soirée Cabarets Freaks. Vendredi 13 février ils faisaient leur soirée de pré-ouverture histoire de lancer la machine !

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Lorsqu’on arrive au Bikini, il est minuit et la soirée a déjà commencée. Le toulousain Le Couturier est déjà passé derrière les platines. Monsieur Grandin prend le relai devant un public encore en rodage. Lui aussi toulousain, il nous fait oublier la déception d’avoir raté le premier artiste au moyen d’un set hyper éclectique, et se ballade dans un spectre de genres allant de la bass music jusqu’au hip hop.

D’abord seul sur scène, il est ensuite rejoint par son acolyte Ornella Nell Ness qui l’accompagne à la voix le temps de quelques morceaux. Les nappes électriques et la voix de la chanteuse s’entremêlent harmonieusement en nous offrant quelques instants suaves.

Monsieur Grandin conclue son set en solo (et en beauté) par un remix du célèbre rappeur américain Eminem, carrément efficace. La soirée parait définitivement lancée quand Grandin quitte la scène, sans qu’on sache encore bien jusqu’où elle pourrait nous mener.

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Public de la soirée — © Gaetan Ducroq / Aparté.com

Le public extrêmement hétéroclite ce soir continue d’affluer progressivement. On fait un tour des lieux pour ne rien rater de l’atmosphère de la soirée. Sur la terrasse c’est déjà effervescence, et la folie du Pink Paradize a contaminé une grande partie du public. Les gens déambulent, les groupes se forment et se déforment constamment. Thomas, hyper enthousiasmé par les passages des deux premiers artistes sur scène, trempe son téléphone dans sa pinte pour nous prouver sa bonne fois, alors qu’il défendait que son téléphone portable était waterproof. « Il faut investir dans le waterproof! », nous lance-t-il avant de quitter la terrasse pour s’engouffrer à nouveau dans la salle.

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Morgho aux platines — © Gaetan Ducroq / Aparté.com

Des bribes de son nous parviennent et nous donnent le signal que la musique a repris ses droits, fini les palabres. Morgo est déjà sur scène lorsque on se faufile entre la masse des spectateurs. Ce soir, le Bikini n’affiche « pas complet » mais le nombre d’entrée et « satisfaisant » nous confie Aurélia membre de l’équipe d’organisation.

Morgho distille son live aux sonorités ambiant et dub qui nous surprennent parfois par des envolées lumineuses. À côté de nous Claude semble étonné du choix de programmer un artiste qui « passe des VMC » ambiant avant Amon Tobin, choix qui promet  selon lui un sensible contraste. Nous voilà prévenus !

La curiosité c’est aussi prendre de risques, se laisser surprendre. Et si Amon Tobin, tête d’affiche ce soir-là, était l’objet de toutes les attentes, on doit bien avouer que son travail nous était quasiment inconnu ; fait assez incroyable puisque cet artiste originaire du Brésil exerce depuis près de 20 ans, tourne dans le monde entier et culmine à 88000 followers sur Soundcloud. Cet aveu d’inculture fait qu’on peut vous assurer que cette jeune pousse des musiques électroniques (euphémisme) n’a pas trop tardé à nous éclaircir les idées.

« Tout le monde entre pour Amon Tobin »

Ce soir-là il venait nous présenter son projet Two Fingers. Au moment de son entrée en scène (vers 2h30, on sait plus bien) une vague humaine s’agglutine devant la scène. « Tout le monde entre pour Amon Tobin » nous fait remarqué Aurélia. L’attente est forte et l’effet de sa musique sur le public est immédiat, le charme instantané. On a vu de véritables chefs d’orchestre dans la fosse, d’autres semblaient communiquer avec les astres, des jeunes et des moins jeunes rassemblés autour de l’idole de la soirée. Ce qui est sûr c’est qu’Amon Tobin exerce une emprise totale sur les corps une fois son set lancé. Il nous offre un gros son expérimental saturé et explosif flirtant avec un style proche de la Drum and Bass. Si on pèse nos mots c’est qu’on est proche de l’état qui serait le nôtre si, une fois devant les chutes du Niagara, on décidait de passer la tête dessous, pour voir. On se prend en pleine tête les rythmes frénétiques qu’il  balance à 100 à l’heure du début à la fin de son set.

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Amon Tobin — © Gaetan Ducroq / Aparté.com

On est un peu surpris de voir si peu de gens avec des bouchons d’oreilles alors que notre boite crânienne est à deux doigts de l’implosion. Le public est littéralement emporté dans un seul mouvement très loin de la réalité. On s’oublie comme tout le monde, seules les sensations et les images sont de rigueur et Amon Tobin prend un plaisir certain à les manipuler avec précision.

Vers la fin de son set, il profite d’un Cut pour exciter le public et se délecter de moments de communion. C’est l’euphorie au Bikini ! Une fois son set bouclé, second  mouvement de foule vers la terrasse cette fois.

« On est déçu mais content », résume Victor avec un large sourire

On rencontre Lucas et Victor tout deux venu de Nîmes pour voir Amon Tobin. une fois remis de nos émotions et eux des leurs, ils nous avoue être un peu déçus par la prestation du brésilien « trop molle » selon eux. Mince déception, les deux amis pètent quand même la forme ! L’attitude positive de ces deux nîmois semble partagée par une grande partie de l’audience.

On retourne à l’intérieur alors que Sarah Chebi prend le contrôle de la soirée techno torturée. La salle s’est vidée de moitié mais la Sarah Chebi ne faiblit pas et fait tourner à plein régime ses boites à rythmes. Son set enragé a le mérite de remettre la soirée sur les rails après le moment fort de la soirée. Là encore c’est de la grande précision et  les rythmiques sauvages ainsi que les basses fracassantes englobent le public. Sarah Chebi vise juste et propose une sélection techno presque angoissante mais efficace. Elle laisse sa place à DJ Cold, une tête bien connue de la scène toulousaine notamment membre de Regarts et du festival Electro Alternative. Il reprend là où Sarah Chebi nous avez laissés. Le public encore déchaîné en redemande, nous on se dirige vers la sortie.

DJ Cold
DJ Cold — © Gaetan Ducroq / Aparté.com

Le Pink Paradize, c’est pour bientôt !

Le Pink Paradize orchestré par les Productions des Possibles commence officiellement le 6 mars avec une flopée d’événements jusqu’au 5 avril ! Les festivités commenceront le vendredi 6 mars avec soirée d’ouverture qui débute à 19h30 au Speak Easy pour se poursuivre à l’Utopia pour projection débridée du Freaks de Todd Brownig, leitmotiv du festival. Le lendemain, le Pink Paradize continuera sa parade et vous proposera un stand up du mauvais Pierre-Emmanuel Barré à la Comédie de Toulouse. Si vous n’êtes pas rassasiés, il faudra reprendre la direction du Bikini, toujours le samedi 7 mars pour avoir la chance de participer à la soirée Cabaret Freaks, autre sommet du festival. Le dress code : galactique.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Paul Thiry

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