TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLe FIAT fait son ménage de printemps

Pour sa 2ème édition, l’ex-Printemps de Septembre s’installe du 23 mai au 22 juin dans des lieux emblématiques de Toulouse et de sa région. Gratuit et ouvert à tous, le festival met en avant des projets artistiques ambitieux grâce à des artistes majeurs internationaux. Zoom sur les six principaux sites à ne pas rater.

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Depuis l’an dernier, le Printemps de Septembre a laissé place au FIAT, Festival d’Art International de Toulouse. Cette année, le festival est dans la continuité de l’édition 2013, à savoir : réaliser un parcours d’expositions monographiques de neuf artistes reconnus, centré sur la Garonne et permettant surtout la mise en valeur des lieux et bâtiments historiques de la ville de Toulouse. En remodelant son format initial, le festival affiche clairement sa volonté d’avoir un rayonnement régional comme international, en offrant à la ville une certaine modernité.

Axel Hémery, le Conservateur du Musée des Augustins, explique que, depuis sa création, « le FIAT réfléchit à des interventions d’artistes prestigieux dans les musées de Toulouse. C’est une approche beaucoup plus élitiste : au lieu d’avoir une cinquantaine de sites avec des artistes peu connus, le FIAT a choisi moins d’artistes, mais à la renommée internationale. » Six lieux feront le dialogue entre création contemporaine et patrimoine toulousain : les Jacobins, le Musée des Augustins, le Château d’Eau, l’Hôtel-Dieu, Les Abattoirs, l’Espace EDF-Bazacle.

Aux Jacobins, place à l’artiste néerlandaise et vidéaste Manon de Boer. Au centre de son œuvre : une série de portraits filmés remettant en question le médium filmique. Le spectateur est invité à suivre différentes projections, centrées sur le temps, le mouvement, la mémoire et ses égarements. Musique, vidéo, danse et silence(s) s’invitent pour un art conceptuel qui interroge les liens entre la voix et le corps, à travers ses explorations du son et de l’image.

Aux Augustins, Jorge Pardo fusionne art contemporain et art roman. La scénographie de la collection unique des chapiteaux romans a été complètement repensée : la notoriété mondiale de ce chef-d’œuvre médiéval s’allie à celle de l’artiste américano-cubain pour proposer une œuvre d’art totale, rayonnante par ses chatoiements de couleurs baroques et ses jeux de perspectives qui redonnent à la salle toute son ampleur. En mêlant aussi bien les styles comme les époques, on a un peu l’impression d’un Retour vers le Futur…

Deux visions et deux générations différentes de la sculpture viennent se compléter à l’Hôtel-Dieu, à travers les œuvres de Georges Jeanclos et Elsa Sahal. Une confrontation originale puisque cette dernière a été l’élève du premier. Elle présente des fragments de corps hybrides combinés à des éléments végétaux, minéraux et à des formes abstraites aux allusions sexuelles évidentes; lui favorise le figuratif et l’harmonie des formes marquées par une certaine fragilité. Les paysages anthropomorphes et primitifs en céramique de Sahal rencontrent l’univers symboliste de Jeanclos, pour créer un dialogue artistique universel et intergénérationnel.

Au Château d’Eau, des sculptures de Marie Cool et Fabio Balducci, qui collaborent ensemble depuis 1995, attendent les visiteurs. Des performances autour d’accessoires ordinaires, comme des feuilles blanches, racontent l’importance du geste, de l’action et lèvent des questions philosophiques sur la durée, l’étirement du temps, la relation à l’Autre, la solitude, ou encore l’aliénation…sans pour autant donner de réponse.  Une véritable énigme à venir résoudre pour ceux qui aiment perdre leurs certitudes artistiques.

Les Abattoirs proposent deux expositions. La première est celle de Franz Gertsch, qui peint ses toiles d’après photographie, pour capter une époque particulière, figer un morceau de la société. Les lois de la photographie croisent celles de la peinture (imitation des effets de flou ou de la transparence) pour créer l’illusion, faisant de cet artiste une figure de l’hyperréalisme. La deuxième exposition fait place à l’œuvre de Susan Hiller, reliée à l’inconnu et l’inexpliqué. Quatre installations immersives plongent les visiteurs dans les limites de l’expérience humaine : visions d’OVNI, phénomènes paranormaux, mort imminente, interprétation des ondes et bruits du Big Bang… Deux expositions riches, opposant la rationalité et l’inaccessible.

L’artiste berlinois Thomas Huber investit l’Espace EDF-Bazacle pour proposer une œuvre nourrie par la peinture, l’installation, et par une certaine pensée sur l’art. Sur la Rote Fries (la frise rouge) sont mises en miroir ses différentes réalisations marquées par la perspective. Thomas Huber représente des espaces culturels abandonnés qui évoquent les lieux de l’atelier et du musée, en puisant ses références aussi bien dans la peinture classique, dans l’abstraction géométrique, ou encore dans l’architecture et le design.

Vient aussi s’ajouter un parcours parallèle associé au FIAT, « A comme Anaconda », reliant cinq lieux de création : le BBB-Centre d’art qui accueille le sculpteur ready-made Sven’t Jolle, l’Espace Croix-Baragnon avec les artistes Mykola Malyshko et Lada Nakonechka, Lieu Commun où expose Jean Denant, Le Pavillon Blanc (Colomiers) présentant l’œuvre de Rémi Groussin, et enfin à Saint-Gaudens la Chappelle St Jacques modernisée par Michael Beutler.

Le FIAT 2014, en changeant la formule du Printemps de Septembre, a réduit le nombre d’artistes exposant mais a privilégié un foisonnement de l’art traversé par toutes les disciplines, tous les médiums, toutes les techniques, mêlant arts plastiques, graphisme, design, architecture, scénographie, peinture, sculpture. Cette métamorphose du festival invite à repenser et à redécouvrir en même temps le patrimoine toulousain le temps d’un parcours atypique.

Article rédigé par Heloïse Van Appelghem

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