TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESEn Aparté avec … François Ozon, un nouvel ami

Avant que le dernier film de François Ozon, Une nouvelle amie, ne soit présenté en avant-première aux Toulousains, le réalisateur accompagné de ses deux acteurs principaux, Anaïs Demoustier et Romain Duris, nous ont accordé un peu de leur précieux temps au cours d’une rencontre de presse au très in Crowne Plaza. L’occasion de revenir sur le climat tendu qui précède la sortie du film.

Ozon, Demoustier, Duris


Cinéphile, François Ozon nous a habitué à un rythme intensif avec près d’un film par an depuis quinze ans. Ce n’est pourtant pas avec une sensation d’habitude ni de lassitude qu’on entre dans la salle pour voir sa dernière œuvre. Le réalisateur de Huit femmes et, plus récemment, du sulfureux Jeune et jolie ne fait ni dans la facilité, ni dans la discrétion, ni dans la pudeur : il montre tout ce qu’il juge nécessaire, les seins de Marine Vacth inclus (voir l’affiche ci-contre). Et ce n’est pas Une nouvelle amie qui déroge à cette règle.

Jeune-jolie-afficheAprès la Manif pour Tous, la polémique des ABCD de l’égalité, les aberrations autour de ce qui a été appelé « théorie du genre » et même l’affiche litigieuse des MJS, ce film porté sur les identités sexuelles intervient après une longue période de troubles, de confusions autour des notions de sexe, de genre ou même d’identité en France.

 ///Lire aussi notre critique du film : Une nouvelle amie, un homme est une femme

Alors que les remous de cette animosité sont encore palpables aujourd’hui, Ozon confirme lors de la rencontre de presse que ces événements ont influencé sa manière d’aborder son nouveau film : « J’ai écrit le scénario au moment de toutes les manifs contre le mariage gay, l’égalité des droits. Je me suis dit que le film allait tomber en plein milieu de cette actualité. »

« Comment raconter cette histoire sans braquer les gens, sans être violent, sans dramatiser et faire comprendre que le désir c’est complexe, ce n’est pas binaire, le masculin-féminin est quelque chose de fluctuant ? Il peut y avoir des frontières » poursuit le réalisateur. « Le meilleur moyen de raconter cette histoire était de prendre les codes du conte de fées, parce que c’est une structure narrative universelle : deux personnages vivent un drame, ils vont vivre un long cheminement pour arriver à la fin avec une happy end. »

Anaïs Demoustier


.On poursuit cet entretien presse en Aparté.

Aparté.com : Par rapport à ces confusions en France autour de la sexualité, le genre, l’identité, avez-vous voulu faire œuvre de pédagogie ?

François Ozon : Non, enfin, je n’espère pas que le film soit pédagogique mais, en même temps, comme j’ai compris que ces manifestations étaient très violentes, très agressives, et qu’elles étaient basées sur la peur, j’ai essayé de faire en sorte que les gens puissent rentrer dans l’histoire, qu’on comprenne. Le film dédramatise les choses, il n’y a rien de grave.


Beaucoup de références cinématographiques sont prêtées à chacun de vos films. Une nouvelle amie ne fera certainement pas exception. Dans quels films et cinéastes vous reconnaissez-vous ? 

Je ne peux pas faire abstraction des films que j’ai vu avant. Hitchcock, c’est venu en travaillant le scénario, Claire c’est un peu Scottie qui fait revivre Madeleine (dans Vertigo, ndlr). Après, Douglas Sirk est un cinéaste que j’aime depuis toujours. De manière générale, j’aime beaucoup le cinéma hollywoodien des années 40-50, qui a été fait par des Européens et qui ont fait l’âge d’or d’Hollywood.

Propos recueillis par Benjamin Mercui

Photos Kevin Figuier – Aparté.com

Article rédigé par Ben

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