TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLes Musicophages : une asso pour les perdus de la musique

L’imaginaire collectif tendrait à réduire la tâche d’artiste musicien à créer, composer, se produire sans jamais se soucier du reste. Pourtant, la paperasse inonde aussi le milieu artistique. Pour aider dans ces démarches administratives, l’association des Musicophages donne un coup de pouce aux musiciens désireux de se lancer sur la voie de la professionnalisation.

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Les Musicophages au 6 rue de la Bourse, en préparation pour le vernissage du 22 mai

C’est au numéro 6 de la Rue de la Bourse que nous donne rendez-vous Lucie Chedeville, responsable du pôle documentation et ressources des Musicophages : « L’association est née à Agen il y a 20 ans, nous étions au départ un centre de ressources des musiques actuelles, une médiathèque associative en somme », relate Lucie, avec pas moins de 19 000 disques dans leurs bacs, la diversité est mot d’ordre. Avec un fond non renouvelé pour manque de subvention, « le service public a pris le relai avec Cabanis, le fond étant plus large » nous confie la responsable de la documentation, les Musicophages se sont aujourd’hui spécialisées dans l’accompagnement des « jeunes » artistes des musiques actuelles, aujourd’hui au nombre de 23.

Messie toulousain des artistes en devenir

 L’objectif ? Rendre le milieu artistique plus accessible aux nouveaux entrants : « On est là pour indiquer les directions à prendre en fonction des projets », nous indique Lucie. Si l’apprentissage de la musique n’est plus le secret des artistes au projet établi, les termes de l’entrée sont souvent inconnus. Jongler entre la Sacem et la déclaration des droits d’auteurs ? Les Musicophages s’improvisent en vrai manuel « Être musicien pour les Nuls » : « Parce qu’ils sont tous seuls, on leur explique comment ne pas s’éparpiller », donnant l’accès à un centre de ressources juridiques contre une adhésion, « on leur donne des devoirs à faire à la maison, comme sur les nouvelles stratégies de communication », termine l’ancienne bibliothécaire salariée depuis février dans l’association.

Sans prétention, ses trois membres permanents n’hésitent pas à déléguer le travail à des organismes plus spécialisés pour conseiller les artistes. Créant un vrai tissu, un réseau, permettant aux demandeurs d’aide d’élargir leurs horizons ainsi que leur possibilité, leur donnant accès à différents carnets d’adresse et une certaine visibilité.

Une association, un lieu

Les Musicophages ne sont pas uniquement un intermédiaire entre l’amateurisme et le professionnalisme musical. Anciennement squatté par l’univers du rock’n’roll toulousain (« Ouais, on a fait des sacrés soirées ici », nous confie Lucie), y sont régulièrement organisés des vernissages ou concerts. Toujours dans le but de promouvoir leurs 23 adhérents, le pôle accueil se charge de la prestation sans pour autant se borner au monde de la musique.

Prônant une forme d’art contemporain avec l’exposition qui prendra lieu le 22 mai prochain, « Rayonnement synthétique », les thématiques tournent néanmoins toujours autour du son. Si vous faites le choix de vous y rendre, vous pourrez observer les structures de Matthew Williamson et Lobegate, faites à base d’objets sonores devenus obsolètes de nos jours. À cette occasion, l’un des membres des Musicophages, Black Sheper, human beat box, se produira, juste histoire que non, ce n’est pas du flan.

Tenues par trois permanents, les Musicophages alors comme la principal aide aux musiciens encore novices dans le monde des affaires. Les conseillant tant sur le domaine juridique que sur la communication, les ficelles du métier d’artiste sont loin d’être innées comme le talent. Alors, que tous les aspirants à devenir professionnel de la musique contactent les Musicophages, le premier rendez-vous est gratuit.

Evénements
22 mai : Black Sheper pour l’inauguration de « Rayonnement synthétique »
29 mai : Lapsus
30 mai : The Nympho Virgins

Article rédigé par Paul Lorgerie

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