TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESAux Jardins Synthétiques : écrans, techno sombre, et le « demi-Dieu » Vatican Shadow

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Cela fait maintenant 5 ans que le festival des Jardins Synthétiques investit le musée Saint Raymond pour faire se rencontrer « à la croisée des temps, l’Art ». Samedi 4 octobre, Aparté a assisté à un concert dans la nef du musée, à la découverte d’artistes (vraiment) rares et surprenants.

Sun Glitters (c) CHAPROD
Sun Glitters (c) CHAPROD

Musique, arts plastiques, danse contemporaine, visites de la ville et des musées pour tous les publics… Le festival Jardins Synthétiques rassemble depuis 5 ans les jeunes artistes, les structures culturelles et les publics pour des journées riches en découvertes. Exigeant mais accessible, il permet de nombreuses découvertes, notamment musicales.

Sonorités mélodieuses et subtiles confèrent une atmosphère poétique au lieu, renforcée par les éléments visuels qui accompagnent le set

En plein cœur du festival, le concert du samedi 4 octobre a en effet réuni, dans la nef du Musée Saint Raymond, 3 artistes inédits à Toulouse : Sun Glitters, Eomac et Vatican Shadow.

La soirée commence en douceur avec la « glitterswave » du luxembourgeois Sun Glitters. Ses sonorités mélodieuses et subtiles confèrent une atmosphère poétique au lieu, renforcée par les éléments visuels qui accompagnent le set. Pour chaque morceau, une vidéo qui permet de rendre l’expérience plus immersive. La majorité des films s’axent autour d’une figure féminine, jeune et jolie évoluant dans un univers toujours différent mais toujours éthéré. On pourrait regretter que cette esthétique ne soit pas franchement originale par les temps qui courent mais l’ensemble est bien construit et se mêle aux sons d’une manière assez convaincante pour le faire oublier. Petit bémol pour le public très peu réactif : on gagera qu’ils étaient happés par la performance qui était donc une réussite.

Impossible de ne pas danser sur ces basses extrêmement bien maîtrisées, pourtant le public peine encore à se laisser porter

On a d’ailleurs à peine le temps de réaliser que c’est terminé qu’Eomac enchaîne avec un set qui démarre très fort. Le programme du festival nous annonce un artiste soutenu par Aphex Twin et Tom Yorke au son « ravageur, dense, puissant et sensuel ».

Dès les premières secondes, on comprend qu’en effet c’est un tout autre univers que l’on s’apprête à découvrir. Il est même difficile de ne pas avoir l’impression de débarquer en plein milieu d’un set en train d’atteindre son paroxysme. Impossible de ne pas danser sur ces basses extrêmement bien maîtrisées, pourtant le public peine encore à se laisser porter. Ce n’est que vers le milieu de ce set sans répit – dans le très bon sens du terme – que les gens commencent à suivre le mouvement impulsé par la musique. On espère que ce premier concert d’Eomac à Toulouse ne sera pas le dernier…

Eomac (c) CHAPROD
Eomac (c) CHAPROD

Arrive enfin le clou de cette soirée : Vatican Shadow. Annoncé comme un « mythe intouchable », un « demi-Dieu », Dominik Fernow – également connu comme Prurient – se produisait ce soir là pour la deuxième fois en France et la performance promettait d’être mémorable. Et pour cause. Dans une ambiance très sombre, Vatican Shadow semble être littéralement possédé par sa musique. Danses désordonnées, hurlements en direction du public, sorties de scène, jeux avec une lampe torche… Il n’hésite pas non plus à grimper sur la table où son matériel est posé pour y ouvrir une bière puis en projeter le contenu sur le public une fois redescendu. Le spectacle est tellement fascinant que la musique passe complètement au second plan pendant un temps. Lorsque l’on y prête enfin attention, il s’agit, comme annoncé, d’une techno très sombre, très forte mais pas aussi agressive qu’on pourrait l’imaginer, voire plutôt mélodieuse. Cela dit, l’attention reste tout de même très portée sur le personnage qui occupe la scène et, lorsque l’on repart quelques minutes avant la fin, en se demandant ce que la musique seule laisserait comme impression, on s’aperçoit que seules les personnes qui peuvent apercevoir ce qui se passe sur scène sont encore en train de danser.

Vatican Shadow (c) CHAPROD
Vatican Shadow (c) CHAPROD

Globalement cette soirée était une vraie réussite car elle a réussi à réunir dans un cadre particulier, trois artistes hors du commun aux univers bien distincts tout en conservant une parfaite cohérence dans le déroulement du concert.

Le festival joue les prolongations jusqu’au 19 octobre, toute la programmation est visible sur leur site internet.

Cet article a été publié il y a 8 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Victoria Bach

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