TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESEn Aparté avec… Sullivan

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Après leur live psychédélique au Cri de la Mouette pour les Croisées Créatives, nous avons voulu en savoir plus sur Antoine (dj) et Pierre (batteur), qui se cachent derrière Sullivan. On les a retrouvés à l’afterwork du Sushishop, où ils ont joué l’un de leurs premiers live.


Pierre (à gauche) et Antoine (à droite) forment Sullivan.

Aparté.com: Comment tout a commencé ?

Antoine : Ça fait bientôt 7 ans que je mixe de mon côté et Antoine fait de la batterie depuis une bonne dizaine d’années. On se connaissait déjà avant de commencer à faire des choses ensemble. Un jour, j’ai proposé à Pierre de venir poser des lignes de batterie sur les morceaux que j’avais composés et c’est comme ça que c’est parti.

Pierre : L’idée du concept dj/batterie nous a bien plu, ça donne plus de punch autant musicalement que visuellement. A la base, on a monté ça pour rendre service à des potes pour une soirée et puis les propositions se sont enchainées. On a d’abord fait beaucoup de live et les compositions sont venues par la suite.

Pourquoi « Sullivan » ?

A. : On avait besoin d’un nom à coucher sur le flyer pour notre tout premier live, au Bout du pont – à Saint-Cyprien). On a cherché un nom chacun de notre côté et puis je ne sais pas vraiment d’où ça m’est sorti Sullivan, peut-être un film, et puis c’est resté.

Comment se passe la composition et la préparation du live ?

P. : Antoine s’y connait bien en mixage donc c’est lui qui compose. Il me fait écouter ce qu’il a fait et j’ajoute la batterie dessus. Au final, on arrive à un consensus.

A. : En ce qui concerne le live, à la base on a choisi de partir sur une cinquantaine de morceaux déjà existants. Puis, on a rajouté nos compositions petit à petit. Après, il faut organiser les choses pour qu’elles soient les plus cohérentes possibles, notamment au niveau du rythme et des transitions. Le live reste donc assez cadré mais ça ne nous empêche pas de partir en impro. Rien n’est prédéfini totalement.

« Ce qu’il manque vraiment à Toulouse, c’est une boîte comme l’Iboat à Bordeaux ou comme le Social à Paris »

Pourquoi avoir choisi un extrait de Pulp fiction dans votre nouvel EP Manon ?

A. : On a nous toujours reproché le fait qu’il n’y ait pas de vocal sur nos morceaux et je cherchais quelque chose à poser sur le break. Alors je me suis mis à chercher des voix dans des films. J’ai trouvé que la voix de Samuel Jackson passait bien et puis je dois avouer que je suis un grand fan de Pulp Fiction.

Quelles sont vos influences musicales ?

P. : On a pas du tout les mêmes influences tous les deux. J’écoute beaucoup de rap de mon côté même si j’ai commencé à me mettre à l’électro avec Antoine. Quand j’avais 14 ans, je faisais même partie d’un groupe de métal, c’était un truc hardcore ! Mais j’écoute surtout du rap : NTM, Lunatic, Triptik, etc. Sinon, j’aime bien Nicolas Jaar pour ce qui est de l’électro. Aujourd’hui, électro et rap se rejoignent vachement. Je pense par exemple à Dj Mehdi. Et le mélange est cool, on se complète bien avec Antoine.

A. : Alors, je vais pas faire dans l’originalité mais Daft Punk et surtout leur album Discovery. C’est vraiment une référence pour moi et ça m’inspire forcément. Et puis bien sûr, toute la grosse époque Ed Banger : Justice, Sebastian, Kitsuné aussi, toutes ces écuries là ! C’est Joachim Garraud qui m’a donné envie de mixer, et même Guetta à l’époque en 2005. Un peu de musique classique aussi.

Avec qui rêveriez-vous de collaborer ?

A. : La chanteuse de MSMR qui a une voix de malade !

P. : Je dirais Yuksek, j’aime beaucoup ce qu’il fait. Ou alors, tout simplement des musiciens comme un violoniste par exemple. Je pense à Something à la mode, ça rend super bien quand il y a des instruments. Rien que l’apport de la batterie, c’est cool, alors si on peut s’entourer d’autres instruments, ce serait encore mieux. En fait, on est ouvert à toutes collaborations, aussi bien musicales que visuelles, comme le concept des lunettes 3D pour le live des Croisées par exemple.

Comment en êtes-vous venu à jouer au SushiShop ?

A. : C’est une longue histoire ! Un soir, on a organisé notre première grosse soirée au Chez Vous. La patronne nous a donné carte blanche. On a invité des potes à jouer en première partie et on a commencé à jouer qu’à 4h30 à cause de problèmes de coupures de courant, etc. Igor, le directeur du Sushishop était là et il nous a proposé de venir jouer au Sushishop. On a halluciné ! On avait fait un truc très trash en plus ce soir-là. Il nous a aussi donné carte blanche mais on a quand même retravaillé le live. Grâce à ça, les propositions se sont enchaînées. On a par exemple été contactés pour jouer au Bikini en avril pour une association caritative. Jouer au Bikini, c’était le summum ! Notre plus belle expérience de live.

« Jouer au Bikini, c’était le summum ! Notre plus belle expérience de live »

Que pensez-vous de la scène toulousaine ?

A. : Il y a beaucoup d’artistes et beaucoup de talent dans tous les milieux. Je pense par exemple au groupe électro pop Sing Sing My Darling qui viennent d’avoir une publication sur Konbini et qui ont joué au printemps de Bourges. Il y a une grosse scène deep house aussi.

P. : En fait, le problème c’est pas le talent mais les lieux où il peut s’exprimer. Il y a beaucoup de mecs qui se bougent comparé au nombre d’endroits qui leur donnent la chance. On est tous en galère pour passer sur scène. Le Télégramme aurait pu devenir une grande salle de concert au centre mais ça n’a pas été le cas. Ce qu’il manque vraiment à Toulouse, c’est une boîte comme l’Iboat à Bordeaux ou comme le Social à Paris. Bien sûr, on a le Bikini mais c’est pas assez accessible comme lieu, autant pour y jouer que pour y aller !

A. : C’est vrai qu’il y a pas mal de bars comme la Dynamo, le Connexion, le Diagonal, etc. Mais pas d’intermédiaire entre ces bars et le Bikini. Ce qu’il faudrait, c’est une boite musicale. Si Toulouse était une petite ville, elle bougerait bien. Mais au rang où elle est, c’est quand même la quatrième ville de France, elle pourrait bouger encore plus.

Un morceau à conseiller ?

Si on ne doit en citer qu’un seul, alors ce sera sans aucun doute le remix de La Mezcla par Paul Kalkbrenner. On a eu la chance de le voir au festival Monegros l’été dernier et ça a été un vrai coup de cœur. C’est un morceau sur lequel on se met vraiment d’accord tous les deux !


 

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Anna Ezequel

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