TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTES« Des Images aux Mots » : festival de film LGBT ouvert au monde.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Du 2 février au 8 févier se tenait à Toulouse le festival Des Images Aux Mots, festival du film lesbien, gay, bi, trans (LGBT). Aparté s’est laissé tenter, et on a picoré dans la programmation, pour vous !

 

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Notre relation avec cette 8e édition commence par hasard, avec la projection vendredi 6 février d’Aproppriate Behavior film en compétition. Après avoir survolé la présentation du film, on s’attendait à un film iranien riche en enseignement culturel… La perspective de voir un film persan, qui plus est traitant des conditions des homosexuels en république islamique promettait un moment explosif. Complètement loupé ! Si le rapport à l’Iran est bien présent, par l’origine de la famille de la protagoniste, aucune scène du film ne se passe en Iran. La réalisatrice qui s’attaque (entre autre) à la vision préconçue que peuvent avoir certains occidentaux envers l’Iran, vise dès les premiers instants, savoureusement juste.

La réalisatrice qui s’attaque (entre autre) à la vision préconçue que peuvent avoir certains occidentaux envers l’Iran, vise dès les premiers instants, savoureusement juste.

Le film suit Shirin, jeune américaine, dans ses tribulations à Brooklyn. Elle a la trentaine, sort d’une relation lesbienne et se cherche entre pression familiale et avenir professionnel incertain. Desiree Akhavan, l’interprète du personnage central est aussi la réalisatrice-scénariste de cette comédie générationnelle  à la sauce indé, remarquée à Sundance l’an dernier. Cette touche-à-tout de 30 ans, qui n’en est pas à son premier film, a récemment été aperçue dans la série Girls. Son film est dans la même veine que la série. Il s’attache à peindre une génération traversant de multiples crises (identitaire, familiale, professionnelle) à l’aide d’un sens de l’humour révélateur. Juste, léger, et jouissif !

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L’équipe du festival Des Images Aux Mots lors de l’inauguration du festival dans la salle des Illustres du Capitole

Des courts-métrages en partenariat avec le festival Ciné Latino

Après Brooklyn et cette excellente surprise, on s’est rendu à la projection d’un programme de courts métrages, fruit d’un partenariat avec le festival Ciné Latino. Direction l’Utopia en ce dimanche 8 février où l’équipe du festival nous attendait avec un programme tropical :

  • Carreteras (Denisse Quintero, Mexique, 2013, 10mn) : « Carmela mène une vie tranquille avec son grand-père jusqu’à ce qu’Abril vienne chambouler leur quotidien »
    Notre avis : une ode à la jeunesse, à la découverte et au voyage. Les routes du Mexique on l’aire bien plus chaude que celles de l’ouest américain, surtout quand les corps se roulent en boule au bords des lacs.
  • Koka : (Ricky Mastro, Brésil, 2011, 5mn) : « Koka nous parle de la vie et de sa mère ».
    Notre avis : Une personnalité hors carcan que le réalisateur Ricky mastro prend plaisir à nous livré dans un état brut.
  • Antes de Palavras (Diego Carvalho Sa, Brésil, 2013, 14mn)
    Un trio animé par une curiosité naïve, des hasards et des sentiments naissants.
    Notre avis : la maladresse curieuse de ces lycéens agit comme un ressort d’attachement efficace sur le spectateur, tout autant que la forme de ce court qui consiste en une juxctaposition des points de vue des trois personnages.
  • Bajo el ultimo techo (Edgar A. Romero, Mexique, 2013, 12mn)
    « Beto, 9 ans, et vivant avec ses grands-parents, voit son quotidien changer lorsqu’il fait la rencontre de sa voisine Stephany »
    Notre avis : Dans la cage d’escalier d’un viel immeuble mexicain, lumineuse et féerique une histoire d’amitié quasi imaginaire va égayer les après midi sans fin de Beto.
  • Rotulo (Felipe Cabral, Brésil, 2013, 11mn)
    Carol et Fernando se réveillent dans le même lit après une folle nuit. S’en suit une conversation animée sur leurs vies sexuelles. Gay, lesbienne, bisexuelle, hétéro ? Qui sont-ils vraiment ?
    Notre avis : Une discution endiablée et profonde au reveil, avec la geule de bois, on peut dire que les protagonistes s’en tire très très bien.
  • O Pacote (Rafael Aidar, Brésil, 2013 18mn)  : dans la banlieue de São Paulo, Leandro fréquente une nouvelle école où il rencontre Jefferson, avec lequel il formera rapidement un couple.
    Notre avis : Un mélodrame entier qui tient de justesse dans son format. Joie, colère, apaisement, on passe par tout ces états sans s’en apercevoir en seulement 18 minutes.

Du Mexique au Brésil, les Sud-Américains sont donc à l’honneur pour la journée de clôture du festival des Images Aux Mots, ce qui aiguise notre appétit cinématographique avant l’ouverture du festival de cinéma d’Amérique Latine le mois prochain. « Cette séance en partenariat avec Cinélatino est une idée des co-présidents de notre festival qui sont en lien avec certains membres de l’équipe de Cinélatino, c’est avant tout  un souhait de proposer une programmation en collaboration avec un festival ami », nous confie encore Solenne, chargée de la programmation des courts-métrages.

Cette collaboration découle de la volonté de l’équipe du festival Des Images Aux Mots de « proposer des représentations variées ne pas mettre en avant seulement une vision Européenne-américaine, généralement blanche… » 

Juste avant de tourner cette page colorée, on se devait de passer au cocktail de clôture du festival au Limelight dimanche soir. L’ ambiance est au disco kitch, les spots et les boules à facettes sont aux rendez vous.

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Cocktail de clôture du festival au Limelight avec les Diams Bond Girls

Au travers de la fumée articielle les Diams Bond Girls font admirer leurs silhouettes et leurs parures. On retrouve Solenne au milieu de l’attroupement : « L’édition s’est bien passée« . Même si du côté de l’organisation on espère attirer encore plus de nouveaux spectateurs, l’équipe des Images Aux Mots peine encore a attirer la jeune communauté LGBT toulousaine. Moment fort de la soirée les organisateurs dévoilent le palmarès. On nous annonce un Cru 2015 « particulièrement bon« .

  • Le prix du jury est décerné à « Je suis à toi«  de David Lambert. Il s’agit du deuxième long métrage du réalisateur belge après Hors les Murs remarqué lors de sa sortie et notamment sélectionné à la semaine de la critique à Cannes en 2012.
  • Le prix du public a lui été décerné à « The Circle« , docudrame de Stephan Haup qui traite de la première organisation dévouée aux droits des homosexuels en Suisse durant les années cinquante. The Circle a été choisi par la Suisse pour les représenter à la compétition des Oscars !

Les votes étaient extrêmement serrés, parait-il. Le jury et les publics on eu du mal à se décider. Reaching for the Moon était également tout proche de la récompense du prix du public tout comme Au premier regard autre bonne surprise !

Comme chaque année, le festival se prolonge en région jusqu’au 6 mars avec des films programmés à Rodez, au Rex de Blagnac, ou encore à Ramonville. On ne peut que vous conseiller de vous laisser tenter par la programmation en région, en attendant bien sûr la prochaine édition du festival Des Images Aux Mots.

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Paul Thiry

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