TEMPS DE LECTURE : 7 MINUTESSport dites-vous ? #1: Le rugby à XIII vers les sommets

Nous inaugurons une nouvelle chronique sur Aparté.com. Le but est clair, faire découvrir aux lecteurs chaque mois, au moins un club sportif de la ville peu médiatisé ou des sports atypiques. A l’honneur ce mois-ci, le Toulouse Olympique XIII. Dans une ville où la concurrence sportive est très forte, le rugby à XIII cherche sa place.

Le TO XIII en pleine action – Photos © Herve Hurbe

Pour résumer l’histoire de ce sport, le rugby à XIII est né d’une sécession au sein de la Rugby Football Union (fédération anglaise de rugby à XV). La raison de cette scission est le rejet d’une compensation des heures de travail perdues par les joueurs, la plupart de condition ouvrière (entraînements, matchs, transport ferroviaire, etc).

Afin de rendre le rugby encore plus populaire, la nouvelle fédération, la Rugby Football League, décide de modifier certaines règles. C’est ainsi que le rugby à XIII émerge. En enlevant deux joueurs et en supprimant les phases de jeu telles que les touches ou la mêlée, le rugby à XIII devient  un sport spectaculaire où l’attaque prend le pas sur la défense. Là où le temps de jeu effectif sur un match de 80 minutes se limite à 35 minutes à XV, il approche plus des 70 minutes durant un match de rugby à XIII.

Le TO est un club avec un fort historique, il est ancré dans le quartier des Minimes depuis 1937.

Dès son arrivée en France durant l’Entre-deux-guerres, le XIII connaît un fort engouement. Malheureusement suite à une mauvaise gestion de la part de ses dirigeants, de l’influence du XV et de quelques autres raisons, la popularité et l’influence  de cette discipline décline aussi rapidement qu’elle est apparue.

Donner un nouveau visage médiatique au XIII

Le Toulouse Olympique XIII fait partie des clubs souhaitant ramener cette discipline vers un autre niveau de visibilité. La fédération travaille dans le but de re-médiatiser ce sport, des efforts sont faits pour avoir un championnat sérieux et compétitif et depuis sept-huit saisons, une équipe française – Les dragons catalans – participe à la Super League, plus haute compétition européenne bénéficiant d’une exposition médiatique sur BeIN Sport en France.

Le TO est un club avec un fort historique, il est ancré dans le quartier des Minimes depuis 1937, possède quatre titres de champion de France sur dix finales et il a été six fois finaliste en Coupe de France. Le palmarès est certes moins imposant que l’autre club de rugby made in Toulouse mais il reste respectable.

Son projet à moyen terme: intégrer la Super League d’ici 2015.

Après avoir été éliminé au stade des demies-finales en Coupe et en championnat l’an passé, le TO vise un titre cette année. Son projet à moyen terme: intégrer la Super League d’ici 2015. L’entrée dans cette compétition se fait par appel d’offre, le club devant répondre à un cahier des charges spécifique. En 2009, le TO avait tenté de rejoindre cette compétition, sans succès.

Intégrer la Super League

Afin d’intégrer la Super League, et de s’y maintenir, les dirigeants du TO ont mis en place un ambitieux projet de club. Ces actions se caractérisent sous la forme d’un community programme, le TO se tourne vers le développement scolaire et va à la rencontre de la communauté toulousaine en proposant des initiations à ce sport, aux frais du club. Ainsi l’an passé 2000 jeunes ont pu découvrir le rugby à XIII. Toujours dans une logique d’intégrer de jeunes joueurs de la région, le premier centre de formation en rugby à XIII agréé par le ministère de la jeunesse et des sports fait partie des infrastructures du TO.

 

Le Stade Arnauné  – Photos © Dominique Viet

Dans la même intention de développement, les infrastructures du club sont amenées à changer. Le maire de Toulouse a acté le projet de rénovation du stade des Minimes, avec un agrandissement portant la capacité à 10 000 places, des loges, des structures commerciales, administratives et sportives afin que le TO puisse être totalement autonome et concentré en un point. Le stade Arnauné restera tout de même un complexe municipal.

