TEMPS DE LECTURE : 9 MINUTESEn Aparté avec… Martin le Gall, Julien Doré et Jonathan Cohen

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Après plusieurs pellicules courtes, Martin Le Gall s’est lancé dans son premier « long », Pop Redemption. Il raconte ainsi l’histoire de quatre amis qui fuient leurs responsabilités d’adultes avec leur groupe de black métal, les Dead MaKabés. Mais leur tournée d’été ne va pas se passer comme prévue… De passage à Toulouse, nous avons rencontré le réalisateur du film Martin le Gall, ainsi que Julien Doré et Jonathan Cohen. Entretien.

De gauche à droite: Jonathan Cohen (acteur), Martin Le Gall (réalisateur),  et Julien Doré (chanteur, acteur) – Photo Aparté.com, Gaëtan Ducroq

Aparté.com: Martin, sous signez avec Pop Redemption votre premier long-métrage. Comment vous est venue l’idée de ce film ?

Martin Le Gall : Elle m’est apparue il y a pas mal d’années. Il y avait une campagne de publicité pour l’Eurostar avec le slogan « Londres au rabais ». C’était illustré par des parodies de pochettes d’albums de la pop anglaise. On y trouvait des sosies pas du tout ressemblants, c’était drôle. On pouvait voir Freddy Mercury, les Spice Girls et surtout les Beatles. J’ai bloqué sur image et j’ai imaginé quelle pouvait être la vie de ces quatre gars ahuris et complètement dépités d’être là. Pour moi, c’était un groupe de métal en cavale qui avait dû se couper les cheveux pour ressembler aux Beatles et échapper à la police.

D’où toutes les références au groupe pendant le film – citations qui découpent les séquences, allusions à plusieurs pochettes, présence de figurines, etc…

Martin Le Gall : Ce qui m’intéressait dans le film, c’est de faire un grand écart entre la pop et le métal pour parler de musique et d’ouverture d’esprit. Du coup, il y a beaucoup de références aux Beatles. Nous avons essayé de faire en sorte qu’elles ne gênent pas la narration. J’espère, et je pense, que quelqu’un qui ne connaît pas du tout ce groupe peut apprécier le film. De la même manière que l’on peut y trouver son compte si on ne connaît pas le black métal. L’idée était vraiment de faire une comédie avec une histoire de potes qui puisse toucher les gens.

Le film de copains, c’était ça vraiment le moteur du projet ?

Martin Le Gall : Avec mon co-scénariste, Marc Eacersall, nous avons eu très vite l’idée de faire un film entre copains. Il se trouve que lui comme moi, on a  joué dans des groupes de musique quand on était jeune. Et quand nous avons écrit le film, nous venions d’être papa. On était dans les biberons, les couches, les nuits difficiles et nous étions tous les deux dans le questionnement des personnages: « Quoi faire de ses rêves d’ados ? Comment concilier une vie d’adulte responsable et des passions de jeunesse ?»

Pop Redemption a aussi un côté didactique, vous expliquez la genèse du métal et ses différentes branches !

Martin Le Gall: Le personnage d’Audrey Fleurot, la fliquette qui mène l’enquête, a une jeune adolescente qui est fan de métal. A travers elle, elle va prendre une leçon de l’histoire de cette musique. Je trouvais amusant de mettre ça au cœur du film. Ça permettait de rentrer un peu plus dans la relation mère-fille et aussi d’avoir quelques éléments sur le métal pour ceux qui ne connaissent pas du tout.

A propos du métal, il y a un personnage qui ouvre et clos le film: « Dozzy Cooper ». Un néologisme entre Ozzy Osbourne et Alice Cooper ?

Martin Le Gall: C’est ça ! Pour ne rien vous cacher, on a écrit le film et on a espéré avoir l’autorisation de tourner avec Ozzy Osbourne puisqu’il était présent sur le Hellfest. Il se trouve qu’il n’a pas voulu travailler avec nous sur le film. Du coup, on a l’a inventé complètement et on a créé ce faux personnage très référencé.

Comment avez-vous choisi vos acteurs ? Est-ce que certains noms s’imposaient naturellement pour vous ?

Martin le Gall:  Julien Doré est un coup de coeur personnel. Je suivais son travail depuis pas mal d’années. j’ai vu le premier film de Julien (ndlr: Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d’amour de Pascal Thomas) et j’ai été très impressionné. Après c’est une rencontre, et ça s’est fait comme ça. Je n’ai pas cherché à faire un coup médiatique.

Pour revenir au  film et au Hellfest, vous vous êtes donc réellement produit là-bas ?

Julien Doré : C’était un décor rêvé pour le film. On a été très gentiment accueilli par les organisations du Hellfest qui nous ont permis de profiter de la scène principale pendant deux soirs d’affilés. On a joué une fois après King Diamond et une fois après Axl Rose.

