TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESGeohashing, Geocaching et autres aventures augmentées

L’aventurier moderne se doit d’allier la matière (salir ses grôles, tomber dans un fossé, manger du foin pour survivre) et le virtuel (se selfiser sur Instagram ou encore spammer Facebook avec ses exploits). Aparté a testé pour vous Geohashing et Geocaching, deux expériences alliant le réel et le connecté et qui vous permettront de faire un pas de plus vers ce troisième monde qu’est la réalité augmentée.

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L’histoire du Geohashing débute sur xkcd, un web-comic américain au graphisme simpliste qui propose en mai 2008 un algorithme permettant de générer une coordonnée géographique proche de la vôtre à partir d’une date et de la valeur de l’indice Dow Jones du jour.

Des lecteurs d’xkcd ont alors commencé à rejoindre ces fameuses positions et à conter leurs exploits (comme leurs échecs retentissants) sur le site de Geohashing. À chaque jour ses nouvelles coordonnées, avec un grand rendez-vous hebdomadaire fixé à 16h tous les samedis dans le monde entier.

Et comme c’est samedi et qu’il faut beau, nous décidons avec mes amis de partir pour une grande aventure.

43.605 – 1.100, un voyage inattendu

Le jour prévu, Geohashing lâche le point de rendez-vous : il se trouve en 43.605-1.100 soit au beau milieu de la Route de Toulouse à l’Isle-Jourdain (gentilé : Lislois, Lisloises. Avec Aparté.com, tu te coucheras moins con). Ça tombe bien on a un truc là-bas à 18h on aime les coins exotiques.

Une petite trotte
Une petite trotte

Nous prenons la route, trépignants d’excitation à l’idée de toutes ces connaissances que nous allons faire, de cette grande communauté dans laquelle nous allons bientôt rentrer. Nous sommes beaux comme des héros voguant vers leur glorieux destin, le regard assuré et fier, le port altier.

Fail

À l’arrivée, ce ne fut pas intense. Il n’y eut ni tambours ni trompettes. Il n’y eut personne à part nous. Ce n’était qu’une départementale, entre une zone pavillonnaire, une friche industrielle déserte et le Lidl. Grande déception. Fiers comme des hommes, nous pleurions comme des enfants.

Jusqu’à ce que l’aventure frappe à nouveau à notre porte.

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Voilà voilà

 

/// Geocaching, comment faire peur aux honnêtes gens

Une amie  propose alors de jouer à Geocaching. Le principe est simple : des gens s’amusent à cacher des boites contenant de petits objets un peu partout dans le monde et laissent sur Internet quelques menus indices permettant de les retrouver.

Du côté de L’Isle-Jourdain, ça parle d’un trésor dans un parc près d’un château. Futés comme des castors juniors, mes amis ont déjà flairé l’endroit et nous voilà en train de retourner un jardin public pour y trouver une hypothétique boite.

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D’intenses recherches

Alors que les paisibles quidams nous regardent d’un air interrogateur, nous trouvons sur Internet la position GPS précise du trésor. C’est un banc, et c’est le seul que nous n’avons pas encore ausculté. C’est bien normal, une vieille dame y trône fièrement. Elle fait ses mots-fléchés et n’a pas l’air d’avoir fini sa docte activité de sitôt.

Tous les subterfuges sont bons pour obtenir un indice de la présence de la boîte dans sa proximité. L’un de nous fait semblant de dormir sur le banc d’en face afin d’avoir un nouvel angle de vue sur la cible. Je prends des photos à la dérobée. Nous n’en tirons rien, et personne n’ose aller demander à la vieille dame — de plus en plus méfiante et renfrognée — si l’on peut regarder sous ses fesses.

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« Vas-y Madame, bouge s’il te plait »

« 

On doute, mais notre amie est certaine que la boite est là. Les autres n’osent trop rien dire. C’est la crise, et l’unité du groupe est menacée.

Afin de sauver ce qu’il reste de notre amitié, on se propose de pratiquer tous ensemble la Slackline (un jeu pour les êtres à la croisée du singe et du hippie) en buvant des bières. Nous rions, c’est la joie, et tout est oublié ou presque.

Soudain, on se rend compte que la dame (à l’âge respectable) a quitté son banc. On se précipite alors vers le lieu de tous nos espoirs, l’examinons sous tous les angles, tapotons toute la structure du mobilier municipal. Le trésor doit bien se trouver là, vu que l’on a retourné le reste de ce putain de square au moins trois fois et que l’on n’a rien trouvé.

Au comble de l’agitation, on se met à renifler la terre, à creuser de nos mains nues. Rien, toujours rien. Nos yeux sont humides, on a un gout amer dans la bouche, on veut tout abandonner.

Soudain, je sens une main chaude sur mon épaule, presque réconfortante. C’est un employé municipal qui voudrait bien que l’on arrête nos conneries.

La mort dans l’âme, nous rangeons les bières, la slackline et regagnons nos pénates.

Une bien belle leçon de vie

Quels enseignements tirer de cette expérience ? On l’avoue, on avait bien vu sur le site communautaire de Geohashing qu’une seule personne en tout et pour tout avait déjà réalisé une expédition dans la zone de Toulouse. Mais à l’heure où les vieilles dames qui squattent les bancs publics diraient qu’avec tout ces machins portables les jeunes n’ont plus d’imagination, Geohasing et Geocaching impulseront une aventure à la hauteur de ce que vous en ferez.

Cette vieille dame sur un banc deviendra alors un féroce dragon gardant son trésor, et le milieu d’une départementale entre le Lidl et la zone industrielle sera une morne plaine du Mordor.

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/// Pour aller plus loin

Zombies, Run! un jeu où l’on court pour de vrai pour éviter les attaques de zombies virtuels, le but avoué étant de vous faire perdre du lard. 

Ingress de Google, un jeu de stratégie massivement multijoueur où vous devez vous rendre pour de vrai auprès des monuments de votre ville pour les capturer dans le monde virtuel.

Article rédigé par Arthur

(A)parté pas si vite !

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