TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Brigitte Lecordier

Son nom ne vous dit peut-être rien et pourtant vous la connaissez depuis des années. Brigitte Lecordier est une comédienne spécialisée dans le doublage des voix d’enfants. Elle a notamment participé à plusieurs programmes jeunesse cultes, à l’instar de Dragon Ball, Lizzie McGuire, Les Razmoket, Oui-Oui, ou encore Babar. Entre deux conventions, elle nous a accordé quelques minutes pour nous parler de son parcours et notamment du succès rencontré sous les traits de Sangoku. Interview.

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Aparté.com : Le doublage est un métier particulier, comment cette vocation est-elle venue à vous ?

Brigitte Lecordier : J’ai d’abord travaillé dans un cirque, puis au théâtre et enfin dans le doublage. Tout s’est fait simplement. Il faut dire qu’au théâtre, j’interprétais beaucoup d’enfants ou de petits personnages rigolos. Plus jeune, je n’étais déjà pas très grande. (rires) Arrivée au doublage, j’ai passé des essais pour des dessins animés et j’ai été prise.

A. : Vous n’avez jamais rêvé d’être actrice ?

B.L. : J’ai toujours voulu être clown. J’ai pu exercer ce métier après l’école du cirque et je suis très contente d’y être arrivé. Puis je me suis rendu compte que l’on pouvait être clown, même sur scène. Je ne l’avais pas du tout imaginé étant enfant.

 « Dragon Ball ? Je pensais que ça ne ferait pas plus de 26 épisodes ! »

A. : Quelles sont les qualités requises pour faire du doublage ?

B.L. : Il faut être vocalement habile, mais il faut surtout savoir jouer la comédie. On ne pense pas beaucoup à la voix en elle-même, du moins en ce qui me concerne. Je joue un personnage et la voix arrive naturellement.  Le plus difficile, pour certains comédiens, c’est de trouver une voix et ensuite de la garder. C’est un métier, on acquiert la technique avec la pratique. La première fois que j’ai fait du dessin animé, je ne savais pas que j’allais faire des petits garçons. Ça s’est développé tout seul, et le plus marrant, c’est que ma voix n’a toujours pas changée.

A. : Quel est le premier personnage emblématique que vous avez interprété ?

B.L. : Mon premier gros doublage a été celui de Bouli, le petit bonhomme de neige. Après, il y a Sangoku (Dragon Ball) qui a vite suivi. Sauf que là, je suis partie pour 20 ans. Jamais je n’aurais pu l’imaginer.

A. : D’autant plus que ce format n’était pas du tout popularisé en France…

B.L. : On ne connaissait pas du tout le manga. La première série était mignonne, c’était une initiation. Quand les combats arrivent, on ne comprend plus rien !

A. : Il est évident qu’un lien fort vous unit à cette série… Au delà de ça, qu’en pensez-vous réellement ?

B.L. : Au début, j’avoue que je n’étais pas fan. Je trouvais ça violent et pas très culturel. Un peu plus tard, j’ai été invité au Japon pour rencontrer mon homologue, et là, je me suis rendu compte que ça ne s’adressait pas aux enfants. Du coup, j’y ai vu une autre lecture. Dans tous les cinémas du Japon, il y avait Dragon Ball, c’était dingue. Ils ont su m’expliquer ce que ça représentait là-bas. À partir de là, J’ai su porter un autre regard sur la série et l’apprécier.

« Je n’aurais jamais eu toute cette reconnaissance avec un autre dessin animé que Dragon Ball, aussi génial qu’il puisse être. »

A. : Avez-vous cru au succès de Dragon Ball ?

B.L. : Pas du tout ! Je pensais que ça ne ferait pas plus de 26 épisodes ! 20 ans et on était encore là. C’était clairement le rendez-vous des enfants dans les années 90. J’ai joué Sangoku jusqu’à qu’il mue. Mon homologue japonaise a continué à le doubler, même à l’âge adulte. Ici, on a jugé qu’à la puberté, une voix de fille serait ridicule. J’ai donc passé la main pour ce personnage et j’ai doublé ses enfants. J’ai repris le doublage de Sangoku avec Dragon Ball GT, lorsqu’il redevient enfant. C’est un peu dingue, 20 ans après tu reviens à ton premier personnage.

A. : Vous êtes-vous attardé sur d’autres mangas ?

B.L. : Oui, j’ai regardé ce qu’il se faisait, mais j’avoue être attachée particulièrement à Dragon Ball. Ça m’a fait voyager, rencontrer des gens et si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à ça. Je n’aurai jamais eu toute cette reconnaissance avec un autre dessin animé, aussi génial qu’il puisse être.

A. : Pouvez-vous nous dire comment se passe le doublage d’un épisode ?

B.L. : On a le film qui passe sur un écran et, en dessous, il y a ce que l’on appelle une bande rythmo. Dessus, il y a un détecteur, qui est calé par des professionnels. Ce détecteur indique les dialogues dans la langue originale, les mimiques, les réactions à avoir… Un adaptateur écrit le texte en français. Ce texte est parcouru par une barre. Il faut lire en même temps que la barre passe sur les mots, comme un karaoké. Après, il nous faut aussi jouer la comédie. On ne se contente pas de lire, bien sûr. Pour Dragon Ball, on enregistrait quatre ou cinq épisodes par jour.

A. : Quels sont vos projets en cours ?

B.L. : Je fais des canulars téléphoniques avec ma voix, ça s’appelle Allô, c’est Ninou. J’ai appelé des gens au hasard dans l’annuaire, en me faisant passer pour un enfant de 4 ans. Une production a aimé le concept et en a fait un dessin animé. Du coup, Canal + Family le diffuse tous les jours. J’invite tout le monde à liker la page sur les réseaux sociaux pour que l’émission perdure.

Propos recueillis par Rémy Vaganet et Jordan Meynard.

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Article rédigé par jordanm

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