TEMPS DE LECTURE : 10 MINUTESInterview croisée : John And The Volta VS. Banquise

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Dans les coulisses du tremplin des Inrocks Lab, entre balance check et opening, nous sommes allés à la rencontre des deux groupes bordelais estampillés indie pop : Banquise, côté électro influencé sixties black music, et John and the Volta, côté arty. On vous a concocté une interview croisée des deux demi-finalistes. Tous les coups sont permis.


Banquise, au Connexion Live, pour les inRocks Lab (de gauche à droite) Sébastien – bassiste -, Quentin – batteur -, Johan – voix, guitare -, Dimitri – clavier. Photos © Florian Bardou

Aparté.com : C’est votre première fois à Toulouse ? 

Johan  (Banquise) : Pour jouer, oui. C’est presque notre première scène extérieure à Bordeaux. « Presque », parce qu’on a différentes expériences qui resteront secrètes (rires).

Johnathan (John And The Volta) : C’est notre première fois à Toulouse, mais on a joué ailleurs. On a fait une dizaine de concerts, essentiellement sur Bordeaux et Paris.

Vous vous étiez déjà entendus, aviez partagé des scènes ? 

Johan (Banquise) : On a jamais joué avec John and The Volta. Je les ai vu jouer à l’iBoat, une salle de concert sympa à Bordeaux, c’est sur un bateau. Vous connaissez pas ?

Aparté.com  : Non. Mais nous on a l’iBar, en face.

Quentin (Banquise) : On a vu ça. Ils ont piqué notre concept.

Aparté.com : C’est très nauséabond.

Johan (Banquise) : Tu nous donneras les bonnes adresses !

Johnathan (John And The Volta) : Non. On connaissait pas Banquise, mais on a sympathisé avec eux tout à l’heure. Ils ont dit qu’ils avaient fait très peu de scène pour le moment, donc c’est pas surprenant qu’on ne se soit pas croisés. On connaissait juste le bassiste – Sébastien -, puisqu’on a eu l’occasion de le croiser dans d’autres formations. Et Banquise, on a connu le groupe au concours.

Qu’est-ce que vous pensez respectivement de vos musiques ?

Johan (Banquise) : Ce sont de bons musiciens, déjà.

Quentin (Banquise) : Très carrés.

Johan (Banquise) : J’aime bien quand ils se lâchent un peu plus dans la composition, quand ils sortent un petit peu du contexte RadioHead, peut-être.

Banquise, au Connexion Live, pour les inRocks Lab (de gauche à droite) Sébastien - bassiste -, Quentin - batteur -, Johan - voix, guitare -, Dimitri - clavier. Photos © Florian BardouJohn And The Volta, au Connexion Live, pour les inRocks Lab (de gauche à droite) Robin – guitare -, Alban – batterie -, Johnathan – voix, guitare -, Laurent – basse. Photos © Florian Bardou

 

Vous êtes d’accord avec l’appellation « capitale du rock » pour Bordeaux ?

Quentin (Banquise) : On ne peut pas dire que ce soit vraiment rock. Ca a changé. 

Johan (Banquise) : Ouais. Ca, c’était avant. Regarde, c’est pas parce que je porte un perfecto… On fait de la pop électronique ! Il y a beaucoup de groupes qui sont dans cette mouvance électronique à Bordeaux. Il y a une scène pop française, aussi.

Dimitri (Banquise) : Il y a 4 ans un mouvement hyper-jeune de groupes de rock.

Johan (Banquise) : On en faisait partie. On mettait des slims et on se lissait les cheveux.

Johnathan (JATV) :  Il y a beaucoup de groupes c’est vrai, beaucoup de jeunes groupes qui tournent. C’est assez excitant comme scène. Après ailleurs, je ne sais pas trop, c’est vrai que Rennes on en entend beaucoup parler, on a l’occasion de voir passer pas mal de groupes à Bordeaux.

Laurent (JATV) : Capitale du rock, je dirais par l’héritage de Noir Désir et de Eiffel peut-être. Je pense que ça vient de là, mais pour le coup, chaque région a aussi ses groupes de référence. Capitale de rock, oui, mais pour un certain type de rock. C’est pas tellement notre scène non plus, même si on n’en a pas honte.

