TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESOn y était : le festival des inRocks à Toulouse

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

On s’est rendu à la 2e soirée de  l’étape toulousaine du festival des Inrocks, mardi 18 novembre, pour la 24e édition organisée par le fameux magazine musical. La tournée en France (qui a cette année débuté en Angleterre) a fait étape au Bikini en 3 dates. Ce jour, quatre groupes au programme : The Acid, Nick Mulvey, Asgeir et Baxter Dury. Au menu de cet article :

  • le report de la soirée
  • la sociologie du public « inRockuptible »
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Asgeir © Anais Cabandé/Aparté

Le magazine est une institution. Créé dans les années 80 avec pour ambition de donner un relais aux talents issus de la vague britannique, « les inRocks » organise depuis 1990 un festival musical centré sur Paris et délocalisé dans quelques villes françaises. Cette année, en plus de Paris et de Londres (grande nouveauté de cette édition) la tournée est passée par  Nantes, Lille, Lyon, Toulouse, Tourcoing, et Strasbourg. Nous nous sommes rendu au bikini ce mardi 18 novembre pour assister a la dernière soirée du festival.

Nick Mulvey, le calme avant la tempête

Lorsqu’on arrive dans la salle du Bikini au bout de la ligne du métro, mardi 18 novembre, la soirée a commencé : le groupe The Acid a livré son set, et c’est l’anglais Nick Mulvey qui est présent sur scène au moment où nous franchissons la porte d’entrée. Ce songwriter anglais, dont le premier album First Mind est sorti cette année, livre ses ballades pop folk. Ça commence doucement  au chant et à  la guitare sèche. Puis, il est rejoint par ses musiciens installés en chorale autour de lui. Avec eux, on passe progressivement  de l’intimisme à la communion. Morceaux après morceaux cette structure progressive semble se répéter. 

Nick Mulvey intègre dans ses chansons des sonorités hybrides, issues de ses nombreux voyages. Le registre est celui de la feel good song comme en témoignent les invectives, « common » ou « open your mind« , extraites de ses refrains, qu’il adresse au public. Une partie de la salle se laisse gagner par la progression des morceaux  en réagissant par des mouvements de têtes, les yeux fermés… L’ensemble n’est pas désagréable mais on n’en ressort pas bouleversé. Clôture du set par le tube Curucucu titre qui n’a, par ailleurs, aucun lien avec le Slovakistan.

Sociologie d’une salle de concert

On profite du battement entre deux concerts pour improviser une petite enquête sociologique avec, pour terrain d’étude, la terrasse du Bikini. Cette initiative fait suite à un questionnement foisonnant qui nous travaillait alors : qui sont ces gens qui se sont regroupés ce soir ? Qu’est ce qui les a motivé à venir et, pour finir, sont ils heureux de la prestation offerte par les artistes de la soirée ? Nous avons évidemment choisi la méthode qualitative, chère à l’Ecole de Chicago, pour mener notre enquête.

# Nicolas, relations presse et « un peu déçu »

Le premier témoin de notre échantillon s’appelle Nicolas, 37 ans. Il travaille dans les relations presse, et est un membre du tissu associatif toulousain. Il avoue être « un peu déçu » par le concert qu’il vient de voir : ce connaisseur a été « gêné par les sonorités trop métalliques des guitares » et ajoute qu’il a trouvé que les musiciens qui accompagnent Nick Mulvey « n’apportent pas grand chose à l’ensemble ». Ce qui a éveillé la curiosité de Nicolas et l’a poussé a venir ce soir? La présence de Baxter Dury dans la programmation.

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Le genou de Claire © Anais Cabané/Aparté

#Leslie, la richesse de la prog’

Leslie, 40 ans, a elle été enchantée par le concert qui vient tout juste de se terminer. Elle connaissait déjà Nick Mulvey et a bien aimé le côté « dansant et positif » de sa prestation. C’est « l’affiche de la soirée » qui l’a attirée au Bikini ce soir. En effet elle aime et suit trois groupes programmés ce soir : Asgeir, Nick Mulvey, et Baxter Dury. De ses mots, c’est « la richesse de la programmation » qui a motivé son geste.

# Camille et Thomas, délectés

Si Camille (20 ans) et Thomas (21 ans) sont présents, c’est avant tout pour assister à l’étape toulousaine du Festival Inrocks Phillips. Ils ne connaissaient pas plus que ça les artistes programmés à l’exception d’Asgeir. Le calme et l’ambiance détente de la soirée s’accordent à leurs attentes. Ils se sont délectés de la légèreté de Nick Mulvey et sont très enthousiastes à propos de The Acid, leur bonne surprise de la soirée. Ces deux étudiants, qui ont aussi fait la soirée de la veille, « plus rock », sont impatients de voir le  jeune islandais Asgeir se produire sur scène.

