TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESQui sont les étudiants du Mirail qui demandent la dissolution de la BAC ?

Jeudi, la faculté sera bloquée. De l’autre côté du périph’, l’UT2J (pour Université Toulouse-II Jean Jaurès) est en effet touchée par une ébullition politique marquée à gauche.  Sous le slogan « Caseneuve, démission », se cache une mosaïque de traditions militantes. Ce rassemblement reprend son impulsion suite aux répressions policières au Testet, après la mort de l’écologiste Rémi Fraisse.

© Nathalie Saint-Affre
© Nathalie Saint-Affre

À la faculté Jean-Jaurès, jeudi 13 novembre, l’Assemblée Générale qui a décidé d’un blocus de l’université ce jeudi, a réuni environ 1200 personnes d’après les participants, remplissant complètement l’un des plus grands amphithéâtres de l’université dont la capacité est estimée à 688 places. Nombreuses revendications à la clé : les militants dénoncent la baisse de dotation des budgets qui pénalise l’enseignement, et refusent la sélection à l’entrée de l’université. Échaudés par la mort de Rémi Fraisse, ils s’opposent au barrage de Sivens, condamnent les violences policières qui ont eu cours, et demandent… la dissolution de la BAC.

Cette demande de dissolution fait écho à une affaire très médiatisée : la mort de Malik Oussekine, en 1986, liée à des violences policières lors de manifestations contre une réforme universitaire. L’incident avait poussé le ministre en charge de la réforme de démissionner, et a abouti à la dissolution des « voltigeurs », des binômes à moto missionnés de « nettoyer » les rues après les manifestations.

Divergences

Pourtant, au Mirail, les organisateurs font face à une certaine dépolitisation des étudiants, qui semblent de moins en moins concernés par les luttes menées. Certains divergences internes éparpillent aussi le mouvement. Quelques uns même semblent défavorables au blocus, au risque d’agacer les étudiants, tandis que d’autre surlignent que l’attente essoufflera l’initiative.

Ces groupes se manifestent sous l’égide d’un comité de mobilisations, classique des mouvements étudiants, qui est un organe exécutif qui répartit les tâches entre différentes commissions constituées d’étudiants (stratégies de mobilisations, diffusion de l’information et mise en relation avec d’autres mouvements).

« Du fric pour les facs, pas pour les flics ni pour l’armée ! »

On y retrouve les principales organisations partisanes et syndicales (Unef, Nouveau Parti Anticapitaliste, Union des Étudiants Communistes), qui dénoncent inlassablement des conditions d’études difficiles, le désengagement de l’Etat et des affectations budgétaires dérisoires. Autour de ce noyau s’organisent syndiqués et sympathisants, auquel se greffent rapidement de nouvelles formes de mobilisations résolument tournées vers les questions environnementales.

Malgré des dissensions, tous dénoncent la précarisation étudiantes et les logiques de privatisation à l’œuvre à l’université.

10816044_10152466977849856_1018955160_nÀ cela s’ajoute une nébuleuse d’organisations, peu clairement identifiées, qui s’opposent à ce qu’ils appellent une « répression globale ». Leurs tracts et affiches fustigent la politique gouvernementale d’austérité, et dénoncent les violences policières.

Un certain sentiment de défaite, d’agacement lié aux échecs des dernières mobilisations les anime.

Être étudiants et acteurs politiques

L’AG de jeudi semble avoir changé les choses et bougé les lignes. Le nouveau mouvement communique fortement avec le personnel de l’université, autant enseignant qu’administratif. De nombreux professeurs ne se proclament pas en désaccord avec les revendications du Comité. Les enseignants militants, en nombre plus restreint, partagent même leurs idées.

Mais, comme en témoignent les partisans, l’avenir du mouvement est incertain. La diversité politique qu’elle brasse à sa base risque d’être la cause de sa chute. Le blocus de jeudi prochain sera un moyen de stopper le cours normal des choses. De prendre aussi le temps de s’organiser. Ils espèrent rassembler le plus de monde possible, pour rejoindre la manifestation nationale de l’après-midi, et sans empêcher les étudiants de rejoindre leurs cours et leurs obligations.

La réponse du président de Jean-Jaurès

En réponse aux perturbations prévues dans la journée du 20 novembre, le président de l’Université Toulouse – Jean Jaurès, Jean-Michel Minovez,  appelle au calme et  à la retenue. Dans son communiqué publié aujourd’hui, il dénonce le « désarroi croissant d’une partie des étudiants et des personnels », et « la précarité des universités ». Des pourparlers sont proposés avec les représentants pour apaiser les revendications.

 

Article rédigé par Brice

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