TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESSyriza : la soirée électorale grecque avec les communistes de Toulouse

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

A l’occasion des élections législatives grecques, les militants communistes de Toulouse se sont retrouvés au Kaliméra, à Arnaud Bernard, pour suivre la victoire de Syriza en direct. Suivez nous pour une plongée en territoire bolchévique.

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© Paul Conge

 A l’origine de ce rassemblement, un événement facebook posté sur la page de la section Toulouse Centre du Parti Communiste Francais. On débarque au Kalimera, à proximité d’Arnaud B. vers 18 heures. Kostas, le gérant du bar nous accueille chaleureusement à grand renfort d’apostrophes, du style « installez vous camarades! » Normal. On s’installe discrètement, et on commence à analyser l’environnement afin d’obtenir des informations sur la population locale.

L’ambiance détendue nous contamine, et notre réserve mécanique provoquée par toutes manifestations de franche camaraderie s’inhibe peu à peu.

Au bar, les premières estimations sont déjà tombées. La victoire de Syriza, parti de coalition de gauche radicale, est acquise. Son score plafonne à 39,5%, selon les estimations basées sur l’avancement du dépouillement. Syriza bénéficierait d’une avance de dix points sur son concurrent, le parti conservateur Nouvelle Démocratie.

Au-dessus du comptoir, la télé diffuse le live de BFMTV. Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de Gauche, qui est un allié du parti dirigé par Alexis Tsipras,  savoure une victoire qu’il considère comme sienne. Jean-Luc, plutôt jouasse, est face à un chroniqueur de la chaîne BFM Business. L’argumentaire déployé par les deux orateurs nous parvient par bribes, tant les discutions autour de nous sont intenses. « Au bûcher social-traître! » lance non sans ironie un militant en direction du téléviseur. Des rires éclatent dans le bar. Les communistes célèbrent dans la retenue une victoire attendue.

© Paul Conge
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« Un embryon d’espoir pour l’Europe »

Pour Théo, 23 ans, l’arrivée au pouvoir d’un parti de gauche rejetant les politiques d’austérité est une « première victoire » en attendant d’autres qui suivront peut être.  Tout en nous rappelant, prudent, que la victoire du parti Alexis Tsipras n’était « pas encore officielle ».

A 19 heures, l’officialisation des résultats est sur le point de tomber. Pas d’explosion de joie comme on pourrait voir sur les images en direct d’Athènes. On ne connait pas l’ampleur de la victoire, toujours pas de réponse sur la possible majorité absolue obtenue par Syriza au parlement.

151, c’est le nombre de sièges qu’il faut au parti de  Tsipras pour manœuvrer les mains libres au parlement. Thalia, adhérente aux Jeunes Communistes, déclare en souriant « on est content, vraiment content. Cette victoire représente un embryon d’espoir ». Pour cette étudiante en master de sciences politiques, c’est l’unité qui a fait la force de Syriza. Et la gauche française aurait tout intérêt à s’en inspirer.

© PC
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« Ne plus suivre les diktats imposés par la troïka »

La densité de population au mètre carré de ce petit bar approche la saturation. Kostas, au four et au moulin ne boude pas son plaisir : après les tapas à base de feta pour nous rapprocher un peu plus du peuple grec, le patron du Kalimera régale l’assemblée avec du poulet rôti. Générosité communiste.

Théo, étudiant en master d’histoire et adhérant depuis 2009 au PC et au JC, sait que le plus dur commence pour le parti de gauche grec. « La victoire cache des dangers », notamment celui de la scission du parti composé des plusieurs courants. Théo se montre aussi dubitatif  sur la capacité de la bande de Tsipras à mettre en œuvre leur programme. « Leur programme est clair. Les mesures proposées traduisent une volonté de ne plus suivre les diktats imposés par la troïka ».

Les Jeunes communistes, qui sont  attentifs aux situations économiques, sociales, et politique de leurs voisins européens, mènent aussi des luttes concrètes à l’échelle locale comme le souligne Théo. À Toulouse, ils se positionnent notamment  pour « défense du planning familiale ou contre la privatisation de Tisseo».  Ce soir c’est aussi « l’occasion de se retrouver » pour célébrer la victoire de l’expression populaire. Pour lui, Syriza aux commandes du gouvernement grec représente clairement un « Renouveau démocratique».

© Paul Conge
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Une nouvelle voie qui s’offre à la Grèce

Au fil des conversations, on finit par nous aiguiller vers Boris, membre du comité exécutif de la direction départementale du parti. « Personnellement je ne pense pas que la victoire de Syriza se traduira par l’avènement du socialisme en Europe », informe-t-il, réaliste.

La présence ce soir de militants témoigne de leur « solidarité avec le peuple grec », symbole de la crise européenne au même titre que le peuple d’Espagne ou du Portugal. « On travaille avec eux » et avec les formation politiques de la gauche radicale européennes. Boris affiche son espoir de voir se créer à l’échelle européenne un élan progressiste dans le sillage de la dynamique Syriza. Boris fait remarquer qu’au PCF « ça fait des années qu’on travaille avec Tsipras», notamment au sein du Parti de la gauche européenne.

© PC
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Pas de grand soir pour les militants communistes qui optent plutôt pour un enthousiasme calme. Cette «bonne nouvelle» est une occasion de se rassembler en ce dimanche de janvier. La volonté du peuple grec d’en finir avec l’austérité et de retrouver sa souveraineté a parlé. «C’est un début, une nouvelle voie qui s’offre à la Grèce et tous attendent des réalisations concrètes».

Jusqu’en France, les attentes se font pesantes sur le futur gouvernement grec, qui a quelques jours pour se constituer. Après les avoir titillé sur leurs rapports peu confraternels avec les trotskistes, nous laissons nos camarades communistes continuer leur soirée.

Nous sortons agréablement surpris par l’accueil qui nous a été réservé à nous, journaleux. Avec la nouvelle politique de la Banque Centrale Européenne, la renaissance du président Hollande et l’élection de Syriza au parlement grec, on mise sur un retour de hype de la faucille et du marteau cette année. Pas vous ?

Cet article a été publié il y a 7 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Paul Thiry

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