TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLa course Color me Rad à Toulouse : coloré mais surfait

Dimanche 12 octobre, deux chroniqueurs d’Aparté ont testé la Color Me Rad, une course haute en couleur qui se déroulait à la base de loisirs de la Ramée, près de Toulouse. Un site impressionnant pour une organisation bien rodée — et pas moins de 12 000 participants, jurent les organisateurs. On vous explique pourquoi on a trouvé ça un peu surfait.

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D’après les visuels du site internet, on allait en ressortir tout bigarré. Le principe de la Color me Rad est de combiner 5 kilomètres de course à pied, en se faisant régulièrement asperger de fécules de maïs colorés. Cette course s’inspire (de loin) de la Holi, autrement appelée « fête de la couleur » en Inde, et qui célèbre l’équinoxe de printemps. Là, on ne rendait pas grâce au printemps, il est déjà loin. La course, lancée en 2012 aux Etats-Unis (pour changer), se veut joyeuse et participative. Après Lille, Nantes et Valenciennes, la ville rose est la quatrième en France à accueillir l’événement chez elle.

On vous passe en revue les raisons pour lesquelles le Color me Rad nous a, malgré tout, légèrement excédés.

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1. Un coût excessif

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Toulousains ont répondu présents à l’appel de la basket, que ce soit en famille ou entre copains. Et ce malgré des tarifs allant de 22 euros pour les étudiants, 26 euros en tarif normal —  puis 30 euros en tarif unique à quelques jours de l’événement. Un prix élevé, sachant que la tranche d’âge des participants oscille majoritairement entre 18 et 30 ans, donc en grand nombre des étudiants ou jeunes actifs.

photoPour l’occasion, les organisateurs ont contacté l’international français de rugby et joueur du Castres Olympique, Rémi Talès, afin de parrainer la course. On a eu la chance de le croiser avant le départ.

Il nous a confié avoir trouvé le concept « atypique ». Pour lui, c’est histoire avant tout de passer un bon moment en compagnie de ses coéquipiers (John Beattie et Marc Antoine Rallier). « Il n’y a pas d’esprit de compétition, et ça nous permet à nous autres sportifs de se mélanger avec le public, d’être un participant comme les autres. » Une autre personnalité a fait la surprise de sa présence sur la ligne de départ : Jérôme Fernandez, l’international français de handball, et joueur du Fénix Toulouse Handball. Il est venu accompagner toute sa petite famille qui participait à la course. On aura aussi pu noter la présence d’élus comme par exemple Laurence Arribagé, député UMP.

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2. Radins en pigments colorés

10744902_10204987325506930_1228672262_nLe coup d’envoi a été donné à 11h15. La première vague de participants s’est élancée en compagnie de Rémi Talès. Le parcours était balisé de « color zone » à chaque kilomètre et ce jusqu’à l’arrivée. Ces « color zone », autrement appelées « point couleur », sont des stands ou vous étiez bombardés de pigments colorés. Une couleur par stand : vert, bleu, jaune et rose.

Nous avons déploré de n’avoir reçu que très peu de pigments durant la course.  Pour le coup, la course est plutôt un prétexte pour faire la fête ensuite, lorsqu’on se voit réellement aspergés de couleurs.

Côté festif, des disc-jockeys FunRadio (Adrien Toma et Grégori Klosman) ont assuré le show de 11h15 à 16h30 non-stop. La base de la Ramée s’est ainsi transformée en discothèque géante à ciel ouvert.

3. Un truc commercial aux airs philanthropes

On aura pu constater un marketing clairement sexué (ou gender marketing, pratique très courante aux USA, tiens donc ?) : 70% des participants sont des participantEs. David, un des organisateurs, explique que c’est une forme d’émancipation de la femme par le sport, contrairement à certains pays où ce genre d’activités est encore prohibé aux femmes.

Dans ce droit fil, l’organisation reverse une « partie » de ses recettes à l’association Sport sans frontières qui promeut l’éducation par le sport, notamment auprès des groupes en difficultés : femmes, enfants, minorités. Les guillemets sont volontaires car cette contribution s’élève à… 1 euro par participant, ce qui semble ridiculement faible étant donné le prix de la place (22 euros minimum). L’euro symbolique, donc.

Nous n’avons vu aucun stand de l’association sur place. David s’est défendu en disant que, vu le nombre de participants à chaque course, la somme finale n’était pas négligeable.

Produits dérivés

On n’a pas voulu nous communiquer les bénéfices engendrés par la course, mais on a pu remarquer la présence de partenaires commerciaux (Renault, Haribo, la Dépêche…), ainsi qu’un stand souvenir où étaient vendu des goodies en tout genre estampillés du logo de l’organisation « Color me Rad » (micro short, bracelets, chaussettes, sachet de pigments…).

Et la suite…

Quoi qu’il en soit, les organisateurs ont tout de même réussi à mobiliser 250 bénévoles. Le concept fonctionne très bien auprès des jeunes — ils ont dans l’idée de faire une session winter (hiver) et organiser une Color me Rad sur la poudreuse à Méribel le 1er février 2015. Une première mondiale. À voir si les gens se déplaceront en nombre une nouvelle fois. En tout cas, les organisateurs y croient.

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Nos deux chroniqueurs après leur petit bain de couleur © Aparté.com

   

Article rédigé par Leslie Salvat

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