TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTES[Légendes nocturnes] Toulouse Horror Story

Halloween et le passage à l’heure d’hiver viennent de plonger nos vies dans la noirceur. Hier comme aujourd’hui, la nuit est propice aux histoires flippantes que l’on se raconte près du feu. Toulouse n’y échappe pas, et Aparté.com a sélectionné trois légendes urbaines ayant traversé nos murs roses comme autant de poltergeists.     

1. Ghost of St-Michel : La maison du bourreau :

Avec son style néo-gothique et le rouge de ses briques, la jolie bâtisse qui ouvre les allées Paul-Feuga se fond dans un paysage typiquement toulousain. On passerait sans s’y arrêter. Pourtant, cette maison du quartier Saint-Michel a longtemps suscité l’effroi des riverains. Elle serait hantée par le fantôme d’une jeune femme ayant été assassinée par l’ancien propriétaire des lieux, un peintre dont la victime servait de modèle.

Les nouveaux locataires ont constamment refusé de communiquer sur ces histoires de fantôme.

Les Toulousains racontaient que, la nuit tombée, on apercevait des lueurs se déplaçant derrière le vitrage des fenêtres. D’étranges bruits se faisaient entendre de l’édifice, à l’époque inhabité et encerclé de terrains vagues, l’isolant du reste de la ville, ce qui ajoutait à son côté effrayant. En prime, la maison serait bâtie sur les ruines de celle où vivait autrefois un bourreau. Pour les citadins, aucun doute possible, une malédiction pesait bel et bien sur la propriété.

Mais les légendes la concernant se sont peu à peu éteintes avec sa cession dans les années 1980. Les nouveaux locataires ont constamment refusé de communiquer sur ces histoires de fantôme. La « maison du bourreau » inspirera à l’écrivain Patrick Cauvin son roman Haute-Pierre, paru en 1987.

Potentiel de réalité : ☠ ☠ ☠

Yves Lignon, scientifique spécialisé dans les études paranormales, balaie, sur Le Journal Toulousain, le mythe du fantôme : « Les étranges tâches lumineuses qu’on voyait derrière les fenêtres quand elle était inhabitée ont une explication simple : le feu allumé par des SDF .» Cela-étant, le créateur du Laboratoire de Parapsychologie de Toulouse a déclaré avoir visité la demeure lors de travaux de rénovation réalisés dans les années 1980. Il y aurait découvert une pièce décorée à la manière des adeptes du spiritisme du XIXe siècle. Le mystère persiste donc. Si vous vous sentez l’âme d’un chasseur de fantôme, rendez-vous au 1 allées Paul-Feuga.

 2. Le sourire de l’ange :

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C’est une légende urbaine colportée dans de nombreuses villes françaises, et régulièrement alimentée par des débats aussi insensés que dysorthographiques sur certains forums. En substance : un groupe d’individus, toujours masculins, encerclent dans la rue une jeune fille esseulée se rendant à son domicile à la suite d’une soirée souvent arrosée. La victime est conduite de force dans un lieu isolé avant de s’entendre proposer trois possibilités : un meurtre, un viol, ou le « sourire de l’ange ».

« Comme elle n’arrivait pas, les filles ont décidé d’aller dehors pour la chercher. On l’a retrouvée, inconsciente et mutilée, dans une poubelle pas loin de l’endroit de l’after  »

Ignorant de quoi il s’agit, elle choisit la troisième option, qui semble la moins cruelle. Choix tragique : les agresseurs entaillent au cutter leur proie à la commissure des lèvres, avant d’appliquer sur la blessure une solution de citron et/ou de sel – selon les versions. Dans les hurlements de douleur qui s’ensuivent, les joues ainsi scarifiées se déchirent jusqu’aux oreilles, laissant à vie les stigmates de  l’agression.

« C’est arrivé à l’amie d’une amie » assure Marion, à la sortie d’un bar toulousain. « Ses copines l’attendaient dans un appartement en centre-ville, pour finir la soirée. Comme elle n’arrivait pas, les filles ont décidé d’aller dehors pour la chercher. On l’a retrouvée, inconsciente et mutilée, dans une poubelle pas loin de l’endroit de l’after  ».

Potentiel de réalité : ☠ 

La presse locale n’a fait état d’aucune affaire impliquant l’affreux sourire angélique. Et d’après nos informations , il n’y a pas de plainte enregistrée auprès de la police qui coïnciderait avec un drame de cette nature. En dehors de la Zombie Walk et des soirées organisées par quelque BDE le 31 octobre au soir, on n’a croisé personne affublé d’un smile façon Joker de Batman dans les rues de Toulouse. Alors jusqu’à nouvel ordre, vous pouvez garder le sourire.

3. Rapts chez Toto Tissu :

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Les moins jeunes s’en souviendront peut-être. A la fin des années 1970, on raconte que des jeunes femmes disparaissent mystérieusement à Toulouse. D’après les racontars, des clientes venues faire emplette chez Toto Tissu, un magasin de textile établi rue Saint-Rome, sont piégées puis endormies pour être livrées à un vaste réseau de prostitution versé dans la traite des Blanches.

Dans la version orléanaise, les clientes sont enlevées dans les cabines d’essayage de magasins de lingerie appartenant à des Juifs, avant d’être conduites au réseau criminel par l’intermédiaire d’un sous-marin caché dans la Loire.

Cette histoire semble être une adaptation locale de la fameuse « Rumeur d’Orléans », qui a affolé la ville du Loiret à partir de 1969. Dans la version orléanaise, les clientes sont enlevées dans les cabines d’essayage de magasins de lingerie appartenant à des Juifs, avant d’être conduites au réseau criminel par l’intermédiaire d’un sous-marin caché dans la Loire. L’affaire prend une ampleur phénoménale et attire l’attention de la presse et de la justice. Elle est relayée et reprise un peu partout en France.

Potentiel de réalité :

Si la rumeur n’est restée qu’au stade de rumeur à Toulouse, des démentis officiels, et même une intervention d’Edgar Morin, ont mis en évidence que l’affaire ne relevait d’aucun fondement crédible. Pourtant, cette légende urbaine a eu la vie dure. Notons qu’entre sa naissance en 1969 et son arrivée dans la Ville Rose vers 1978, il s’est pratiquement passé dix ans. Mais le temps a fini par avoir raison de cette fable de rue.

 

Article rédigé par Marc Bonomelli

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