TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESCinespaña, 19e : Almodovar, et les nouveaux langages du cinéma hispanique

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Ambiance à l’inauguration, vendredi dernier, de la 19e édition de Cinespaña, le Festival du Cinéma Espagnol de Toulouse. Le festival se poursuit jusqu’au 12 octobre avec, au programme (cliquez ici), une cinquantaine de films sur les thématiques « Sexe, genre et identités » et  « Cinéma de l’exil ». Un hommage sera rendu vendredi au travail de Lola Duenas, muse d’un certain Almodovar…

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Soirée d’inauguration. © Jean-Jacques Ader

Cette semaine, les toulousains ont rendez-vous avec l’AFICH (Association pour le Festival International du Cinéma Hispanique) pour les 19e rencontres internationales du cinéma espagnol de Toulouse. Si chez Aparté on n’est pas insensibles, pour ne pas dire concernés, par les mouvements sociaux et culturels qui traversent notre voisin le plus proche, on est aussi naturellement curieux des énergies, langages et formes nouvelles qui font le cinéma espagnol contemporain.

Depuis 20 ans maintenant, l’AFICH tisse des liens, encourage le dialogue entre Toulouse et l’Espagne, attire des artistes de renoms, comme Lola Duenas ou Antonio de la Torre cette année, mais aussi des personnalités plus éloignées des projecteurs.

Inauguration sans accroche

Nous nous sommes rendus à la soirée d’inauguration dans la cour de la Cinémathèque, le vendredi 3 octobre. Objectif : prendre la température et convoiter coupes de champagne et autres petits fours. Une fois s’être frayé un chemin à travers la foule de bénévoles, officiels et premiers spectateurs, on se rend compte que l’équipe organisatrice n’a pas lésiné sur les moyens pour l’occasion. Rien n’a été oublié. Les nombreux bénévoles-bilingues sont à leur poste, partout où l’on a besoin d’eux. Une bonne partie de  la cour est occupée par des tables et chaises en plastique, façon garden-party,  le tout entouré de stands de boissons et de nourriture.

Ces compétitions sont l’occasion de découvrir la production actuelle, ses énergies et dynamiques en cette période de bouleversement

Les équipes médias s’activent auprès des officiels comme Patrick Bernabé, vice président et directeur de la programmation qui nous promet une édition à placer sous le signe du renouveau, « riche de nouveaux talents ». Pile-poil ce qu’on est venu chercher.

La cour de la Cinémathèque se remplit, on a de moins en moins de place pour se déplacer. Certains des photographes présents tentent de prendre de la hauteur pour rendre compte de l’affluence.

Au hasard des visages, on croise des regards drôlement familiers, comme ceux de Jean Benguigui et de Marilyne Canto, membres du jury qui décernera la tant convoitée Violette d’Or, distinction suprême destinée au meilleur long métrage en compétition. Longue vie à Malocoxis.

A 19h30, Françoise Palmerio-Vielmas, présidente de l’association, accompagnée de Patrick Bernabé investissent la tribune pour officialiser l’inauguration du festival. D’autres officiels leur emboîtent le pas sur l’estrade et  nous livrent remerciements, considérations sur le cinéma, l’Espagne, sa relation avec Toulouse… Le défilé se termine vers 20h pour faire place à la célébration car, comme les organisateurs nous le rappellent : « l’Espagne sans convivialité ne serait pas l’Espagne ».

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Patrick Bernabé. © Jean-Jacques Ader

La soirée se poursuit avec un concert de la chanteuse espagnole Laura Campello, suivit des projections du documentaire Serrat y Sabina, el simbolo y el cuate de Francesc Relea et le très réussi Vivir mas facil con los ojos cerrados de David Trueba, meilleur film à la cérémonie des Goya en 2013, qui raconte les pérégrinations d’un professeur et de deux jeunes dans l’Espagne des années soixante. Le professeur Antonio entraîne ces deux adolescents sur  traces de John Lennon,  en tournage à Alméria. Et il est bien décidé à le rencontrer. Muy gracioso.

Une prog’ a défricher : 50 films, 30 salles dans la région

Au cours de la semaine, une cinquantaine de films sont projetés dans la plupart des salles du centre et de l’agglomération. Des rencontres sont également prévues avec des personnalités, pas forcément issues du monde du cinéma, comme Almudena Grandes qui sera présente ce jeudi a l’Instituto Cervantes.

Des nouveaux talents. Pile-poil ce qu’on est venu chercher.

La violette d’or récompensera l’un des six long métrages de fiction sélectionnés, tous produits entre 2013 et 2014 et naturellement jamais distribués en France. La compétition documentaire récompensera le meilleur docu’, qui sera par la suite diffusé sur la chaine régionale France 3 Midi Pyrénées. Selon le même principe, 13 courts participeront pour le prix du meilleur court métrage. Ces compétitions sont avant tout l’occasion de découvrir la production actuelle, ses énergies et dynamiques en cette période de bouleversement. Occasion plutôt exceptionnelle étant donné le fait que seul un nombre restreint  seront distribués en France et donc visibles dans nos salles !

Des temps fort annoncés

Vendredi, les regards seront braqués sur Lola Duenas, comédienne espagnole  récompensée à plusieurs reprise aux Goyas ainsi qu’au festival de Cannes en 2006, avec le prix d’interprétation féminine. Cette actrice à la filmographie foisonnante échangera avec le public sur son travail de comédienne autour de deux films projetés, Volver de Pedro Almodovar et Yo también d’Alvaro Pastor et Antonio Naharro. Un homage sera aussi  rendu a Carmen Ayala, danseuse de flamenco et actrice espanole des années 30.

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Laura Campello. © Jean-Jacques Ader

Cette année, Cinespaña donne carte blanche  au cinéaste et historien Luis Pares qui développe la thématique « Cinéastes de l’exil : Madrid Mexico Paris« . Il nous propose une sélection de film réalisés à l’étranger témoignant de ce fait historique espagnol qu’est l’exil politique. Le cycle Sexe, genre, identités  offre une autre porte d’entrée à la programmation, plus ouverte sur l’actualité. Le cinéaste catalan Ventura Pons viendra lui aussi à la rencontre du public à l’occasion de cette sélection.

Il vous reste jusqu’à dimanche 12 octobre pour satisfaire votre curiosité. L’équipe organisatrice vous attend tous les jours dans la cour de la Cinémathèque où vous trouverez programmes, rafraîchissements, collations… Et des apéros concerts tous les soirs, en entrée libre!

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Paul Thiry

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