TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLes « Waiting Room » à Toulouse, nouvelles soirées underground branchouilles

VIDÉO. Une fois par mois, l’association La Petite s’approprie des lieux inattendus à travers Toulouse pour y faire jouer des artistes de la scène émergente. Club éphémère, « odyssée urbaine », la 7e édition de ces curieuses soirées a eu lieu en novembre à la Chapelle des Carmélites. Reportage.

Vidéo © Anais Cabandé/Aparté

Devant la Chapelle des Carmélites, le soir du 12 novembre, une longue file bigarée prend son mal en patience sur le trottoir. La salle se remplit au goutte-à-goutte. Sur les marches, dans la cour, les spectateurs s’enquillent des bières artisanales dans des éco-cups, fument une dernière cigarette avant l’entame. Point de rencard d’un certain milieu branchouille toulousain en mal de bons plans alternatifs, les soirées « Waiting Room » de La Petite qui ont lieu chaque mois brassent un public fait de sociotypes en tout genre. Hipsters, bohèmes, métrosexuels, esthètes moins catégoriques — ce qui est une qualité — et autres moustacho-barbus curieux des « urbanités musicales » agrémentent la foule stylisée qui, ce jour-là, attend le vacarme électronique à venir.

À quelques pas de l’entrée, le foodtruck des Mecs au Camion exhale des odeurs de friture et de burgers artisanaux bien dégoulinants.

De l’électro dans la paroisse

Quand la Chapelle prend vie avec le premier set de DJ Cold (Electro Alternativ), façon minimale berlinoise, il faut s’imaginer la musique qui déferle dans la nef haute de 12 mètres, les flashs épileptiques qui rebondissent frénétiquement sur les peintures murales et les ogives. Les tableaux de Jean-Baptise Despax seraient-ils réceptifs à la musique électronique ? Grave question, à laquelle on n’aura guère le temps de répondre avant l’arrivée de Qoso, DJ parisien, qui balance ses sons robotisés et claquements électroniques par saccades — une performance filmée en caméra 360 degrés, visionnable ici. Pris d’un même balancement, le public plonge sans efforts dans ce moment expérientiel. Les platines du XXIe siècle donnent au vieux bâtiment inauguré en 1643 une teinte nouvelle.

Ceux qui n’ont jamais assisté aux Waiting Room trouveront la première expérience assez spectaculaire, au moins déboussolante. En principe, ces soirées éphémères d’un nouveau genre s’attachent à investir des lieux inusités pour y injecter de gros shots de culture alternative et de « créations urbaines et musicales innovantes », décrit Emily Lecourtois, directrice de l’association, ce qui par le contraste ne manque pas de venir chatouiller la fibre esthétique du spectateur.

« À Toulouse, beaucoup de lieux sont possiblement exploitables : des Eglises, du patrimoine… Ça peut vite être compliqué d’obtenir des autorisations pour ces soirées éphémères, surtout pour un lieu privé comme le parking Victor Hugo, où on aimerait bien faire quelque chose. Mais la Chapelle (des Carmélites), pour la 4e fois, la municipalité nous a donné l’accord, parce qu’on vient aussi pour valoriser ce patrimoine », explique Emily. Se rappelle ainsi à notre souvenir le lointain 1er festival des Croisées Créatives d’Aparté, qui avait à l’époque investi l’endroit.

La Petite, association à 4 salariés et trois volontaires civiques, tient par ces soirées à concept à « jouer avec la proximité avec les artistes, sur le côté très frontal, à inciter les artistes à se mélanger avec le public ». Sur le dancefloor éphémère, on se remue effectivement les membres locomoteurs  à moins de 3 mètres des platines.

La soirée s’est terminée à 23 heures, et s’est poursuivie en after au Connexion, rue Gabriel Péri.

Pour tenter l’expérience, on vous donne rendez-vous à la prochaine Waiting Room, la  » numéro 8 « , qui sévit ce mercredi 17 décembre au Lieu-Commun (dont on vous racontait les mésaventures ici).

The Waiting Room #8 
Lieu-Commun
Mercredi 17 décembre
19h30

Article rédigé par Paul Conge

Rédac' chef du webzine. Je promène mon objectif du côté des minorités, des dérives policières et des anars de tout poil.

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