TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESDans l’univers conté d’Amélie et ses petits papiers

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Rat de bibliothèque ? Aurélie Jardel – a.k.a. Amélie et ses petits papiers, libraire à L’autre rive à Saint-Cyprien est également conteuse à ses heures pas perdues du tout. Nous avons rencontré la jeune femme à l’occasion de son passage lors de notre Dominicale. Portrait d’une fille de littérature.

« Quand j’étais petite, j’avais des lunettes roses avec des perroquets de chaque côté. » L’anecdote rigolote est à l’image du personnage : haute en couleurs. Impulsive et spontanée, Aurélie Jardel se dit : « enthousiaste pour pas grand chose, ça permet d’être heureuse à moindre frais ( rires) ». La vingtaine à fond, la jeune femme libraire depuis cinq ans a certes beaucoup de passions, mais pour n’en citer qu’une, la littérature serait le maître mot. « J’ai fait des études de lettres et après le métier de libraire c’est un peu imposé à moi. J’ai été une lectrice tardive mais passionnée. » Une chance donc que de travailler au milieu des romans, des nouvelles, des albums, des recueils de poèmes et autres bouquins pour celle qui anime aussi des lectures, des débats, des rencontres avec des auteurs au sein de la librairie ou à l’extérieur comme un Petit Poucet des mots.

Monde de lettres

Amélie et ses petits papiers, c’est aussi surtout une conteuse qui vit perpétuellement dans l’univers de l’écrit : « On peut dire que je suis conteuse, mais avant tout libraire, les deux vont de pair. » Joueuse, elle prend dans ses lectures orales un plaisir certain :  « L’oralité, pour moi, c’est un peu comme un jeu : j’aime lire à voix haute, changer d’intonation, jouer des personnages comme lorsqu’on te raconte une histoire le soir pour t’endormir. » Et de préciser anecdotiquement : « J’aime particulièrement l’accent québécois qui m’est spontanément sympathique va savoir pourquoi… ».

Aurélie aime une littérature « qui sait prendre des risques » et « un petit peu expérimentale ». Pour ses livres de chevet, elle plébiscite les auteurs de premiers romans innovants dans le genre ou les petites maisons d’éditions plus audacieuses, « qui tournent pas toujours avec les mêmes auteurs, et proposent des choses un petit peu différentes » et qui donne à surprendre. Exemple : « Là dernièrement, je redécouvre une maison d’édition – que j’aime beaucoup – qui s’appelle les éditions Finitude et qui joue vraiment le jeu de la différence. », confie-t-elle. Si côté cour, Aurélie apprécie particulièrement les Editions de Minuit, côté jardin elle revendique ses préférences pour des auteurs moins connus et qui produisent relativement peu – dixit : « qui ne produisent pas un livre par rentrée littéraire ». Dans cette liste, à des encablures d’être exhaustive, se côtoient : le toulousain Laurent Mauvignier « la grande star qui est aux Editions de Minuit » ; des auteurs iconoclastes comme Eric Reinhardt ou Régis Jauffret ; ou encore Chantal Pelletier qu’elle apprécie pour des écrits et une littérature sur la sensualité ou la cuisine.

« J’aime chanter dans la mouvance des années 80 avec synthé et paroles décalées »

Aux questions sur l’existence supposée d’une littérature qui reprendrait les thèmes d’une supposée féminité, sa réponse est catégorique. « Je ne sais pas trop ce que c’est que d’être ou de vouloir être féminine. Je pense qu’il est important de se sentir bien, de se trouver à travers son style, ses lectures, la vie que l’on se choisit, garçon ou fille. » Et d’ajouter : « Il y a des auteurs qui font ça comme Alice Ferney ou Nancy Huston. C’est vraiment dans l’écriture que ça va se traduire. Mais par exemple, il y a des auteurs féminins qui parlent très bien au masculin Emmanuelle Pol en fait partie, c’est une auteur qui vient de sortir un bouquin qui s’appelle L’homme sans bagages. Je suis pour une littérature un petit peu asexuée comme il y a des albums pour enfants asexués aussi. Je suis partie prenante pour toutes les littératures. » D’ailleurs, pour la petite histoire, Amélie et ses petits papiers a de nouveau les cheveux courts !

Projections oniriques

Si la jeune libraire avoue avoir quelques phobies : « je n’aime pas le contact de mes doigts entre eux, je trouve ça angoissant. », elle souhaiterait réaliser tout ce dont elle envie le temps d’une vie. Pour se faire, Aurélie est pleine de projets à l’avenir : « Artistiquement j’ai un projet d’album jeunesse dans un petit tiroir, Margaux Coton… je vais bientôt le ressortir » – une sombre histoire de lunettes, de myopie et d’univers parallèles. Mais son projet « secret et inavoué » reste pourtant : « The Bogdanov Experience, une dizaine de titres enregistrés à la maison avec des copains ». Son fantasme : « faire un clip dansé dans la rue sur la chanson Gallop de Jeremy Jay. Allez viens on y va… » Des rêves pleins la tête pour une personnalité décalée et assumée en somme.

Photos: © Kévin Figuier

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Florian Bardou

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