# Amandine, amuse-bouche

Ce qui plait  à Amandine (25 ans), c’est le « calme planant » qui ressort après ces deux concerts. C’est « pas mal pour l’instant » nous confie cette fan d’Asgeir, nous laissant comprendre qu’elle envisageait cette première partie de soirée comme un amuse bouche avant la prestation de son musicien favori.

#Daniel, ça repart

Daniel, 61 ans, est définitivement venu pour saisir  l’occasion de voir Baxter Dury sur scène. Il a « préféré » Nick Muvey à The Acid et se dépêche de nous répondre car les musiciens du groupe suivant sont en train de monter sur scène.

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The good lad © Anais Cabandé/Aparté

Baxter Dury : pleasure pleasure pleasure

Selon le principe des vases communicants, les fumeurs-buveurs désertent progressivement la terrasse pour s’agglutiner devant la scène. La raison de ce phénomènes : l’arrivé de Baxter Dury. Dès son entrée, il donne le ton. Vêtu de  sont costume cravate (« acheté à 5 pounds sur Portobello Road »), il pénètre sur scène sobrement installé sur un cygne gonflable géant et affiche sa désinvolture caractéristique. Les musiciens et les choristes sont déja en place et les applaudissement et autres effusions de joie éclatent dans la salle.

On avait pas eu de nouvelles du crooner anglais depuis 2011 et la sortie de son troisième album Happy Soup. Et, à juger des applaudissement et des cris de fanatiques, l’attente a été douloureuse. Baxter Dury le sait et s’en amuse nonchalamment. Il vacille avec flegme sur la scène, joue avec son micro, glisse un mot à l’oreille d’une de ses choristse et met un (gentil) coup de pied à son bassiste. Et la liste de ses diableries jouissives est loin d’être exhaustive.

Il commence son set avec Isabel (Happy Soup). L’évocation de cette Isabel endormie nous replonge dans l’univers disco-soul de son troisième album et ravive en nous des souvenirs pas si enfouis que ça. Il enchaîne avec Pleasure un des tubes de l’album presque éponyme It’s a pleasure (2014)  pour passer à Claire, titre sexy ou la voie plaintive du crooner se mêler à la légèreté de la mélodie et aux envolés fragiles des choristes.

Baxter Dury se délecte et poursuit son show de clownerie, profitant des espaces entre deux morceaux pour  jeter des « coins of love » aux ladies présentes. Après vérification, elles se sont révélées être de vulgaires pièces en chocolat. Ensuite, il s’attaque à la monture sur laquelle il était entré plus tôt sur scène, saisit le cygne géant par le cou et le balance au-dessus des têtes des spectateurs. Après une visite éclair des lieux, le cygne est appréhendé par un membre du personnel organisateur, et disparaît dans les coulisses.

Suivent les titres Leak at the disco, Afternoon, Palm Trees. Son Lips langoureux et séducteur contamine la salle, envoûtée par le charme gouailleur du cockney. Le voyage nous ballade de la moiteur de Lisbonne en été, à un bar glauque de Londres, en passant par une plage bordée de palmiers. De manière assez habile, il interprète des titres issus de ses deux derniers albums, ceux qui  lui ont permit d’atteindre le succès commercial.

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Baxter Dury © Anais Cabandé

Notre verdict

Comme les spectateurs autour de nous, on a été happés par le show, et on se retrouve à se dandiner sans retenue, totalement désinhibé par la folie du moment, les riffs, les mélodies, les chœurs et  par la fureur du batteur. Avant de clôturer son concert en douceur par le précieux The Sun, l’anglais fait un dernier détour par son deuxième album Floor show (2005) avec Cocaine man ode mélancolique à la nuit et à ses excès dans un style spoken et détaché. Les musiciens nous entraînent dans une derrière furie électrique dont on ne se remettra que plusieurs heures plus tard.

Bien que la soirée est déjà très avancée, on assiste aux premières minutes du concert d’Asgeir, qui clôt cette 24e édition du Festival Les Inrocks. L’électro folk de l’islandais de 22 nous parvient à peine que nous devons déjà nous précipiter pour tenter d’attraper le denier métro, en vain. Si nous n’avons pas eu la possibilité d’aboutir a des résultats significatifs suite a notre enquête réalisée plus tôt dans la soirée. nous repartons du bikini avec  des mélodies et des souvenirs plein la tête.

> Arpentez aussi notre portfolio tout chaud des deux soirées du festival.

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Paul Thiry

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