TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESAvec Noisepresso, Toulouse est plus pop

Depuis cinq ans, Noisepresso organise des soirées, des concerts, à la programmation souvent audacieuse. Mais, dans sa ville, l’association toulousaine se sent seule à occuper le créneau pop. Un concert prometteur, ce soir-même au Saint Des Seins, donne l’occasion de rendre grâce au fertile collectif. Portrait.

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Les planches du Saint Des Saints, place Saint-Pierre, vont trembler de bonheur dès 19h30. D’abord, avec Les Filles Et Les Garçons (LFELG), le projet bedroom-pop porté par Lucas Nedellec : ses électroniques ont le parfum de l’enfance ; elles font danser et, en même temps, elles donnent envie de jouer, de rêver. Il y a ensuite la tête d’affiche, Petit Fantôme, qui est devenu une star depuis Stave, sa mixtape sortie l’année dernière ; tous les superlatifs du Littré, du Laroussse et du Wiktionnaire réunis seraient insuffisants pour décrire la beauté, l’originalité de Stave.

LFELG, Petit Fantôme, qu’ont-ils en commun ? Ils sont des Français, d’abord, des provinciaux : la premier vient d’ici, Toulouse, le second arrive de Bordeaux. Ils font de la pop, au sens large et noble. Ils sont jeunes. Ils ont du talent. Ils sont mignons, aussi – et non, on s’en branle pas, oui c’est important. Ils n’ont pas peur de chanter en français, en anglais, parfois en basque – pas encore en occitan.

JEUNESSE FRANCE POP => ça pourrait être le blason de Noisepresso. La soirée existe grâce à cette association de Toulousains, formée voilà bientôt six ans. Une asso dont la  simple évocation du nom pousse à envoyer un petit « What Else ? ». Mais, dans le milieu, on sait que la vanne est bidon, parce que faite huit mille fois. Alors on se la permet pas.

« A Toulouse, ce qui manque le plus c’est la pop »

Aujourd’hui, osons. Noispresso, « what else ? ». Noisepresso, ce sont des meufs et des mecs qui ont fait venir Pendentif, qui ont fait venir des groupes comme Bengale, les Popopopops, Granville, O Safari, Baden Baden. Et Noisepresso, ce sont des mecs et des meufs qui aident les popeux du coin  à carburer, à émerger.

L’aventure débute en 2009. Elle commence, comme beaucoup d’épopées culturelles, par une bande de potes. Lucas Fabre, l’actuel pilote du collectif, se souvient :

« L’idée de base, c’était de faire un webzine entre potes, mais on a vite décidé de faire des soirées. On avait, et on a toujours cette volonté de mettre en avant des petites scènes » 

La taille de l’asso augmente, puis rétrécit ; les gens viennent, aident, s’intègrent, repartent, déménagent, disparaissent, reviennent. A ce jour, une demi-douzaine de personnes en composent le noyau dur.

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L’équipe à géométrie variable de Noisepresso

Au départ orienté vers les musiques électroniques, Noisepresso se tourne vers une scène bien différente, qui répond aux sensibilités des membres actuels du collectif.  Très actifs, ils enchainent les soirées, la plupart du temps au Saint des Seins qui les acceuille à bras ouverts, et ont même organisé un festival en juin dernier. 

 Selon Lucas :

« Ce qui manque le plus à Toulouse, c’est la pop »

A l’exception de quelques dates au Bikini, la nouvelle scène French Pop aurait en effet peu de visibilité à Toulouse sans l’initiative de Noisepresso. Alors qu’un certain nombre de structures se consacre à l’électro (Collectif Boussole, Crossfader, Folklore, Le Cabanon, …). Les prolifiques Friends of P et La Chatte à La Voisine,  deux structures dont vous croiserez souvent le nom dans nos colonnes, couvrent un domaine indé plus international.

Et Lucas de regretter cette lacune toulousaine  :

« Dans des villes comme Rennes, Bordeaux, pour parler de la province,  il y a un accompagnement des salles, des tournées, une allure plus pop qui fait défaut à Toulouse. Et tu vois qu’aux concours Inrocks Lab, les jeunes groupes toulousains, qui sont prometteurs, se cassent la gueule en demi-finale. Pourquoi ? Parce qu’ici on leur donne moins de moyens qu’ailleurs »

Sing Sing My Darling fait partie des groupes toulousains accompagnés par Noisepresso ; un beau parcours ensemble

Scène locale à l’honneur 

En proposant des dates aux jeunes groupes et artistes locaux, en faisant se rencontrer les artistes partageant l’amour de la pop, en les mettant en contact avec des personnes qualifiés, Noisepresso participe à la création d’une scène locale. En témoigne, par exemple, les  beaux parcours de Noir Coeur, de Sing Sing My Darling, des Gawks.

 Et, c’est avec des mystères que Lucas nous fait miroiter une exportation, pour un soir, de notre belle scène à Paris.

Article rédigé par Marc Bonomelli

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