Qu’est ce que vous pensez des autres scènes locales en France ?

Quentin (Banquise) : Pour le concours des inRocks Lab, le Nord-Ouest, c’était vraiment autre chose.

Sébastien (Banquise) : On sent les influences anglo-saxonnes. Ils n’ont pas la plage, du coup ils passent plus de temps enfermés.

Quentin (Banquise) : Et ils boivent beaucoup. (rires)

Est-ce que vous appartenez tous deux au même style musical « indie pop » ?

Banquise, en coeur : Non !

Laurent (JATV) : Je pense que l’indie pop, c’est très large de toute façon…

Johan (Banquise) : A part le côté funky. On a vraiment des racines black music. J’ai beaucoup d’influences funky, ça se voit dans mon son de guitare. Même si on utilise de la reverb, ça part un peu du côté électronique. Mais au niveau des rythmiques et de la basse, on a beaucoup de choses funk. La basse est souvent lead au niveau mélodique. On a vraiment cet aspect années 60 qui se retrouve avec Goodbye. C’est ce qui nous différencie. On n’est pas pop rock.

Votre style, en trois mots ?

Dimitri (Banquise) : Je dirais : la «nouvelle pop’ électronique  ». « Nouvelle », parce que lorsqu’on parle de pop électronique, on pense à Rihanna…

« Moi, je chope pas mal de rhumes en tournée. »

Johan (Banquise) : Je suis à peu près d’accord. Et sans faire péteux. On ne veut pas non plus s’inscrire dans un courant. Si on fait ce son là, c’est parce qu’il nous plaît. C’est pas un effet de mode.

Dimitri (Banquise) : Demandez à beaucoup de gens, beaucoup de gens ne savent pas quel mot mettre sur notre style. Ca nous convient. On ne veut pas être enfermés dans une case.

Johnathan (JATV) : On essaie de faire une musique assez élégante, j’aime bien dire ça. Indie, ça fait deux… (silence)

Les autres : Vivante, en relief, pourpre !

Johnathan (JATV) : Pour le troisième, je dirais rétrofuturiste !

Qu’est-ce que vous espérez de ce concours ?

 Johan (Banquise) : De la visibilité, c’est sûr. Et c’est l’occasion de jouer dans des endroits sympas. Le Connexion, on ne connaissait pas. Et si on peut aller à Paris… C’est une belle aventure pour nous.

Quentin (Banquise) : Sauf la période des votes, qui est stressante. C’est du boulot, il faut tous les jours rassembler du monde. On a perdu beaucoup d’amis (rires).

« Beaucoup de gens ne savent pas quel mot mettre sur notre style. Ca nous convient. »

Johnathan (JATV) : On en espère pas vraiment quelque chose. On est content d’être ici parce que c’est l’occasion de jouer sur une belle scène. Et de jouer devant des gens intéressés et intéressants. On attend une écoute tout simplement. De ce qu’on fait et, pourquoi pas, un retour dessus.

Où en êtes-vous musicalement aujourd’hui ?

Johan (Banquise) : Je travaille un peu comme un asiatique (rires). C’est moi qui était surtout à la compo avant, seul. Et j’ai sorti beaucoup de morceaux qui sont sur BandCamp. Une trentaine de titres. On a fait presque notre première compo commune en répétition, récemment. Qu’on va jouer ce soir. Qui s’appelle The doors are closed. Niveau sortie professionnelle, on va sortir un single qui s’appelle Goodbye, un peu 60s, qui est une sorte de tube pop à la Banquise, qui a un air léger mais des paroles qui ne sont au final pas du tout drôles.

Johnathan (JATV) : On a pas fait de grosses scènes, mais on est passé sur la scène de la Rock School Barbey (Bordeaux). Notre premier EP sortira en octobre. Il y aura 4 ou 5 titres et il s’appellera Empirical. L’album sortira en 2014, certainement au printemps.

