TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLofofora, cactus urbain en liberté

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Les piliers de la scène Rock Metal Fusion sont venus défendre leur dernier album L’épreuve du contraire le 9 octobre dernier au Métronum. Aparté y était.

Ca fait 25 ans que les Français de Lofofora arpentent l’asphalte et le paysage européen des musiques amplifiées. Dans un mélange de rock, de metal et de fusion (avec du rap dedans, à la RATM), Lofofora se démarque par ses paroles acérées, tant sur le fond que sur la forme, de son chanteur Reuno. Il est, avec Phil, le bassiste, les deux membres restants du line-up originel. Les deux autres membres du groupe sont Daniel à la guitare et Vincent, le dernier venu, à la batterie.

« Est ce que quelqu’un sait où sont partis mon calme, ma raison et mes esprits ? »

Alors que leur huitième album L’épreuve du contraire collectionne les critiques unanimement positives, nous sommes allés voir ce que le groupe avait encore dans le ventre.

La rencontre avec Lofo’

Tout commence par une pluie diluvienne comme les belles journées mourantes savent en faire. On embarque avec notre photoreporter, Kevin, qui ne sait pas trop à quoi s’attendre. On le prévient : sur l’échelle du bourrin, Lofofora se situe entre David Bowie et Sublime Cadaveric Decomposition.

Le gros son commence à transpirer de la grande salle dans laquelle pénètrent à la hâte les retardataires

Nous arrivons trempés au Métronum, où le vigile dit à notre photoreporter qu’il valait mieux « pas aller à la piscine avant les concerts ». Un peu d’humour réchauffe toujours le cœur. Après quelques temps d’attente, l’attachée de presse du Métronum nous amène dans ce qui servira de salle d’interview. Arrive alors Reuno, le chanteur, qui détend tout de suite l’atmosphère en racontant l’histoire d’un mec (Made In Eric) qui a travaillé comme pied de micro vivant pour LTNO (ex-Les Tétines noires), comme balançoire pour les soirées de Madonna, et qui officie maintenant comme photographe anal (c’est à dire qu’il se met l’appareil photo là où l’on est pas censé le mettre. On n’a pas su comment il le déclenchait…).

Écoutez ici notre interview, avec extraits du nouvel album :

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Le concert

On aurait bien vu les Drawers, la première partie dont nous n’avons entendu que du bien, mais on les a ratés, ayant perdu du temps à chercher de quoi nous rassasier dans la morne plaine urbaine qui entoure le Métronum — conseil d’ami : pas la peine de chercher, il n’y a rien.

Le temps que l’on se dise que le concert va bientôt commencer, le gros son commence à transpirer de la grande salle dans laquelle pénètrent à la hâte les retardataires.


Reuno chauffe encore un peu le public, déjà bien à point, et le groupe envoie le premier morceau. Leur son, corsé et chaleureux comme une tranche de viande rouge bien épaisse, est toujours là. En plus de l’énergie, de la sueur et de l’intensité, on ressent beaucoup la joie du groupe à faire ce qu’ils font. Quelque chose de plus en plus présent lors de leurs prestations live.

« Dans le groupe, il y a un rapport toxicologique à la scène. Cette montée d’adrénaline est une super came »

Au niveau de la météo, les slams vont bon train, le public joue bien le jeu. Une demoiselle au décolleté généreux monte sur scène et déjà des dizaines de mains se proposent de l’accueillir. Un gars qui tente un slam façon record olympique de saut en hauteur n’aura pas cette chance. La discipline comporte des risques. Certains montent sur scène juste avant que la musique s’arrête et, bloqués, se font gentiment chambrer par le chanteur, en attendant le prochain morceau pour pouvoir repartir.


Les compos s’enchaînent, couvrant à peu près tous les albums. Reuno offre un jeu de scène entre le premier et le second degré, les cordes ont une gestuelle puissante, intense et ancrée tandis que le batteur en nage donne une prestation énergique et investie. « Dans le groupe, il y a un rapport toxicologique à la scène. Cette montée d’adrénaline est une super came », avait balancé Reuno durant l’interview.

L’ambiance dans cette salle de taille moyenne est pleine d’émotions saines. On se fait plaisir tous ensemble. Le chanteur prévient que « le coup du ‘on fait semblant que c’est la fin et puis on revient pour trois morceaux’, c’est Molière qui a trouvé le truc, alors nous on a décidé de passer à autre chose ». Et puis Reuno parle de Schultz, le récemment défunt chanteur de Parabellum qui fut un proche du groupe. Le groupe enchaine Amsterdam, morceau phare de Parabellum, qui reprend en version punk et avec des paroles alternatives le classique de Brel. L’émotion du chanteur est palpable et c’est au bord des larmes qu’il transcendera le public avec ce morceau d’une rare intensité.


Enfin, un dernier morceau, toutes lumières allumées, « ambiance salle des fêtes ». Ceux à proximité de la scène sont trempés. Le groupe termine le concert en serrant les pognes des premiers rangs. Tout le monde s’y met, même certains roadies et le groupe termine en saluant bien bas le public. Cet au revoir dure plusieurs minutes, témoin de la générosité et du respect qu’ont les Lofos pour leur public.

Bonus retour en métro: « Les métalleux à 30 ans ils finissent tous hippies. Mon voisin à la campagne c’est le chanteur de Gorod et ben c’est un hippie ».

Photos Arthur Sarthou et Kevin Figuier – Aparté.com            

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Arthur

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