TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESGrems, le graff musical parfait

Le Bronx des années 80 a renait de ses cendres. Michaël Eveno, aka Grems, est venu bougé le boule des toulousains le vendredi 14 mars. Du hip-hop bien loud à l’occasion de la soirée What’s Hop, en frenchy : on raconte.

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« La musique tu sais, c’est de l’argent de poche, ma passion est ailleurs », nous confie Grems. Okay ! Et pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, il est vrai que Grems, ce n’est pas le Hip-Hop ou le rap, ou quelconque forme d’art musical, mais le graff. « Ça fait quasiment 20 ans que je graff, la musique est venue comme ça« , ajoute l’électron libre du rap français. Et s’il semble gerber la médiatisation de ses œuvres, il est à noter que ses collaborations avec les quelques 20Syl (Hocus Pocus ou C2C), Nekfeu (1995) ou Son Of Kick fondent sa légitimité.

À notre arrivée, des graffs jonchent la scène. La couleur est annoncée, on sait où l’on est, qui l’on attend. Avant son entrée sur scène à 23h30, Grems demande un café : « c’est pour l’articulation » nous dit-il, amusé. Les hostilités peuvent commencer. Accompagné du DJ BLACKKENPOUPERZ délivrant son grime (style apparu dans la banlieue de Londres à la croisée entre la drum & bass et le Dancehall) sur le Hip-Hop bien senti du rappeur, le mélange des deux genres issus du même milieux enflamme d’entrée de jeu la fosse d’avertis. Bien plus habitués aux concerts de rock, la surprise est grande lorsque l’occasion de se jeter dans un pogo s’offre à nous. De gauche à droite, de haut en bas, un public digne des caves de Détroit ou du Bronx aux origines du rap, BLACKKENPOUPERZ en venant même à slamer, wow.

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Pour autant, si les instrumentales jouent beaucoup dans l’affaire, notons les lyrics chantonnés, ou bien plutôt déployées avec rage, de Grems. Non sans rappelées un certains slamer appelé Dgiz dans le début des années 2000, le rappeur pointe son mécontentement. Habité par un certain pessimisme, ses textes contrastent avec ses graffs colorés. Dépeignant une société de corrompus où la majorité des rapports sociaux sont emprunts d’hypocrisie, Grems fait preuve de nonchalance tout en maitrisant parfaitement l’art de la rhétorique. Convaincu, le public suit : « Est-ce que tous les gens qui connaissent Stachmou peuvent lever leur doigt en l’air ?« . Apparait alors un champs de majeurs levés à travers le Connexion.

Partant, de la nonchalance à l’engagement en passant par la maitrise parfaite de son articulation (grâce au café ?), Grems surprend. Donnant une grille de lecture pessimiste à superposer sur nos sociétés contemporaines, l’artiste trouve dans la musique un moyen d’expression explicite. Petit du graff, Grems est complet et pose ce qu’il faut, où il faut. Alors, Grems, si ta passion est ailleurs, s’il te plait, continues à nous faire vibrer sur tes textes incisifs pour revenir nous donner des concerts tels que celui-là.

A bon entendeur, salut.

© Gaetan Ducroq


Article rédigé par Paul Lorgerie

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