TEMPS DE LECTURE : 7 MINUTESOn a testé pour vous: Roller Derby Toulouse, à la recherche des nouvelles Fresh Meats

Ceux qui ont vu Bliss, le film de Drew Barrymore, ont déjà une idée un peu idéalisée du contenu de cet article. Pour les autres, la rédaction d’Aparté a assisté pendant toute une journée au recrutement des nouveaux membres de l’association de Roller Derby toulousaine, un sport de contact à roulettes tout droit venu des États-Unis.

(c) Florent Lagasse
(c) Florent Lagasse

7 heures et quelques minutes, le réveil sonne alors qu’on est samedi. Un bus en direction de l’inconnu plus tard, nous voici… au milieu de nulle part. Aucun gymnase en vue. Comme prévu, juste du grillage, des arbres et un arrêt de bus desservi toutes les demi-heures. On est en train de se demander ce qui nous a pris de nous lever si tôt pour Aparté quand on s’aperçoit qu’on ne suis pas seuls à chercher notre chemin. Deux jeunes femmes très courageuses – ou inconscientes, allez savoir – et chargées de leurs affaires de sport cherchent la même chose que nous.

Finalement le gymnase est bien là, caché au bout d’un chemin que nous sommes visiblement les dernières à avoir trouvé vu la petite troupe qui attend déjà devant. Aussi motivés que si on allait nous-même enfiler des quads – ou patins à roulettes – on s’assoit parmi les vraies sportives et faisons connaissance pendant qu’on leur prête du matériel pour la journée.

Un sport pas si nouveau aux accents féministes

La distribution achevée, on rentre doucement dans le vif du sujet avec une présentation de l’association Roller Derby Toulouse et le sport un peu méconnu qu’elle propose de pratiquer.

Le roller derby donc, si vous avez bien suivi.

La discipline est née dans les années 1930 aux États-Unis avant d’arriver en France une dizaine d’années plus tard. On parle à l’époque de « Roller Catch » et il s’agit de courses de relais, en équipes mixtes, qui se déroulent pendant plusieurs jours sur une grande piste incurvée et couvrent entre 3000 et 4000 kilomètres (la course, pas la piste…). Aucun zéro n’est de trop ici et ces courses démesurément longues avaient un grand succès à l’époque.

Mais comme pour un Grand Prix de Formule 1, le plus intéressant, c’est la fin.

Les matchs sont donc raccourcis dans les années 1950, puis finissent par sombrer peu à peu dans l’oubli à force de se transformer en mauvais spectacles de catch sur roues. Dans les années 2000, un promoteur de cirque ambitieux relance le sport avec une équipe féminine à Austin, Texas. Puisqu’il n’a pas vraiment l’air d’avoir retenu la leçon « le derby spectacle, c’est mal », il échoue. Mais, bien décidée à ne pas ôter ses quads, l’équipe formée à cette occasion reprend le flambeau et relance le sport tel qu’on le connaît aujourd’hui.

(c) Florent Lagasse
(c) Florent Lagasse

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En France, Roller Derby Toulouse est l’une des toutes premières associations de roller derby. En 2010, 3 clubs réunissaient 80 adeptes dans tous le pays. Aujourd’hui avec 80 clubs et 3000 licenciés a la Fédération Francaise de Roller Sport, le sport commence doucement à se faire connaître.

Puisqu’il a été relancé par une équipe féminine, ce sport reste majoritairement pratiqué par des femmes et certains clubs ne sont pas mixtes. Ce n’est pas le cas de Roller Derby Toulouse, qui met un point d’honneur depuis sa création à le rester. Leur équipe masculine, les Quads Guards, a d’ailleurs été championne d’Europe l’année dernière et 4ème cette année. Leur équipe féminine, les Nothing Toulouse sont classées au Top 10 européen.

Ça n’a l’air d’avoir aucun sens comme ça, mais certains y arrivent très bien

Parce que l’association compte 6 équipes féminines, 2 masculines, qu’un match doit réunir 18 arbitres et qu’il lui faut assez de fonds pour continuer à proposer un tarif d’inscription bien moins cher que la moyenne tout en fonctionnant correctement (entre autres), la pratique de ce sport est plus un mode de vie qu’un simple hobby. Chacun doit s’engager dans l’association au-delà des entraînements, et c’est aussi pour tester leur motivation qu’une trentaine de filles et deux garçons s’apprêtent à souffrir dans la bonne humeur toute la journée.

Un sport qui se mérite

On vous arrête tout de suite : en roller derby, les patins c’est chouette mais ça se mérite. Avant de pouvoir enfiler leurs roulettes, les aspirants Fresh Meat – membres de l’association qui apprennent le derby – vont devoir commencer par souffrir en baskets.

Chacun se colle un numéro sur le bras et c’est parti pour environ 2 heures d’exercices divers et variés pour tester l’endurance et la résistance. Courir, sauter, sprinter, gainer, tenir sur un pied… Tout est observé par les entraîneurs qui ne lâcheront pas leurs fiches et leur stylo de la journée. Tout le monde a l’air de bien s’en sortir, mais ce n’est que le début et on commence déjà à avoir mal aux jambes pour eux quand, vers midi, les épreuves se poursuivent sur patins.

Le moment tant attendu est donc arrivé, une paire de quads, des protections et un casque plus tard, tout le monde s’élance de manière plus ou moins assurée pour les premiers exercices. Le premier, les croisés, consiste à tourner en rond et a tenter de passer une jambe devant l’autre dans le virage. Ça n’a l’air d’avoir aucun sens comme ça, mais certains y arrivent très bien et on devine tout de suite qui a l’habitude des patins. L’aisance des plus expérimentés et la motivation des novices donne très envie d’essayer même si les regarder donne vite le tournis et que c’est à ce moment là que l’unique blessée de la journée doit repartir chez elle.

(c) Florent Lagasse
(c) Florent Lagasse

Les exercices s’enchaînent, il faut savoir freiner, tomber ou accélérer, encore une fois, ça fait un peu peur mais ça donne envie d’aller s’élancer aussi. Cependant, notre estomac qui gronde alors qu’on vient de passer la matinée les fesses sur un banc avec un numéro de Roller Derby Magazine sur les genoux nous fait prendre conscience qu’on serait sûrement bien avisées de s’entraîner un peu toutes seules avant de se lancer pour de vrai.

Après un court déjeuner au soleil bien mérité, retour au gymnase pour une première explication des règles du jeu. Comme elles tiennent sur 60 pages, dont une 20 ou 30aine d’exceptions, on va s’abstenir de vous retranscrire nos notes ici.

Pour ne pas vous faire peur et montrer à quel point ce sport est chouette, voici plutôt une vidéo des Nothing Toulouse (la première équipe féminine de la ville pour ceux qui lisent en diagonale, en bleu) en action :

Sans transition, les futurs Fresh Meat se retrouvent à faire des tours de stade en plein soleil avant d’enfiler à nouveau les patins pour des jeux en équipe. Le rythme est tout à fait effarant vu depuis une chaise, mais personne ne se plaint, ne s’arrête ou même n’arrête de sourire. On constate même que celles qui semblaient avoir le plus de mal au début de la journée sont de plus en plus à l’aise et semblent ne pas vraiment voir le temps passer.

Malheureusement, on n’aura pas le temps de voir si ils arrivent tous encore à marcher à la fin de la journée car on court partout pour Aparté ce week-end là. On vous invite donc à découvrir le point de vue des désormais Fresh Meat de Roller Derby Toulouse sur le site de l’association : ici, ici et .

>> Rendez-vous sur la page Facebook de l’association pour les dates de match.

Article rédigé par Victoria Bach

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