TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESThe Amazing Spider-Man 2 : Miss you Tobey

Toujours sous la houlette de Marc Webb, Spider-Man reprend du service dans cette suite du reboot de 2012 magnifiquement sous-titrée chez nous : Le Destin d’un héros. Tout un programme …

Amazing-Spider-Man-2

 Si du côté de Marvel Studios, tout le monde se porte à merveille –rappelons que Avengers et Iron Man 3 ont dépassé le milliard au box-office mondial – il n’en est pas de même pour les autres studios.

Sony qui possède les droits du tisseur est soumis à un drôle de contrat qui l’oblige à sortir des films Spider-Man dans un certain délai sous peine de devoir les remettre à la Marvel. Voilà comment est né en 2012 The Amazing Spider-Man premier du nom avec Andrew GarfieldThe Social Network – qui succède à Tobey Maguire et Emma StoneGangster Squad. Dirigé par Marc Webb, plus habitué aux love stories qu’à l’action –(500) jours ensemble-, le premier film était une version bien au rabais des opus de Sam Raimi mais possédait une histoire assez cohérente.

Au vu du succès de ce premier opus, deux suites ont été lancées ainsi qu’un spin-off sur les méchants de Spidey, les Sinister Six. 

Nous voilà aujourd’hui avec cette première suite qui nous promet un film ultime avec pas un, ni deux mais trois vilains au générique ! Si cette promesse pouvait exciter, elle sent surtout la surenchère pour essayer de rivaliser avec une équipe de super-héros biens connus…

Après visionnage de ce  –trop- long métrage (2h21), on hésite entre l’énervement ou les larmes tant ce qui nous a été proposé est consternant. Oui, c’est la triste vérité alors que nous aimons tant ce personnage, The Amazing Spider-Man 2 se hisse aisément parmi les pires comic-book movies aux cotés de Green Lantern et Catwoman.

(…) incohérent du début jusqu’à la fin sans aucune crédibilité

Marc Webb signe un long-métrage incohérent du début jusqu’à la fin sans aucune crédibilité, enchaîne les scènes sans logique et ruine toute la mythologie du personnage instaurée par les films de Raimi. Garfield est totalement à côté de la plaque durant tout le film, en roue libre, il singe par moment Downey Jr. et fait du Tony Stark, hors sujet total concernant la personnalité de Peter Parker. Le parcours du héros et son destin est dépeint de manière pachydermique à grand coup de discours à rallonge ne provocant aucune émotion. Là où Sam Raimi esquissait en un mouvement de caméra, en un plan, un montage les relations des personnages et leur statut, Webb filme en vain des scènes de dialogues ennuyeuses, pas drôles et affreusement ridicules. La love story entre Garfield et Stone étant la pire vue depuis longtemps. Voir ces deux endives jouer fait regretter le trio inoubliable et si attachant composé par Maguire, Dunst et Franco.

906429 - The Amazing Spider-Man 2

Si la partie émotion du métrage est un fiasco total, l’action … l’est aussi ! Le traitement des méchant est d’une puérilité folle, surtout pour le Rhino –Paul Giamatti sous drogues- et le Bouffon Vert incarné cette fois par Dane DeHaan. Succédant au génial Willem Dafoe, il livre une performance tout en non-subtilité dirons nous. Lui qui était formidable dans The Place Beyond The Pines suscite cette fois la gêne. L’intrigue de la maladie de son personnage et de sa transformation est paresseuse délivrant un résultat ridicule. Le vrai problème du film réside en cela, tout, absolument tout, tombe d’un coup comme un gros cheveu dans cette grosse soupe indigeste. Le but étant d’aligner le plus de scènes d’action possible avec une attitude malhonnête, singeant la mise en scène de Raimi lors des incroyables morceaux bravoure de sa trilogie, sans jamais parvenir à la cheville de celle-ci.

Si les effets spéciaux sont soignés, mention spéciale à un Spider-Man numérique bluffant de réalisme, ils sont au mieux une belle démo Playsation, au pire, illisibles et sans aucune ambition.

Seul acteur à tirer son épingle du jeu : Jamie Foxx en Electro qui assure une interprétation touchante de son personnage perdu, invisible aux yeux du monde qui demande à être aimé. Une créature de Frankenstein électrique manipulée et tuée gratuitement dans une scène d’action finale juste nulle.

La perspective de voir notre héros reprendre de sa superbe semble perdue, un tel degré de foutage de gueule étant à peine croyable jusqu’à la toute fin. Lorsque le drame survient –ATTENTION SPOILER- Emma Stone meurt d’une manière si abrupte et violente, le réalisateur n’ayant rien trouvé de mieux pour captiver le spectateur, Webb montre son héros perdu, renonçant au costume. Mais rassurez-vous ! Une minute plus tard –montre en main-, il revient en action, balance trois blagues pathétiques et lance un joyeux : « Ça m’avait manqué ! ». Pas nous.

Ne vous faites pas du mal et ressortez vos DVD Spider-Man, parti comme c’est, The Amazing Spider-Man risque de devenir le Batman & Robin des années 2010’s.

Article rédigé par Maxime Forgues

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