TEMPS DE LECTURE : 7 MINUTESAu fond, qu’est-ce qu’être un hipster et un dandy en 2013?

On en parle souvent. Nous pouvons les croiser dans les rues de l’hyper-centre de Toulouse. Phénomène durable ou minorité davantage visible ? Les hipsters et autres dandy passionnent surtout les magazines culturels. Aujourd’hui, qu’est-ce qu’être un dandy et un hipster ? Pour tenter de répondre à ces interrogations non exhaustives, nous sommes partis à la rencontre d’Alexis « considéré comme un hipster » et de Nirina un « dandy modéré ».

Au fond, être un hipster en 2013, est-ce porter un pull de Noël ? – Photos Aparté.com, Kevin Figuier

La rencontre avec Alexis se fait sur l’une des nombreuses terrasses de la place de la Trinité. Lieu très prisé par les jeunes Toulousains dans la tranche des 20-30ans, il n’est alors que 17h30 mais les chaises sont quasiment toutes prises. Âgé de 27 ans, Alexis est vendeur dans un magasin de prêt-à-porter à Toulouse mais aussi, « en parallèle », journaliste pigiste dans un magazine culturel.

D’emblée pour Alexis un hipster est « quelqu’un qui va à la base rejeter le ‘mainstream’, c’est-à-dire le courant dominant. Aujourd’hui, c’est un mot fourre-tout et il est devenu très compliqué de le définir ; il ne doit plus avoir le même sens qu’à son origine ». Du stade initial « de la contre-culture », paradoxalement, le hispter de 2013 est devenu son « contraire ».

«Aujourd’hui je n’achète plus de CDs et encore moins les MP3 sur iTunes, j’achète des vinyles. C’est le fantasme du passé »

A l’origine, le hipster « est quelqu’un qui va rejeter la mode, créer la sienne en se réappropriant des objets qui ne sont jamais devenus ou qui ne sont plus à la mode. Au final, il devient la mode et c’est la pire chose qui pouvait lui arriver ! Le look de hipster est devenu très ‘mainstream’ ».

Aller au cinéma 3X par semaine

Il l’avoue, Alexis est issu d’un « milieu assez populaire ». Ce qu’il «découvre culturellement, ce sont des choses qui [l’]attirent naturellement. [Ses] parents ne [l’]ont pas conditionné ». « Je m’intéresse à plein de choses différentes, l’idée d’une expo est de ressentir quelque chose même si tu n’as pas forcément tous les codes, à la base, pour comprendre le contenu de l’exposition réalisé par l’auteur ».

Lecteur assidu de Télérama, Les Inrocks, de Technikart et de Vanity Fair, notre jeune hipster « adore le cinéma français ». « Quand j’étais plus jeune il n’y avait pas de cinéma dans le fond de ma campagne, aujourd’hui, je peux y aller trois fois par semaine ». Il préfère aller dans les cinémas indépendants qu’aux « multiplex au côté impersonnel où [il doit se] farcir dix minutes de pub ».

Côté musique, Alexis est attiré par la pop française et l’électro-pop. D’ailleurs, s’il n’aime pas « aller en boîte », il affectionne les soirées événementielles dans les lieux insolites « qui sortent de l’ordinaire ». Autrement, ses lieux privilégiés pour des concerts sont Le Connexion, Le Bikini et La Dynamo.

 

Etre un hipster implique un style de vie parfois considéré de « vintage » d’après Alexis  – Photos Aparté.com, Kevin Figuier

Le fantasme du passé

Etre un hipster implique un style de vie parfois considéré de « vintage » d’après Alexis. « Aujourd’hui je n’achète plus de CDs et encore moins les MP3 sur iTunes, j’achète des vinyles. C’est le fantasme du passé ».

Le jeune journaliste est adepte de friperie : «Dans la rue Cujas il y a des friperies, des magasins pour hipster, tu peux y trouver ton bonheur! ». Il s’habille également chez Colette et tutoie la marque Bleu de Paname. Contrairement aux hipsters adeptes de chemises de bucheron, Alexis préfère des vêtements avec « tout ce qui fait street, sweat et basket ».

« Les vrais dandys portent un chapeau, fument le cigare et ont une canne. Moi je suis un dandy modéré »

« Comme tout le monde, j’ai des problèmes d’argent. Je peux avoir des périodes de chômage », mais cela ne lui interdit pas de pouvoir le retrouver dans des lieux qu’il fréquente par coup de cœur, le quartier des Carmes et notamment la place de la Trinité, François Verdier et le marché de Victor Hugo. Enfin, notre jeune hipster aime bruncher le dimanche chez La Fiancée et prend du temps au salon de thé chez Eugénie.