Lors des matchs, l’action est omniprésente, les chocs virils, le rythme effréné. Au-delà de l’aspect sportif, on apprécie surtout l’accessibilité au stade. Ce dernier étant tout proche de la station de métro Barrière de Paris, le prix des places est avantageux pour les étudiants (5 euros). Même si le stade ne fait pas encore le plein niveau supporters, l’ambiance est au rendez-vous avec les inévitables bandas et un noyau dur de fans, octroyant une ambiance bon enfant à chaque match.

Quatre questions à Cédric Garcia, responsable administratif du club :

Aparté.com : Est-ce difficile d’exister à Toulouse dans l’ombre d’un autre grand club de rugby, en l’occurrence le Stade Toulousain ?

Cédric Garcia : Plus que le Stade Toulousain, il y a surtout une concurrence sportive en général. Toulouse est une ville qui compte énormément de clubs qui sont en première division, le Stade Toulousain, le Toulouse football club bien entendu, mais aussi le Fenix, les Spacers et le basket féminin maintenant. Ce nombre important de clubs évoluant au plus haut niveau induit que le public se dilue. Mais Toulouse est une grande ville, mais c’est vrai qu’on tend à travailler et on le fera encore plus une fois en Super League, nous cherchons à attirer un public régional. Il y a Saint-Gaudens, l’Aude, Cahors, Agen, de nombreuses terres sur lesquelles nous nous appuyons, il y a un fort potentiel de spectateurs.


A l‘heure du sport spectacle et de la sur-médiatisation du sport, comment expliquer que le XIII, malgré ses règles simplifiées et son côté spectaculaire soit moins populaire que le rugby à XV ?

C.G. : Je suis quinziste à la base donc je pense en parler assez objectivement.  Sur dix matchs de très haut niveau, à XV, il y en aura probablement quatre ou cinq, qui seront très agréables à regarder. Je parle de matchs avec beaucoup d’essais, un gros temps de jeu. A XIII, nous sommes plus proche des sept-huit, car les règles font que l’action ne s’interrompt presque jamais. Il faut comprendre que ce sont deux sports différents, certains n’adhèrent pas aux règles du XIII, en particulier la règle du tenu* qui est la base du rugby à XIII. Dans la philosophie du XIII, c’est l’attaque qui est mise en avant contrairement au XV où c’est plutôt la défense. Mais effectivement, je pense qu’en terme de spectacle le XIII a encore plus à offrir.

Qu’est-ce qui a pu freiner autant l’émergence de ce sport en France ?

C.G. : Entre les années 1950 et les années 1980-90, des erreurs ont été commises. Il en a résulté que le XIII s’est recroquevillé sur lui-même au lieu de s’ouvrir et n’a pas su saisir les mêmes opportunités que le rugby à XV. Je suis optimiste quant au fait  que le XV et le XIII peuvent parfaitement cohabiter.  Par exemple, en Angleterre, le patron du club de Leeds possède un club de chaque discipline, ils jouent sur le même terrain, et comme c’est deux saisons qui ne se chevauchent quasiment pas, il a deux équipes qui rentabilisent le terrain toute l’année.

Que manque-t-il au XIII pour devenir un sport olympique comme le rugby à VII le sera lors des prochains J.O. ?

C.G. : Je ne pense pas que l’olympisme fasse pour l’instant partie des priorités du XIII. L’important actuellement  c’est d’aller vers une médiatisation grandissante de ce sport. Nous devons arriver à être présents à la télévision, que cette discipline soit vue.  Le fait que BeIN Sport retransmette tous les matchs des Dragons catalans, c’est une excellente chose. Si nous intégrons la Super League, le XIII n’en sortira que grandi en France.  Toulouse est une grande ville, donc une occasion en terme de visibilité.

* Lorsqu’un joueur est plaqué, son équipe garde la possession de balle mais perd une phase de jeu d’attaque (tenu). L’équipe attaquante possède cinq tenus. Si un joueur est plaqué au sixième et dernier tenu, la balle sera rendue à l’équipe adverse qui entamera à son tour une nouvelle séquence de jeu

Article rédigé par Rémy Vaganet

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