Photos © Gaumont

Avez-vous suivi une préparation particulière avant de monter sur scène ?

Jonathan Cohen : Il nous a fallu un mois et demi de préparation pour apprendre les morceaux. Pour ma part, je suis le batteur du groupe dans le film et je n’avais jamais joué avant ça. Pour faire croire qu’on était musicien, nous avons été coachés par Steeve Petit qui est un des membres du groupe Zoul FX. Il nous a vraiment entraîné pour apprendre les morceaux joués au Hellfest. Par la suite, j’ai des potes qui m’ont offert une batterie électronique. Avant j’y jouais, maintenant j’étends des serviettes dessus (rires).

C’était une vraie découverte pour vous tous cet univers du métal ?

Julien Doré : Il faut être extrêmement clair et précis sur les différents styles de la musique métal. Même si c’est une comédie, il s’agit d’un groupe amateur qui fait du black métal. Il fallait que nous ayons certaines choses dont on pouvait se nourrir. C’est ce qu’on fait grâce à des vidéos de différents groupes comme Gorgoroth, Immortal ou Ayem.

Jonathan Cohen : Ce qui est intéressant dans ce genre de musique, c’est que ça m’a gommé toutes les fausses idées que j’avais sur les batteurs. Un batteur dans le black métal c’est quelqu’un de rigide et technique. Moi, je pensais qu’il tapait dans tous les sens comme j’adorerais le faire. Ça m’a frustré toutes mes envies de spectacle. (rires)

Julien, tu n’as pas eu de mal avec le timbre guttural ?

Julien Doré : Il faut savoir que ce n’est pas juste un cri. Ça ne s’improvise pas, c’est une vraie technique. J’ai fait plusieurs exercices de respiration et Steeve m’a expliqué et fait travailler tout ça.

Est-ce que vous vous êtes inspirés de certains musiciens pour vos personnages ?

Jonathan Cohen : Non, pas pour ma part. Je n’y ai même pas réfléchi pour être honnête. Pourtant, quand les musiciens commencent à faire de la musique, c’est sûr qu’ils doivent s’inspirer de quelqu’un. Mais ça n’ a pas fait partie de mon processus.

© Gatan Ducroq

Julien, est-ce que les répétitions dans l’arrière salle du restaurant chinois de l’un des membres du groupe t’ont rappelé celles avec ton premier groupe, Dig Up Elvis ?

Julien Doré : Évidemment ! Il y avait le côté musical où ça me rappelait des choses mais je racontais aussi aux gars comment en un regard on comprend l’amitié de plusieurs années sans forcément se dire les choses. J’avais ces souvenirs-là.

D’ailleurs, ton ami Julien Francioli (bassiste de Dig Up Elvis) apparaît dans le film…

Julien Doré : Oui ! Il était au Hellfest. Du coup, il joue le rôle d’un videur. Je trouve que ça lui va bien. Mon batteur de tournée, Mathieu Pigné, fait lui aussi une apparition. Il joue le rôle d’un pompiste.

Martin, même si l’aventure Pop Redemption n’est pas terminée, que retenez-vous de ce premier film ?

Martin Le Gall : C’est une expérience qui m’a marqué au fer rouge toute ma vie, comme un premier enfant. Ce qui a été compliqué, c’était que c’était un premier film pour beaucoup de personnes. Avec mon co-scénariste, on a tout appris sur le tas. Il y avait beaucoup d‘enjeu mais il y avait une énergie de dingue. On n’avait pas de comparatif donc on est parti la fleur au fusil.

Un nouveau film en préparation ?

Martin Le Gall : Je suis en pleine écriture d’un nouveau projet de film. Ça se passe dans le Pays Bigouden, en 1904. C’est un film en costumes.

Julien, est-ce que tu t’impliques dans la réalisation de tes clips ?

Julien Doré : J’écris mes clips et je les co-réalise. J’ai toujours fait ça. Pour le film, c’est là où c’est intéressant et éloigné de ce que je fais. Là, je m’abandonne à ce qu’on me propose de faire et je travaille pour. C’est ça qui est intéressant.

Quels sont vos projets ?

Julien Doré : Je fais une courte apparition dans Chez nous c’est trois ! qui sort le 10 Juillet. J’ai fini d’enregistrer mon troisième album au studio La Fabrique.  Il sortira en octobre. Après la promotion de Pop Redemption, je rentre faire le mix.

Jonathan Cohen : J’écris beaucoup et je vais réaliser une série pour Orange Cinéma Series (OCS).  Elle comportera 10 épisodes de 26 minutes s’appellera France Québec. Sinon j’écris du long mais j’en parlerais plus tard. Après, il y a des films qui vont sortir courant de l’année prochaine comme La Crème de la Crème de Kim Chapiron, ou L’adulescent, premier film de Tristan Seguela.

Propos recueillis par Jordan Meynard

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Article rédigé par jordanm

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