Alors Alexis, est-ce que tu te définis comme un hipster ?

 ***

Après le phénomène hipster, celui du dandysme. C’est au London Town, un pub dans le quartier des Carmes, que j’ai donné rendez-vous à Nirina. Un lieu atypique pour un dandy.

 

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 Nirina : un « dandy modéré » – Photos Aparté.com, Kevin Figuier

Nirina est étudiant en Master 2 en droit de la communication et des médias. Agé de 24 ans, il travaille également en tant que vendeur chez le groupe de prêt-à-porter H&M.

Vêtu d’une veste à petits carreaux « à la mode anglaise », sa chemise est dotée d’un col d’une couleur différente du reste, elle apporte « la petite touche qui reste classe » signale-t-il. Le dandy ne porte pas de « vêtements trop larges » mais toujours très cintrés. Par ailleurs, les couleurs correspondent souvent à la saison. « Les vrais dandys portent un chapeau, fument le cigare et ont une canne. Moi je suis un dandy modéré » confie-il, avec malice.

« J’ai un style de vie complètement normal, juste en soirée on peut faire quelques folies, des délires débiles … C’est-à-dire jeter une bouteille de champagne »

En 2013, le dandysme « implique de n’être jamais habillé le même tous les soirs » et pour Nirina d’ajouter qu’il ne se « sen[t] pas à l’aise quand [il] ressemble aux autres, [souhaitant] être différent».

S’habiller différemment tous les jours, cela représente un coût vestimentaire conséquent ? Pas vraiment d’après l’étudiant: « Je vais dans les magasins fast-fashion pour m’habiller et je fréquente aussi beaucoup les friperies pour y trouver des pièces originales et pas du tout onéreuses. Cela me permet d’avoir un look spécial sans me ruiner ».

3A5C2832Le dandysme « implique de n’être jamais habillé le même tous les soirs » – Photos Aparté.com, Kevin Figuier

Jeter une bouteille de champagne à terre

Si l’aspect vestimentaire semble important chez le dandy, le comportement l’est tout aussi. Ainsi, le dandy doit « rester gentlemen avec les filles, ne jamais s’asseoir par terre, ne sortir que dans certains types de lieux branchés et écouter un type de musique : la minimale ». Pas question non plus de boire une bière dans une bouteille – classe oblige -, la substance doit être bue dans un verre s’il vous plait. Pour Nirina, le dandy de 2013 est différent par rapport à son origine : « il est plus intégré dans la société. Celui d’avant ne restait que dans un entre-soi, signe d’un comportement humain [qu’il] n’apprécie pas ».

« Dandy modéré » selon ses propres termes, d’autres le sont H-24. Ils refusent par exemple de prendre le métro et adoptent le taxi. « J’ai un style de vie complètement normal, juste en soirée on peut faire quelques folies, des délires débiles … C’est-à-dire jeter une bouteille de champagne. C’est vrai qu’on aime bien faire croire que l’on mène une vie de nabab. Faire tomber des pièces de centimes sans les ramasser ».

Toulouse « n’a pas encore cette culture. Ils sont un peu en retard. Contrairement à Paris, il n’y a pas de soirées mondaines »

Et sinon Nirina, quelle a été l’attitude la plus dandiesque ? «Dépenser 1.300€, à plusieurs, en alcool pour une soirée. J’ai pas les moyens de faire cela souvent mais une fois qu’on le fait, ça libère, ça fait du bien à l’égo ».

A Toulouse, il n’y pas vraiment de lieux où les dandys se rencontrent. Cependant il y a quelques années, une discothèque de la rue Saint-Rome faisait fureur. Signe que le dandysme s’estompe ? Pour notre interlocuteur, Toulouse «n’a pas encore cette culture. Ils sont un peu en retard. Contrairement à Paris, il n’y a pas de soirées mondaines ».

Les soirées se déroulent de plus en plus dans les appart’. Ils restent entre eux, la faute à la crise et du fait également qu’ils n’ont pas trouvé de lieu qu’ils cherchaient. Au pays de la castagne, les dandys peuvent se mordre le chapeau.

 

Article rédigé par Kevin Figuier

Sur les Internet et sur papier – Rédacteur en chef Aparté.com

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