Pourquoi ‘Banquise’, pourquoi ‘John and the Volta’ ?

Johan (Banquise) : Je te donne mon explication. Alors, la banquise, ça peut sembler froid aux premiers abords, mais au final, la banquise est une surface blanche, réflectante — quoi de plus réflectant que le blanc —, et ensuite, on parle souvent de la fonte des glaces — tristesse, fragilité —, il y a une certaine banquise pérenne qui durera éternellement.

« Certains de nos morceaux partent dans une direction un peu étrange, ils font penser à l’univers de Twin Peaks… »

Quentin (Banquise) : Et c’est apaisant. Quand tu dis « Banquise », long paysage blanc apaisant, long, léger, et puissant.

Johnathan (JATV) : En fait, le groupe s’appellait Volta, en référence à l’album de Björk. Tout bêtement, on s’est dit que c’était pas assez personnel. On voulait trouver quelque chose pour personnifier un peu le groupe. Comme je compose les chansons, on s’est dit que ce serait bien de mettre un prénom : ça semblait logique qu’on utilise John.

Quel a été votre moment de scène le plus marquant (lancers de soutiens-gorges, pancartes ‘à poil Banquise/John and the Volta’…) ? Dans ou hors InRocks.

Dimitri (Banquise) : Notre premier show, en janvier. C’était plein. Des tas de gens n’ont pas pu rentrer.

Laurent (JATV) : En truc positif, on peut noter une date à Paris, il y a pas si longtemps, au Réservoir. C’est pas une véritable anecdote, mais on s’est retrouvé dans les mêmes loges que Radiohead, et on s’est tous un peu dit: « C’est quand même quelque chose ce miroir ». On découvre peu à peu certaines choses et c’est excitant.

Autre chose que la musique qui vous inspire ?

Johan (Banquise) : La peinture. Je tiens une galerie d’art, ça aide. On a une chanson qui s’appelle People under the Sun inspirée de la toile du même nom, d’Edouard Hopper. Elle parle du contexte qui fait que l’on se détourne de la nature, de l’essentiel, coincé dans une vie de vitesse et en même temps, de notre besoin de se recentrer vers cet amour primaire, tout en n’ayant pas la force de faire les choses à fond….

Quentin (Banquise) : Quand on compose, on privilégie beaucoup la musique. C’est pas la musique qui agrémente les paroles. Elle a autant d’importance que le texte. On travaille la sensibilité musicale plutôt que la technique. C’est pas parce que c’est compliqué que c’est beau. Il y a des choses simples et très belles.

Johnathan (JATV) : C’est drôle parce que c’est vrai qu’on en parle beaucoup en répét’. On parle beaucoup de cinéma, j’amène pas mal de visuel aussi que je vais chercher sur le net. En ce moment par exemple, je regarde beaucoup ce qui est en relation avec les arts cinétiques. C’est un peu mon délire du moment. On partage ça pour synchroniser nos esprits. C’est vrai qu’on peut aussi s’inspirer d’ambiances cinématographiques.

Alban (JATV) : Certains morceaux partent dans une direction un peu étrange, et du coup c’est vrai que quand on les joue, ça me fait penser à l’univers de Twin Peaks.

Pour terminer : est-ce que la musique, la scène, ça aide à choper ?

Banquise, en coeur : Oui.

Dimitri (Banquise) : Oui, oui, quand même (rires).

Laurent (JATV)  : Non, non! C’est un mensonge en fait. C’est pas vrai, c’est pour l’image Rock’n’roll (rires).

Alban (JATV) : … et puis quand tu es batteur, il faut le temps de plier le matos. Après ça vient peut-être de nos têtes aussi (rires) ! On a beaucoup de matériel à ranger.

John (JATV) : Moi, je chope pas mal de rhumes en tournée.

Une anecdote là-dessus ?

Quentin (Banquise) : Dimitri s’est fait violer en sortant de scène. Par un groupe de femmes.

Dimitri (Banquise) : Oui, enfin on ne fait pas de la musique pour ça.

Johan (Banquise) : Certes…

Propos recueillis par Paul Conge et Florian Bardou

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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