TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Hermann, street artist

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Originaire de Paris, Hermann – dont on ne peut pas révéler la vraie identité – est un jeune street artist récemment installé à Toulouse. Calque, collage, sérigraphie: il a ses techniques bien à lui et aime recycler les vieux Disney. Rencontre avec un artiste en devenir autour d’un café, non loin de la rue du Coq d’Inde, célèbre pour ses affinités avec l’art urbain.

Aparté.com : Ça fait peu de temps que tu es sur Toulouse – depuis novembre – qu’est-ce qui t’a amené ici ?

Hermann: J’ai arrêté les études pour me lancer exclusivement dans l’art. L’année dernier, j’étais à Pau aux Beaux-arts et je me voyais pas revenir à Paris en fait. Donc j’ai préféré rester dans le sud, car le sud-ouest c’est un région qui m’a plu, qui m’a intéressé, par rapport au contexte, aux gens, le soleil, etc. J’avais visité Toulouse pendant une journée pour le Printemps de septembre, la ville m’avait plu, et j’ai eu l’occasion d’y retourner plusieurs fois. J’ai vu qu’il y avait une bonne scène artistique qui montait pas mal, que les gens étaient vachement ouverts par rapport à l’art. Après Paris, ça m’a semblé être le meilleur choix.

« J’aime bien le travail qui est assez aliénant, le travail de répétition »

Trois ans maintenant que tu t’es lancé dans le street art, comment tu y es arrivé ?

J’ai toujours été intéressé par toutes formes d’art. Un jour, après avoir regardé plusieurs fois les murs à Paris, je me suis rendu compte qu’il y avait une forme d’art assez particulière qui traînait. Donc après avoir fait l’expo dInvader ou ce genre de choses, j’ai décidé de contacter un street artist qui s’appelle Gregos, qui est assez connu à Paris. Il  a été très ouvert et il m’a tout de suite dit que c’était possible qu’on travaille ensemble. Donc on a fait une collaboration qu’on a collé en rue, ça a vachement bien marché et j’ai décidé de continuer d’en faire plusieurs avec lui et avec d’autres artistes. La plupart du temps, ce sont des collaborations car j’adore travailler à plusieurs.

Comment définirais-tu ton travail graphique ?

C’est toujours super dur à expliquer (rires)… Assez long au final. Disons que j’aime bien le travail qui est assez aliénant, le travail de répétition, de répétition des formes par exemple. Ma base de travail, c’est le calque. Donc en fait je décortique un peu certains Disney, des petits livres Disney où je récupère des formes dedans. Après je fais une accumulation de ces formes qui pour moi sont liées à l’enfance. Je travaille aussi pas mal avec la symbolique des objets. Ce sont des formes qui au départ ne sont pas forcément graphiques, mais je les rends graphiques et les mets hors-contexte. Donc j’essaie de changer leur sens plus ou moins.

Tu as des influences, des street artists dont le travail te plaît ?

Surtout la scène émergente parisienne du moment. Les Gregos, Bastek, Popeye, Diament, Combo, Zokatos, etc. Il y en a pas mal comme ça. Après j’en oublie certainement. Je peux être influencé par des artistes qui ne sont pas du tout issus du street art : du style Keith Haring, le pop art, pas mal de choses comme ça. J’essaie parfois de faire de la sérigraphie ou de la reproduction de portraits ou ce genre de choses. J’ai des influences qui viennent d’un peu partout. La musique tout simplement.

Tu es aussi engagé auprès d’Act-Up Paris, c’est ça ?

C’est bien ça. En fait, disons que je suis entouré de beaucoup d’amis homosexuels. Du coup, je me sens pas mal investi par la cause et je soutiens comme je peux, vu que je peux pas spécialement donner de l’argent. Je trouve que ça a moins d’intérêt que de participer carrément et de monter qu’on soutient une cause. A Paris, Act-Up m’a plusieurs fois demandé de participer avec eux, pour des collages dans la rue avec une centaine d’artistes, et c’est ça qui me plaisait. Après maintenant, je fais aussi partie d’une autre association et le 18 mai, j’ai une expo à faire par rapport à la journée contre l’esclavage.

Du coup, est-ce que tu vois dans le street art une forme d’engagement aussi ?

Oui. A partir du moment où on colle en rue, c’est qu’on touche un public. Après moi ce que je trouve intéressant dans le street art, l’engagement que je donne moi, c’est le côté éphémère, le fait d’offrir à la rue quelque chose dont elle fait ce qu’elle veut. Je pose et après ça se détruit avec le temps, c’est les gens qui détruisent s’ils ont envie.

"Un collage du street artist Oré, rue du Taur à Toulouse"
"Un collage du street artist Oré, rue du Taur à Toulouse"

Qu’est-ce que tu penses de la scène toulousaine en matière de street art ?

Alors, il y a eu une scène toulousaine vraiment importante avec Tilt, Miss Van, etc. Ça c’est la scène dont j’ai entendu parlé. Après ce que j’ai vu ici: pas grand chose. J’ai vu Oré que j’ai pas encore rencontré, mais que j’ai croisé en rue plusieurs fois à Paris et qui colle des espèces de petits dragons-serpents en hauteur. Je trouve ça dommage, après je vais essayer d’y remédier (rires). Avec mes potes qui sont sensés venir dans quelques temps, on est sensé régler cette affaire.

Tu exposes en ce moment ?

Oui, j’expose en ce moment au restaurant La Gaïté qui se situe métro Compans Caffarelli, vers la fac. C’est ma première expo toulousaine. Il y a pas encore de date de fin parce que je m’entends vraiment bien avec le patron, ça l’arrange et je vais faire tourner pas mal de fois mes tableaux, que ce soit les expos parisiennes ou toulousaines.

Photos: © Florian Bardou

Hermann, quelques œuvres et collaborations:

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Article rédigé par Florian Bardou

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